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Création d’Elizabeth Mazev « Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres » avec Emilie Chartier

30 min
À retrouver dans l'émission

Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres
Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres

Une production du Théâtre de l’Aquarium Spectacle itinérant tout terraincréation d’Elizabeth Mazev « Mon père qui fonctionnait par périodes culinaires et autres » M ise en scène François Rancillac. **Avec Emilie Chartier ►M ercredi 3 avril 2013 à 19h - à la Médiathèque Hélène Berr 70 Rue de Picpus - 75012 Paris. Entrée libre sur réservation 01 43 45 87 12 En vingt-et-une petites vignettes délicieuses de drôlerie et de tendresse acidulée, lisabeth Mazev dresse le portrait de son père, immigré bulgare qui tente à travers la nourriture, avec le concours de ses proches, de garder intactes, autant que faire se peut, ses racines et l’essentiel de sa culture. Autour de cet ogre cyclothymique et touchant, interviennent la mère, le frère et "elle", la petite fille gourmande comme son père, à l’humour ravageur qui nous révèle entre la toile cirée de la table de cuisine et la gazinière, la tragi-comédie de sa vie. Le théâtre de l’Aquarium propose, comme chaque année, un spectacle conçu pour être joué hors les murs, dans n’importe quel lieu. Techniquement légère, c’est une petite forme théâtrale qui peut se donner chez des particuliers, dans une bibliothèque, une librairie mais également dans une salle de classe. Le principe est celui-ci : la représentation de ce spectacle est gratuite pour les scolaires à la condition que l’enseignant intéressé s’engage par la suite à assister avec ses élèves, à un spectacle de la programmation de l’année à l’Aquarium. Pour accueillir le spectacle écrit cette année par Elizabeth Mazev, mis en scène par François Rancillac et interprété par Emilie Chertier, il suffit de prendre contact avec l’équipe des relations publiques du théâtre afin de convenir d’une date. **

**► LES FRAMBOISES**

Il les aimait tellement. Ça ne lui a jamais passé. Bien sûr, il a voulu en planter chez lui. Des rangées serrées de petits sarments secs par paquets de trois, une pelouse entière saccagée par les framboisiers. Et même au milieu des fleurs. Comment imaginer que ces triques puissent donner des fruits ? Au printemps la pelouse s’est transformée en buisson de ronces épais.

La cueillette quotidienne. Au début ça l’amusait. Il me montrait comment faisaient les cueilleuses professionnelles de son village pour ne pas écraser le fruit. Après il nous a laissées nous en occuper, maman et moi.

Je détestais ça. Ça piquait et c’était infesté de punaises.

Dans les yaourts, les gâteaux, en confiture. Et en gelée passée à la gaze, je mangeais les graines. L’année suivante les framboisiers ont eu la ma­ladie. Il n’a pas eu le cœur de les arracher. En cherchant bien, il doit encore en rester quelques plants dans les herbes.

**► LES SARDINES Des Roncevaux. Roland mourait sur la boîte en soufflant dans sa corne d’abondance.**

Jamais en semaine. Mais tous les samedis, à onze heures et demie, j’ouvrais la boîte, prenais une assiette, m’asseyais à la table imitation liège de la cuisine, un couteau à la main. Je devais les écailler. Quand je trouvais des neufs, je les man­geais, en cachette.

Les doigts puants jusqu’à quatre heures.

Et puis j’en ai eu assez, et un samedi je les ai sorties, triturées un peu, sans les racler au cou­teau. Maman a tout de suite compris. Papa n’a rien dit, il n’a plus acheté les boîtes rectangulaires rouge et or qui faisaient shlourf shlourf.

« Il faut sortir son père du purgatoire. Surtout quand comme le mien il s'appelle Ange. Un ange déchu, un couillon d'immigré qui, à son arrivée en France, nourrit sa petite famille de viande pour chien, en s'émerveillant qu'elle soit si bon marché. Il se met à son compte, construit sa maison, son monde, sa cave à stock, sa Bulgarie natale reconstituée, occidentalisée, toute riquiqui. Il s'enflamme et déchante. Décidément, rien n'est aussi beau que dans son souvenir. » Élizabeth Mazev
**► Elizabeth Mazev , auteure et comédienne formée à l'École-théâtre de la Belle de Mai, elle poursuit, depuis leur enfance commune à Mouans-Sartoux (Alpes- Maritime) un grand compagnonnage avec Olivier Py, elle joue dans ses créations. Elle a joué également dans les spectacles de François Rancillac, Danielle Chinsky, Jean-Luc Lagarce, Pierre Ascaride, Claude Buchvald, Laurent Hatat, Laurent Gutmann, Gregory Motton, François Berreur, David Lescot, Marion Guerrero, Scali Delpeyrat, et bien d’autres ... Elle est auteure de « Les Drôles », , « Les Cigales », , « La Baklava » , « Mémoire pleine », « L’Artiste maudit », aux Editions Les Solitaires intempestifs.**

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