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Paul Ariès, chercheur en science politique, théoricien de la décroissance et écrivain

30 min
À retrouver dans l'émission

L'’enfant, la jeunesse sont au centre des préoccupations des parents, des éducateurs, de nombreux auteurs et créateurs comme du nouveau gouvernement. Pour « Jusqu'à la lune et retour... » Ils sont notre mission. Mais comment « offrir le globe aux enfants - Nâzim Hikmet » dans une société qui leur dispute le temps pour apprendre, rêver, imaginer, le droit à l'erreur, à la lenteur, les chemins buissonniers ? Paul Ariès est l'un des animateurs du courant de la décroissance ancrée à gauche. Il est entre autre l'auteur de « La Simplicité volontaire contre le mythe de l'abondance » éditions La Découverte/Poches, 2011..AvecPaul Ariès, politologue, l'un des principaux théoriciens de la décroissance, c'est une rentrée le cartable bourré de courage et d'’utopie, où nous abordons les thèmes qu'’il aborde dans :
**« Déni d'enfance : Eglise et pédophilie » éditions Golias à Villeurbanne (Rhône)

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déni d'enfance Crédits : Radio France
L'Europe découvre avec horreur la souffrance des enfants victimes des pédophiles. Les peuples semblent soudainement se souvenir que si ce dernier obstacle à la déshumanisation rampante de l'homme cède, il en est fini de l'espérance, de l'amour. Des voyeurs de cassettes pédophiles sont arrêtés, se suicident : on crie à la persécution. Les éducateurs sont montrés du doigt : on crie à la psychose. A-t-on-entièrement raison ? Existe-t-il une nouvelle chasse aux sorcières dont les pédophiles seraient victimes ? Ce livre a failli ne jamais être publié car certains pédophiles s'avèrent beaucoup trop malins, beaucoup trop puissants pour tomber aussi facilement. Le peuple belge a crié sa colère face à un Etat incapable de protéger les plus faibles. La pédophilie serait-elle le signe d'un déni d'enfance beaucoup plus global, beaucoup plus structurel ? A société nouvelle, enfance nouvelle, le monde bouge, l'enfance vacille. Enfant dépecé, exploité commercialement, sexuellement, militairement, psychiquement... Enfant auquel on refuse aussi le droit à l'enfance au nom d'une hypothétique perfection.
« Petit manuel anti-McDo : à l'usage des petits et des grands » éditions Golias Villeurbanne (Rhône)
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Paul aries mc do Crédits : Radio France
McDo fait semblant être la maman et le papa des clients, petits ou grands, du personnel. Un système déshumanisant la table ne peut pas être celui d'un bon patron. Une partie de l'Europe commence à résister à cette invasion au nom de l'humanisme. McDo n'aime pas ça, il fait des procès en Angleterre à des jeunes écolos pas tristes, en France, à des kidnappeurs de Ronald et même à la société des cafétérias Casino. Faut croire que les hamburgers, ça n'aide pas bien à comprendre l'humour européen. L'Europe de demain sera-t-elle celle du BigMac ou celle du bon goût et de l'humanisme ? Paul Ariès dresse un réquisitoire contre le fast-food. Il dénonce la déshumanisation de l'organisation type McDo, la prétention totalitaire d'un système à offrir le même produit à tout le monde, l'idéologie hygiéniste...
« Putain de ta marque ! : la pub contre l'esprit de révolte » éditions Golias à Villeurbanne (Rhône)
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Putain de ta marque ! Crédits : Radio France
La pub c'est zéro comme le symbole mathématique : elle n'a pas de valeur en soi ni artistique ni économique, mais, placée au service des Marques et de l'idéologie marchande, elle fait des ravages. La publicité a transformé le monde en quelques décennies beaucoup plus que cela ne s'était fait en huit siècles. Elle a une responsabilité dans l'évolution des comportements comme le développement de la violence dans les cités, celui de l'obésité touche un jeune sur cinq, la destruction de la planète. Le refus de l'agression publicitaire est un acte concret qui conduit à refuser ces rituels qui nous font pénétrer dans les hypermarchés comme dans des Temples de la consommation, multiplier les rues piétonnes comme lieux de spectacle de la marchandise, concevoir les soldes contre une nouvelle temporalité. La publicité annonce une société dans laquelle la part la plus humaine de l'homme serait passée aux oubliettes, elle préfigure une civilisation dans laquelle l'humanité se réduirait à la consommation.
L'un de ses derniers ouvrages plein de promesses et de matins qui chantent : « Le socialisme gourmand : le bien-vivre, un nouveau projet politique » éditionsles Empêcheurs de penser en rond, Paris.
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Le socialisme gourmand : le bien-vivre, un nouveau projet politique Crédits : Radio France
Inutile de faire à nouveau le réquisitoire du capitalisme : il est déjà si lourd qu'il finit par nous assommer. Ce qui importe, c'est d'en finir avec les passions tristes qui sont au coeur du capitalisme, mais aussi de courants de gauche et de la décroissance du «ni droite ni gauche». Ce livre revient sur les expériences du mouvement ouvrier, passionnantes mais oubliées, comme les bourses du travail, le mouvement coopératif, le socialisme municipal ou le syndicalisme à bases multiples. Il témoigne aussi des «gros mots» qui s'inventent internationalement pour dire les nouveaux chemins de l'émancipation : buen vivir , vie bonne, jours heureux, vie pleine, convivialisme, etc. Il en appelle à une gauche maquisarde, buissonnière, prenant en compte l'antiproductivisme, les luttes écologiques et la joie de vivre. Pour Paul Ariès les gens n'ont pas besoin d'être éduqués : ils ne sont pas idiots mais angoissés, pas abrutis mais blessés dans leur sensibilité. Ce livre est un appel à favoriser les dynamiques de décrochage et les actes de «désadhésion», un appel à l'expérimentation et à l'insurrection des existences.
Et le dernier livre : « Objecteur de croissance et amoureux du bien vivre : petit traité d'espoir par mauvais temps » éditions Golias à Villeurbanne (Rhône)
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Objecteur de croissance et amoureux du bien vivre : petit traité d'espoir par mauvais temps Crédits : Radio France

Paul Ariès, politologue l'un des principaux théoriciens de la décroissance, examine dans cet ouvrage, les grandes questions autour du " bien vivre ", qui selon lui, est le refus du mythe de la croissance mais aussi, du développementalisme, c'est-à-dire cette idée que quelque chose pourrait croître sans limites. **Pour Paul Ariès, les gens n'ont pas besoin d'être éduqués : ils ne sont pas idiots mais angoissés, pas abrutis mais blessés dans leur sensibilité. Ce livre est un appel à favoriser les dynamiques de décrochage et les actes de « désadhésion », un appel à l'expérimentation et à l'insurrection des existences.

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