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Jean-Michel Othoniel, Kiku, 2021 Verre miroité, inox © Jean-Michel Othoniel / Adagp, Paris, 2021

Narcisse et son théorème par Jean-Michel Othoniel

59 min
À retrouver dans l'émission

Savoureuse, éclatante, colorée, tous les ingrédients de l’artifice et de la séduction sont tendus vers le visiteur tels les couleurs et les parfums d’une fleur offerte aux papillons qui visiteront l'exposition.

Jean-Michel Othoniel, Kiku, 2021 Verre miroité, inox © Jean-Michel Othoniel / Adagp, Paris, 2021
Jean-Michel Othoniel, Kiku, 2021 Verre miroité, inox © Jean-Michel Othoniel / Adagp, Paris, 2021 Crédits : Claire Dorn / Courtesy of the Artist & Perrotin

L’art contemporain est ressenti par la plupart comme énigmatique et orgueilleusement jaloux des significations qu’il déploie. Comme si l’artiste, cherchant à se retirer de plaisirs aisément partageables, avait plongé dans sa recherche d’absolu au-delà des possibilités de son public. Ce reproche maintes fois entendu est surtout l’écho d’une culture paresseuse qui conduit à un affaissement des exigences.

Vue de l’exposition Jean-Michel Othoniel
Vue de l’exposition Jean-Michel Othoniel Crédits : Petit Palais

Mais, certains artistes peuvent-ils rencontrer la faveur populaire tout en maintenant l’altitude que l’on est en droit d’attendre de l’art. Au fond c’est là qu’était guetté Jean Michel Othoniel qui vient d’ouvrir une exposition importante au Petit Palais à Paris.

Savoureuse, éclatante, colorée, tous les ingrédients de l’artifice et de la séduction sont tendus vers le visiteur tels les couleurs et les parfums d’une fleur offerte aux papillons qui la visiteront. Mais installées dans les jardins, dans les salles, au milieu des œuvres anciennes, parfois en réponse aux décors qui enluminent l’architecture 1900 de ce temple du gout d’un siècle naissant au milieu de l’industrie triomphante, les œuvres de Jean-Michel Othoniel semblent répondre avec précision aux enjeux du lieu et peu à peu le visiteur ressent et comprend qu’une exigence profonde et légèrement perverse est à l’origine du vocabulaire séduisant par lequel l’artiste nous conduit plus profondément, plus gravement que nous ne l’aurions cru. Après la retrospective qu’il réalisa, voici dix ans, au Centre Pompidou intitulée My Way dans laquelle on voyait les premières œuvres, transgressives, audacieusement sexualisées, construire un monde entre plaisir et douleur, Le Théorème de Narcisse, déployé au Petit Palais est un tout autre exercice. S’y retrouvent, certes le langage que nous lui connaissons fait de perles, de lumières, de reflets, de colliers, de nœuds, mais le sujet de ce Narcisse qui s’égare dans les labyrinthes de la catoptrique n’est peut être pas tant son reflet que l’écho, les échos qu’il produit avec le lieu, et en nous.

Vue de l’exposition Jean-Michel Othoniel
Vue de l’exposition Jean-Michel Othoniel Crédits : Petit Palais

Pour explorer le sens de ces œuvres dont on croit connaître les principes depuis l’installation, si populaire du kiosque des noctambules, la bouche de métro devant la Comédie Française à Paris, j’ai le plaisir de recevoir leur auteur Jean Michel Othoniel.

Lectures des textes : Andréa Brusque

Musiques diffusées :

  • Behind the Opal Planets par Jakez Hubert
  • North World par Jakez Hubert 
  • ib07 par KMRU
  • Solo for Voice 22 par Terry Riley
  • A rainbow in curved air par Terry Riley 
  • High par Bendik Giske
  • Awakening of Lovortex par Jakez Hubert
  • Het Lam Gods II par Sophie Lacaze

Chargée de recherche : Maurine Roy

En partenariat avec BeauxArts Magazine.

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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