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444 jours... L'escale de Vincent, en Arles (en trois tercios)

1h

Par Kaye Mortley

Réalisation: Manoushak Fashahi

Prises de son et mixage: Bernard Lagnel et Jean Michel Bernot

Avec ce petit pays d'Arles, je n'ai pas besoin d'aller aux tropiques. Je suis trop vieux et surtout (si je me faisais remettre une oreille en papier mâché) trop en carton pour y aller.

  • (le 28 janvier, 1889)*
Autoportrait, Van Gogh, 1889
Autoportrait, Van Gogh, 1889

Entre le 21 février 1888 et le 8 mai 1889 (444 jours) Vincent Van Gogh vit à Arles.

C'est à Arles qu'il produira ses plus importantes œuvres. Dont la ville ne possède aucune.*

Je me retire dans le Midi pour ne pas voir tous ces peintres qui me dégoûtent en tant qu'hommes

dit-il quelques mois avant ce départ, qui est aussi une quête: il part à la recherche d' certaine lumière. Mais... pourquoi aller la chercher à Arles, plutôt que dans n'importe quelle autre ville du Midi? Difficile à dire.

A Arles, Vincent est peut-être plus "content" qu'ailleurs.

Mais pas moins malheureux, souffreteux, illuminé et pauvre. Et il est beaucoup plus isolé.

L'inquiétante étrangeté de cet homme du Nord dérange la petite ville enfermée dans ses us et coutumes et sa langue.

Pour combattre son isolement il rêve de fonder "l'Atelier du Midi", lance à des amis peintres l'invitation de se joindre à lui. Invitation que, seul, Gauguin accepte.

Curieusement, c'est l'arrivée tant attendue de Gauguin qui semble précipiter la rupturedes liens fragiles tissés par Vincent avec le réel, avec lui-même.

Le 23 décembre 1888, il se coupe l'oreille gauche. (Dans une ville où, de nos jours, on a l'habitude d'offrir en trophée l'oreille du taureau particulièrement noble au matador tout à fait exceptionnel, à la fin d'une corrida.)

Comme traces de l'escale de Vincent en Arles restent les tableaux et les lettres.

Et des souvenirs, devenus apocryphes avec le temps.

Des lambeaux de souvenir qui font revivre le grand absent.

Vincent arpente les ruelles, s'attarde aux Alyscamps, passe par les Arènes; il regarde les étoiles tomber dans le Rhône, part vers sa Maison Jaune - ou la rue des Ricolettes.

Il ne parle pas beaucoup. Il regarde. Il ressent. Il réfléchit. Sur la place de l'artiste dans la société. Sur sa place dans le monde.

Est-ce qu'il écoute ? On ne sait pas. Il ne nous a pas dit.

L'enjeu était d'écouter la ville à sa place.

De juxtaposer son et souvenir et paroles de Vincent pour faire le récit - un récit autre - de l'escale de Vincent en Arles.

* La Fondation Vincent Van Gogh, (installée en Arles depuis juillet 2014) rend hommage à l'importance de l'influence de Van Gogh sur l'art contemporain et, en même temps, permet de faire revenir certains de ses œuvres dans la ville. Voir: http://www.fondation-vincentvangogh-arles.org/

A écouter au casque sur NouvOson :
Corrida dans la peau d'un taureau Paysage sonore Équipe de réalisation Bernard Lagnel4 min 25 sec La corrida telle que la vit et l'entend le taureau, au niveau du sable des arènes arlésiennes, un après-midi d'automne 20144 min 25 sec
Voix:

Denis Lavant (les Lettres à Théo )

et

Chloé

Avec:

Bice Curiger

Geneviève Roux-Pinet

et

beaucoup d'autres habitants de la ville d'Arles

Musiques:

Bizet

Fritz Hauser

fanfares

et roseaux

Remerciements:

les Arènes d'Arles

les chanteurs de la Boîte à Musique

la Fondation Vincent Van Gogh

le Musée Réattu

l'Office de Tourisme

Phonurgia Nova

L'équipe
Production
Avec la collaboration de
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