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Le Pont de Brooklyn, Saint-Denis style

59 min

De et par Gaël Gillon

Le pont de Brooklyn, Saint-Denis Style
Le pont de Brooklyn, Saint-Denis Style Crédits : G.Gillon - Radio France

Pascal Tessaud a réalisé des courts métrages, des clips, des documentaires. Tous parlent de la banlieue populaire et métissée.

Pascal voulait faire un long métrage, il était pressé, alors il a fait son film Brooklyn sans producteur, sans autorisation, sans argent. « Sans papiers » dit-il.

Mais avec détermination, énergie, colère, tendresse, amour humour, lucidité.

KT Gorique
KT Gorique

Avec des amis aussi : KT Gorique, Jalil Naciri, Liliane Rovere, Rafal Uchiwa, Blade, Despee Gonzales, Manon Leroy, Babali Show, Khulibaï, Zirko, Bouzid... le film concentre l’énergie d’une cinquantaine de personnes, toutes bénévoles.

  • « En mode guérilla » dit Pascal Tessaud.

  • « En mode Hip Hop » dit Rachid Djaïdani.

  • « Nos films c’est comme des mixtapes qu’on vendrait sous le manteau aux puces de Saint-Ouen ».

  • « Avec Brooklyn on a construit des ponts, défoncé des murs » dit Pascal.

Hip hop.

Rachid Djaïdani et Pascal Tessaud
Rachid Djaïdani et Pascal Tessaud Crédits : G.GILLON - Radio France

Avant Pascal Tessaud, ses amis Rachid Djaidani, Jean-Pascal Zadi, Hakim Zouhani, Carine May, Djinn Carrenard, Jalil Naciri, Jérôme Maldhé ont réalisé de beaux films, hors des circuits classiques de production.

« Nos films sont au rayon frais » dit en riant Rachid Djaïdani. C’est comme un mouvement, c’est comme une vague, nouvelle encore, puissante, vivifiante qui vient des cités, de la marge, c’est le mouvement d’une génération de cinéastes qui ne se reconnaît ni dans le courant dominant du cinéma actuel, ni dans l’image que leur renvoient les petits écrans myopes à œillères.

La banlieue, ils la connaissent bien, l’aiment passionnément et veulent la montrer sur grand écran. Alors ils prennent leur caméra et rassemblent leurs amis. Ils n’attendent pas, ils ont de l’audace, ils sont impatients, ils prennent la parole. Ces cinéastes s’entraident, se conseillent, partagent leurs savoirs, leurs expériences, et ils finissent toujours par se retrouver aux génériques des uns et des autres. Avec eux, c’est tout un monde qui se découvre des talents de comédien ou des compétences de technicien de cinéma.

Toujours leurs films sont sélectionnés par divers festivals et parfois par l’ACID (Association du Cinéma Indépendant pour sa Diffusion), ou par la Quinzaine des réalisateurs. Alors, grâce à eux la marge devient le centre du monde, pour un temps du moins.

Brooklyn a été sélectionné par l’ACID en mai dernier à Cannes. Saint-Denis a donc monté les marches. Babali Show s’en souvient et c’est comme s’il n’en était pas revenu, d’être là, à Cannes, avec « les beaux gosses » : « On était beaux ! ».

Brooklyn c’est aussi le nom du pont reliant Saint-Denis à Cannes.

Au gré des sélections dans les festivals, de Séoul à Los Angeles en passant par Cuba, au gré aussi des diffusions dans les réseaux associatifs, Brooklyn rencontre le public, provoque des débats, remue les consciences. Brooklyn fait salle comble. Un public large, venu de tous les horizons, de tout âge, de toutes les classes sociales se retrouve là, rassemblé enfin. Brooklyn , c’est maintenant le nom d’une multitude de ponts.

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Pascal et son équipe ont tourné Brooklyn en un été, avec un appareil photo. L’équipe était soudée et la lumière était belle.

Le film raconte l’histoire d’une jeune métisse qui se lance dans le rap en étant soutenue par une association culturelle de Saint-Denis. Une femme donc, qui s’empare du micro pour s’imposer sur cette scène plutôt masculine. Elle est en colère et veut faire entendre sa voix.

Le film interroge la dimension politique du rap et son influence sur la jeunesse. On y voit toute une galerie de personnages attachants, aux prises avec leurs contradictions. Les acteurs, dont c’est pour beaucoup le premier rôle, sont stupéfiants de justesse. Tous les dialogues sont improvisés. Ce film « pris sur le vif », vivant, se joue sur la frontière fragile entre documentaire et fiction.

L’émission se demande comment on bâtit les ponts, et donne la parole à ceux qui les construisent: Pascal Tessaud, Rachid Djaïdani, Jalil Naciri, Blade, Babali Show, Khulibaï, KT Gorique.

Gaël Gillon

Pascal Tessaud et son équipe
Pascal Tessaud et son équipe
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