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L'arme du Nobel: les pouvoirs d'un prix

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À retrouver dans l'émission

invités: Albert Fert: prix Nobel de physique 2007Josepha Laroche, professeur à Paris 1, spécialiste des relations internationales, directrice du site "Chaos international"Patrick Imhaus, diplomate, écrivain, ancien ambassadeur de France en Suède de 1999 à 2003Séquence Internationale: Alain Dieckhoff, spécialiste du conflit israëlo-palestinien et directeur du Ceri

Il est très rare d’envisager l’obtention ou l’attribution du prix Nobel comme un enjeu de pouvoir.

Comme si l’universalité et le prestige qu’avait atteint ce prix depuis sa création en 1901 était jugé en dehors des considérations politiques et des rivalités.

Entendons-nous : il est certain que l’objet premier du prix Nobel est de récompenser des travaux remarquables en physique, chimie, médecine, économie, littérature et dans le domaine de la construction de la paix. Evidemment, les titulaires de ce prix sont le plus souvent de très éminents scientifiques, jugés en fonction de leurs qualités et non pas de leur situation.

Il n’empêche que l’attrait des médias pour les titulaires du prix Nobel eux-mêmes distrait parfois notre attention de l’observation son fonctionnement et de la commission de sages qui l’attribue.

Il fait notamment l’impasse sur les pressions que peuvent exercer certains Etats pour qu’un de leur ressortissants obtienne le prix Nobel, ou au contraire ne l’obtienne pas – on pense notamment à la Chine.

Est également rarement évoqué l’après-Nobel, lorsque les caméras se sont éloignés et que la vie reprend pour le titulaire, qui détient à partir de ce moment une certaine responsabilité dans son pays, si ce n’est un certain pouvoir.

On ne peut, enfin, considérer le Nobel comme s’il se tenait totalement en dehors de la sphère politique, alors même que dès son origine, il s’est vu attribuer à plusieurs reprises, surtout il est vrai les prix Nobel de la paix et de littérature, dans des circonstances teintées de sous-entendus politiques.

On se souvient des Nobels attribués à Camus en pleine guerre d’Algérie, à Gorbatchev en 1990 au moment de la pérestroika, à Mandela et de Klerck en 1993 pour célébrer la fin de l’apartheid ou plus récemment à Barack Obama en 2012.

S’intéresser à l’histoire et au fonctionnement du prix Nobel conduit donc inévitablement à parler du pouvoir du Nobel, celui dont on ne parle jamais et qui est pourtant bien réel.

Le Conseil de lecture de la semaine: "Arrêtons d'élire des présidents" Thomas Legrand (Stock)

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