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La gauche a perdu le Nord

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Un bastion, un fief, une terre d’élection..., c'est en ces termes que l'on parle de la gauche dans le Nord depuis la fin du XIXème siècle. Cette mainmise s’est pourtant très largement relâchée depuis vingt ans. La droite UDI et les Républicains ont conquis de nouveaux fiefs jusqu’ici dominés historiquement par la Gauche. Pourquoi et comment la gauche a-t-elle perdu le Nord ? Ce déclin est-il définitif ?

Siège du Parti Socialiste, juin 2013
Siège du Parti Socialiste, juin 2013 Crédits : B.Tessier - Reuters

L’histoire politique a pu en effet donner le sentiment que le Nord, c’était la gauche, et la Gauche, c’était le Nord, la défense des ouvriers et des mineurs symbolisant ce prolétariat au cœur de l’épopée socialiste et communiste.

Il n’y a qu’à observer pour s’en convaincre l’évolution de la carte électorale française. Longtemps, le rouge et le rose se partageaient l’ensemble du Nord-pas-de-Calais, comme le bleu l’Alsace. Ici, à Lille, hormis deux intermèdes conservateurs, la ville a été gérée par les socialistes quasiment sans interruption depuis le début du vingtième siècle. Le maire de Lille, aujourd’hui Martine Aubry, comme hier Pierre Mauroy, à la tête d’une des plus importantes fédérations socialistes de France, était et demeure traditionnellement une personnalité centrale du Parti. Cette mainmise s’est pourtant très largement relâchée depuis vingt ans. La droite UDI et les Républicains ont conquis de nouveaux fiefs jusqu’ici dominés historiquement par la Gauche, et le Front National étend à chaque élection un peu plus son influence, qu’on ne saurait limiter à la ville devenue célèbre d’Hénin Beaumont.

Comment expliquer ce changement d’ère ? On peut avancer plusieurs hypothèses. La première est celle d’une espérance déçue de la classe ouvrière nordiste dans les promesses de la gauche, dont la fermeture des hauts fourneaux mise en œuvre par le gouvernement Mauroy à partir de 1982 a constitué un symbole douloureux. La seconde est celle d’une dissolution progressive des organisations qui encadraient traditionnellement les solidarités : syndicats, organisations culturelles de jeunesse, partis politiques ont constitué autant de points d’ancrage d’une culture politique ouvrière et de gauche. Leur affaissement a laissé un grand vide souvent comblé par le seul Front National. La crise enfin a aggravé le sentiment d’abandon d’une population laissée à elle-même, angoissée par la mondialisation, et qui a observé impuissante le déclin de l’Etat devenu incapable de lui venir en aide.

Pourquoi et comment la gauche a-t-elle perdu le Nord ? Ce déclin est-il définitif ? Ce sont les questions que nous nous posons aujourd’hui, sous le regard attentif du public de Sciences Po Lille, avec nos invités: Christian-Marie Wallon-Leducq , Professeur émérite en science politique à l'université de Lille Nord de France, Valérie Létard, sénatrice UDI du Nord, Présidente de la Communauté d'agglomération de Valenciennes Métropole et Jean-Pierre Balduyck , ancien député du Nord et maire PS de Tourcoing de 1989 à 2008.

L'évolution de la direction des Conseils départementaux, avant et après les élections de mars 2015 :
Cette carte du Nord-Pas-de-Calais présente les résultat aux dernières élections départementales (mars 2015) et les principales municipalités passées de gauche à droite aux élections municipales (mars 2014). Survolez ou cliquez sur les cantons pour obtenir des informations précises concernant les résultats des élections (% d’abstention, élus…), circulez dans la carte, zoomez ou dézoomez avec le bouton /- :

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