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Les maîtres du X

55 min
À retrouver dans l'émission

Rediffusion du 03/05/2015 Pourquoi l’univers du X ? Quelle mouche nous a piqué ? Ce secteur économique est un véritable lieu de pouvoir qui a connu de profondes mutations, où les puissants d'hier ne sont plus ceux d'aujourd’hui…

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La grande odalisque Crédits : Jean Auguste Dominique Ingres (1780–1867)

On pourrait penser à première vue que s’intéresser aux enjeux de pouvoir dans l’industrie du X s’éloigne de notre analyse habituelle des rapports de force qui traversent notre société. S’il est un angle sous lequel le monde du X n’est jamais analysé, c’est bien celui du pouvoir. Dès son origine, le "porno" a eu affaire avec l’État. L’État censeur, l’ État moral et réprobateur qui voyait dans cette activité un métier de dépravé, voire de proxénète. L’Etat taxateur aussi, qui a tenté de dissuader l’expansion du X tout en profitant de ses bénéfices. Depuis les gaullistes indignés par ce qu’ils percevaient comme de la dépravation jusqu’à Ségolène Royal qui s’indignait de l’influence du "porno" sur les enfants à la fin des années 90, le monde politique a cultivé un rapport distant et ambiguë vis-à-vis du X.

La progression du libéralisme culturel a empêché une condamnation tout azimut d’une industrie dont on reconnaît qu’elle relève de la pratique privée. Mais le haro moral n’est en même temps jamais loin, sur fond de surenchère médiatique à la vertu. Pour les consommateurs de contenus pornographiques, les temps ont par contre bien changé. Elle est loin l’époque où des cinéastes provocateurs faisaient du cinéma coquin une manière de dynamiter les normes sociales et connaissaient la censure. Loin le temps où des producteurs semi-clandestins bravaient les interdits pour satisfaire des consommateurs qui fréquentaient le cinéma spécialisé et les sex-shops dans un anonymat parfois honteux.

Un demi-siècle après les premiers films pornographiques, le "porno" s’est banalisé et s’est surtout massifié devenant une industrie rentable de production de fantasmes. Un univers mondialisé également, où le "porno" français tente de se faire une place, à l’image du cinéma national plus traditionnel. Internet a profondément bouleversé son fonctionnement, modifiant les rapports de force qui structurent cet univers et les modalités de la consommation de fantasmes en vidéo. Le "porno" a également évolué avec son temps et tente aujourd’hui de faire une place aux nouveaux rapports hommes femmes, à un public plus diversifié, plus féminisé...

Comment est structuré l’univers du X? Quelles sont les étapes qui nous ont menées à son organisation actuelle ? Quelle est la sociologie du "porno" et qu’est ce cela nous dit de la société française à l’époque contemporaine ?

Invité(e)s :

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Grégory Dorcel, Ovidie, Philippe Azoury Crédits : Radio France
Grégory Dorcel, fils de Marc Dorcel, directeur général de la société de production de films pornographiques Marc Dorel SA.

Ovidie, réalisatrice notamment de "À quoi rêvent les jeunes filles ?" qui sera diffusé sur Infrarouge/France 2 en juin 2015, un documentaire sur la sexualité et le rapport au corps chez les jeunes filles de la Génération Y et de auteure de nombreux ouvrages dont "Osez découvrir le point G" [Juillet 2014, la Musardine] et "Porno manifesto" [Octobre 2004,la Musardine]. Journaliste, elle alimente le blog "Le Ticket de Metro" sur Metronews.

Philippe Azoury, critique de cinéma, rédacteur en chef "Culture" au magazine Grazia.

La séquence internationale : Le Japon, un eldorado du "porno" Agnès Giard, journaliste, chroniqueuse du blog consacré à la sexualité "les 400 culs" sur liberation.fr, spécialiste du Japon, elle est auteure de plusieurs ouvrages dont "L'Imaginaire érotique au Japon" [2006, Glénat], "Les Histoires d'amour au Japon" [2012, Glénat].

Découvrez un extrait de l'émission avec Grégory Dorcel et Ovidie.

Écouter
1 min
L'atelier du pouvoir, Le monde du X, 3 mai 2015

Le conseil de lecture de la semaine La Pub enlève le bas. Sexualisation de la culture et séduction publicitaire" d'Esther Loubradou [Janvier 2015, Ed. Le Bord de l'Eau / INA] Le pari de cet ouvrage ? Comprendre comment la culture mainstream a progressivement été envahie d’images érotiques et sexuelles. Esther Loubradou, docteure en Sciences de l'Information et de la Communication a tiré ce livre de sa thèse de doctorat consacrée au "porno chic".

L’auteure dévoile une analyse scientifique rigoureuse, largement étayée, sobre et parfois aride, des stratégies qui sous-tendent les dessous de la publicité sexuelle et des rapports de pouvoir entre les producteurs de publicité et les régulateurs, ainsi qu’une réflexion sur la sexualité dans l’espace public. L’intérêt majeur de cet ouvrage, qui intéressera autant les spécialistes que le grand public curieux d’un champ où les jugements l’emportent souvent sur la compréhension est de nous permettre de prendre de la distance avec la question morale.

Esther Loubradou s’interroge sur la meilleure manière de gérer un phénomène et ses débordements sans jeter le bébé avec l’eau du bain. Car la dénonciation du sexisme ou « pornographisation »de la de la publicité ne suffisent pas à endiguer ce phénomène. Il s’agit avant tout de comprendre comment il fonctionne, et surtout quelles sont ses conséquences sur notre société. Parce qu’il dévoile ce qui est « caché » selon les termes de l’auteur qui parle de « l’éros caché » de la publicité sexuelle, parce qu’il nous parle d’un champ peu exploré, celui de la sexualisation des cultures du quotidien, que ce livre nous a intéressé et c’est pour cette raison qu'on vous le recommande.

Suivez aussi l'émission sur Facebook et Twitter, et n'hésitez pas à soumettre des suggestions d'émissions sur ces réseaux ou à atelierdupouvoir@radiofrance.com

Intervenants
  • journaliste, auteure, docteure en anthropologie, spécialiste du Japon
  • Critique de cinéma, journaliste et auteur
  • Directeur général de la société Marc Dorcel
  • Écrivaine, réalisatrice, productrice
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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