LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Les Géants – 1 : Première grande joute de poésie

59 min
À retrouver dans l'émission

Cycle Poésie

Réalisation : Claude Guerre

Enregistré le 14 janvier 2011 à la Maison de la poésie

Rediffusion du 5/2/2011

Dans le cadre d'une programmation de la Maison de la poésie qui, en ce début d'année 2011,a choisi d'inviter 4 grands poètes d'aujourd'hui, qui ont en commun le monde et ses représentations, Stéphane Hessel, Yves Bonnefoy, Bernard Noël et Michel Deguy, nous diffusons aujourd'hui la soirée consacrée à Stéphane Hessel, qui s'affronte amicalement avec André Markovicz dans un récital poétique singulier, précédé d'un texte de Claude Guerre, "Apprendre la poésie par cœur".

Les Géants – 1 Stéphane Hessel et André Markowicz :

Première grande joute de poésie

« Butor, Bauchau, Roubaud, Adonis, Jaccottet, Glissant, Dupin, Heidsieck, Jouffroy… La langue française possède de grands poètes héritiers de la présence fondamentale de la poésie. Leurs génies tissent le génie de notre langue. Ils font laboratoire. Ces jeunes énergies d’hommes de 80 ans explorent au jour d’aujourd’hui encore l’intense archipel de la langue créatrice des merveilles gratuites de l’esprit, de l’invention et de l’autonomie de l’ « homme être » dans notre temps esclave de la marchandise et de l’agitation. Nous devons écouter ces géants de notre temps, qui viennent aussi d’un autre temps, poètes de tous les temps. Ils sont vivants, secrètement souvent. Ils ne s’offrent pas facilement sauf à écrire et publier. Ils tendent vers nous les lumières que nécessite notre société pauvre de sa profusion. Ils disent de peu dans le surcroît d’information. Leurs écritures marquent le sens et le silence. Elles restent droites dans l’orgueil de la langue totale sans cessation. Elles continuent la mémorable course lente des hommes dans le cosmos. Elles érigent l’homme. Elles sont modernes. Nous offrirons notre scène chaque saison à quelques uns de ces géants de poésie. Et nous avons choisi d’ouvrir la Maison de la Poésie en janvier avec trois d’entre eux qui ont en commun le monde et ses représentations. Trois poètes fort éloignés dans les formes et les contenus qui permettent pourtant tous trois d’énoncer que la poésie est au centre du monde, qu’elle est « au-monde », qu’elle ne quitte pas le désir d’Orphée de résoudre l’énigme et la douleur par la quête de la beauté.

A ces trois géants de l’écriture, nous ajoutons un géant de la connaissance poétique et de son dire, l’homme public Stéphane Hessel, amateur incomparable de poésie, sachant par cœur on ne sait combien de poèmes, qui, sa vie durant, servit la poésie en se servant d’elle, comme il le raconte, dans sa vie de diplomate. Lui aussi tient haute la poésie dans le monde. Et nous ouvrons avec lui une action culturelle publique pour apprendre la poésie par cœur et la réciter. Quand on incorpore la poésie, on incorpore la langue. Quand on incorpore la langue, on incorpore la nation. » Claude Guerre

Directeur de la Maison de la Poésie de Paris

Dans cette première émission, deux grands diseurs de poèmes s’affrontent amicalement dans un récital poétique inattendu.

Stéphane Hessel , ancien résistant, diplomate et militant politique, est également un connaisseur hors pair de la poésie. Il a mené sa vie d’ambassadeur sans jamais cesser d’apprendre des poèmes qu’il sait aujourd’hui encore en grand nombre par cœur, dans ses trois langues de prédilection : l’allemand, l’anglais et le français. En lui, l’exercice subtil du diplomate rejoint l’art du récitant pour allier la réalité concrète des peuples avec son expression la plus stylisée. A travers les mots de Yeats, Rilke, Hölderlin et bien d’autres, Stéphane Hessel, géant de la poésie « au-monde », sait unir l’art le plus intime et mystérieux des hommes aux affaires de la cité. André Markowicz est né à Prague en 1960. Parlant russe avec sa mère et français avec son père, il vit en France à partir de 4 ans, mais c’est dans la culture russe qu’il est éduqué. Son activité de traducteur est ainsi le fruit d'une culture familiale où la littérature occupait une place prépondérante.

Après s’être fait remarqué par une nouvelle traduction flamboyante des œuvres complètes de Dostoïevski pour le compte des éditions Actes Sud (entreprise achevée en 2002 avec la traduction des Frères Karamazov ), André Markowicz s'est attelé avec Françoise Morvan à retraduire le théâtre de Tchekhov. Leur traduction de Platonov a été récompensée par un Molière en 2006. Il travaille également à de nouvelles traductions de pièces de Shakespeare et de Maxime Gorki, notamment Les Estivants , aux éditions des Solitaires Intempestifs. Depuis le début des années 1990, il a participé à une cinquantaine de productions théâtrales avec des metteurs en scène tels que : Benno Besson, Anatoli Vassiliev, Mathias Langhoff, Stéphane Braunschweig, Alain Françon et Antoine Vitez. Il connaît par ailleurs un grand nombre de poèmes par cœur, en russe, en anglais, en français… et même en breton ! Figures , son premier recueil de « poèmes non traduits », est paru aux éditions du Seuil en 2007. Gens de Cendres est paru sur le site publie.net .

  • Prise de son : Bernard Le Gac

  • Montage et mixage : Sebastien Labarre

-Assistant de réalisation : Benjamin Hû

Intervenants
L'équipe
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......