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Numéro 15. Ma vie est un film

59 min
À retrouver dans l'émission

Oliver Rath
Oliver Rath Crédits : Radio France

L'Atelier intérieur s’ouvre à la vie qui devient un film. Au film qui prend le réel. Ca commence par une question : qu’est ce que ça veut dire de naître quelque part ? De là où l’on est né jusque là où l’on est arrivé : vient immédiatement l’envie de se refaire le film comme un long travelling de soi jusqu’à soi. Quand on met sa vie dans un cadre, il faut un début et une fin, le début c’est facile -- on peut dater. Abd Al Malik 1975. Sara Rastegar 1983. Mais qui peut répondre à la question : que suis-je devenu ? Abd El Malik, quand on lui demande vous avez mis combien de temps à faire votre film ? il répond j’ai mis 38 ans à faire le film, j’ai 38 ans et j’ai mis 38 ans. Le film commence avec nous, il faudra attendre qu’il soit réalisé : au sens premier : on réalise, on se rend compte, on comprend, on réalise tout, on voit le chemin. On réalise les indices de qu’on allait devenir. L’image de départ ce soir serait celle-là : le visage de Bradley, 11 ans. Il a vu un film des Frères Dardenne il s’est reconnu. Il est ému. Il raconte et sa voix se noue il n’arrive plus à parler. C’est l’impact du cinéma sur un corps et une voix. « Le cinéma a comme personnage principal l’enfant » lui répond Luc Dardenne. Le cinéma ça colle à l’image première. Celle où l’on se reconnaîtra . On cherche à se reconnaître . Pour faire le film il faut recoller les morceaux. La vie ça se découpe. On perd des bouts. On leur tourne le dos. Se refaire le film c’est tout rassembler. Quandon voit une archive, quand Sara Rastegar a 3-4 ans en Iran, se dire c’est moi c’est la même personne ce n’est pas évident. Refaire le film c’est se laisser vivre soi-même avant. C’est Patrick Modiano, en recevant le Prix Nobel, qui hier a souligné qu’un écrivain a bien une date de naissance, il est marqué par son temps. Il évoquait ce moment où toute la vie revient et il citait le poète Mandelstam : « Je suis revenu dans ma ville familière jusqu’aux sanglots, jusqu’aux ganglions de l’enfance, jusqu’aux nervures sous la peau ». Bradley 11 ans avait demandé c’est un film d’amour ou un film d’action ? Et on lui avait répondu : les deux. O n finira par la phrase du grand père de Sara Rastegar qui elle est derrière la caméra : Si seulement je pouvais moi aussi laisser mon empreinte dans ce monde . L’empreinte c’est passer d’un endroit, à un autre. Faire un trajet, un travelling, de là d’où l’on vient à là où l’on va. Si on reste sur place : il n’y a pas de cinéma.

Alice Fargier, réalisatrice du documentaire Le mur et l’eau. Lettres filmées entre Bradley, 11 ans, spectacteur, et le cinéaste Luc Dardenne.

Sara Rastegar , réalisatrice du documentaire Mes Souliers rouges . Le parcours de sa famille venue d’Iran en France dans les années 80 après la Révolution de 1979.

Abd Al Malik , pour son film Qu’Allah bénisse la France sur son enfance : « à 80% une autobiographie ». Adapté du roman du même nom. (SORTIE le 10 décembre)

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