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Numéro 35. L'attente -sur un banc

59 min
À retrouver dans l'émission

Les Chebabs de Yarmouk
Les Chebabs de Yarmouk Crédits : Radio France

On commence sur un banc Gare du Nord. On attend, nous à qui l'époque impose de ne jamais "perdre de temps".
L’Atelier intérieur s’ouvre à l’attente. C’est une émission sur un banc. Quand avez-vous offert du temps à un banc ? La dernière fois ? Nous sommes des impatients. On cherche sans cesse à réduire nos attentes. Gagner. Aller d’un point A à un point B en choisissant l’option : la plus rapide . Parce que pourquoi « perdre du temps » ? Un banc c’est un peu comme un bain. C’est rare. C’est se séparer un peu du courant, alors que nous voulons tout, et en faire partie. Notre époque aurait perdu le goût d’attendre. En anglais c’est un symptôme, on dit FOMO : fear of missing out of something . Peur de rater quelque chose. Le banc lui propose un arrêt. Impose de s’attarder. De risquer l’immobilité. L’image de départ ce soir serait celle-là : nous sommes Gare du Nord, Yves Noel Genod pour nous attend sur un banc. On le fait parler. Nous sommes Gare du Nord, Mathilde attend Ismaël il n’arrive pas, elle finit par penser : « Je suis un fantôme c’est pour ça qu’il n’est pas venu ». Dans le film de Claire Simon, c’est une histoire de disparition, des arrivées des départs / des passages dans la gare. Le banc c’est là que l’on s’oublie pour s’imprégner du monde. Michael Jakob le décrit dans sa Poétique du banc . « On s’y repose, on revient à soi, on se soustrait, l’espace d’un instant, à l’effort permanent de se relier au monde ». Se relier au monde c’est un effort de chaque instant, le banc propose une autre façon d’exister. A chaque époque et selon où il est, il organise les regards. Le banc est le témoin suprême. Il y aurait des bancs absolus et des bancs monde, le banc qui mérite d’être habité, si on veut voir la réalité. C’est un dispositif émotionnel : à chaque banc/un sentiment. On est dans l’ennui ou dans l’amour. Et c’est un art, ça s’apprend, d’organiser son attente. S’y faire, s’y épancher. Y exister pleinement. Le banc ce soir se transformera en une gare où l’on donne des rendez-vous. En un appartement où la vie est en suspend. « La vérité est plus lente que la vie » avait écrit Hector Bianciotti. Il faut parfois être plus lent que la vie, s’asseoir sur un banc, si on veut avoir la chance de voir les choses avant leur disparition. Nous avons ce soir des rendez-vous, avec Yves Noel Genod vers 23h25. On habitera l’attente, elle nous fera parler. Et si à chaque banc un sentiment, le notre fait face à la nuit, sans peur, et sans ennui.

Michael Jakob pour sa Poétique du banc paru aux éditions Macula.

Axel Salvatori Sinz, pour son film sur les vies en suspend dans le camp de Yarmouk Les Chebabs de Yarmouk

Claire Simon pour son travail autour de laGare du Nord , les gens qui passent, attendent, les départs les arrivées.

Yves Noel Genod sur un banc Gare du Nord, et devant la Maison de la radio, et lisant l'Attente de Barthes en studio.

LIVE : MIDGET

Amélie Bonnin dessine l'émission en direct

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