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Numéro 38. Révolution des corps

59 min
À retrouver dans l'émission

Denis Dailleux
Denis Dailleux Crédits : Radio France

Trois photographes, pour évoquer les corps empêchés ou en libertéLe corps en prison s'émancipe de l'espace réduit L’Atelier intérieur s’ouvre à l’enfermement. Au corps qui, à l’intérieur de 4 murs ou d’une dictature, porte en lui, de façon pas spectaculaire, de façon cachée, sa propre liberté, une autre façon de marcher. On va réduire l’espace avant de le ré ouvrir. On resserre le temps, on rapproche les murs. On imagine alors, immobile, ce que contient le corps si on lui enlève le mouvement. Il a en lui, du temps. De l’expérience. Il a en lui une histoire qui ne s’arrête pas. On enlève alors les mots, on soustrait toutes les phrases prononcées. On fait silence. Et on tente de capter, dans le calme, dans l’image : une vie entière dans un corps. Une vie entière dans une posture. L’image de départ ce soir sera celle-là : un lieu où il y a juste assez d’espace pour y poser son regard. L’image de départ c’est l’œil du prisonnier qui n’arrive plus à faire le point à l’infini comme son regard sans cesse est coupé. Arrêté par un mur un grillage un plafond. La prison elle doit donner une autre façon de voir les choses sinon elle échoue. Un autre point de vue. La question, dedans comme dehors, c’est : où va notre regard, est ce qu’il porte loin ? Avez-vous déjà senti la vie réduite ? Celle qui fait que tous gestes doivent être calibrés, qu’on a, autour de nous, un semblant d’immensité mais qu’en fait, on est empêchés. La vie contrainte, ce ne sont pas forcément des murs, la vie elle est contrainte par des obligations, par des régimes, par des serments. La vie elle est prisonnière sans le savoir, quand d’une façon ou d’une autre, on a fait les mauvais choix. C’est donc un exercice quotidien auquel il faut se plier, un sport particulier, mesurer ses gestes, vérifier l’amplitude. Tendre les bras devant, derrière, de côté. Ne pas se cogner. Qu’est ce que contient un corps ? Du temps. Et de la liberté. Denis Dailleux dira de ceux qui gagnèrent la place Tahrir en Egypte « ils n’avaient rien dans leurs mains, leur peau comme unique bouclier ». Ceux qui appellent à plus grand que là où ils sont, qui ont refusé la vie réduite et la limite à ne pas dépasser, sont à nu. Ce que contient un corps, jamais un visage ne le montrera, c’est sa capacité à s’additionner, on dit : faire corps, on dit : se soulever, on dit : faire la révolution, et c’est comme ça que dedans ou dehors, la vie réduite devient acceptable, devient vivable, s’agrandit. Comme ça que le regard regagne le point vers l’infini.

Grégoire Korganow , photographe, pour son travail en prison en tant que contrôleur des lieux de privation de liberté (2010-2014)

Denis Dailleux , photographe, pour les corps en Egypte depuis la Révolution

Klavdij Sluban, photographe, pour son travail en prison, et dans les pays de l'Est

Au téléphone, Marion Touboul pour Amours, voyage dans l'intimité des Egyptiens

LIVE : THE SUMMER REBELLION (Arthur Bacon et David Kocjic)Amélie Bonnin dessine l'émission en direct

amélie 1
amélie 1 Crédits : Radio France
amélie 2
amélie 2 Crédits : Radio France
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amélie 3 Crédits : Radio France
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