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Georges Simenon en 1981

Du potentiel romanesque de la ville de Meung-sur-Loire

2 min
À retrouver dans l'émission

La ville de Meung-sur-Loire, en région Centre-Val-de-Loire, révèle un assez beau et fort potentiel pour les héros de la fiction populaire, à travers plusieurs siècles.

Georges Simenon en 1981
Georges Simenon en 1981 Crédits : Louis Monier - Getty

Aujourd’hui on part pour une ville du Loiret, à Meung-sur-Loire, une commune d'apparence paisible, posée au bord du fleuve, mais à fort potentiel romanesque. Pourquoi ? Je commence par une citation :
 

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle.

C'est l'incipit des Trois Mousquetaires d'Alexandre Dumas, la preuve que le roman peut être un objet de connaissance, car dès sa première phrase, il nous apprend deux choses :
1. Que c'est à Meung-sur-Loire qu'est né Jean de Meung, co-auteur avec Guillaume de Lorris du Roman de la Rose, roman courtois composé au 13ème siècle.
2. Que ce 1er lundi du mois d'avril 1625, c'est en train de barder.

Et si ça barde, c’est parce qu'à Meung-sur-Loire vient d'arriver un certain d’Artagnan, 18 ans, pour faire une pause dans une auberge, puisqu’il arrive de loin : de Tarbes, en Gascogne. Dans cette auberge, l’hôtellerie du Franc Meunier, un lieu fictif du Loiret, on se moque de sa monture, il le prend mal, les gascons ont le sang chaud, ça tourne à l'embrouille de taverne. C'est là qu'il intercepte une communication secrète qu’il n’aurait pas dû entendre entre Milady de Winter et Rochefort, l’âme damnée du Cardinal de Richelieu. Cette rencontre lance l’intrigue du roman de Dumas pour 800 pages, 4000 en tout si on compte les suites.

Autrement dit, si d’Artagnan ne passe pas par Meung sur Loire au tout début du roman : il ne se passe rien… c'est à Meung-sur-Loire que l'intrigue se noue, que le conflit se lance, comme souvent dans les westerns, avec une bagarre dans un bar.

Un siècle plus tard à peu près, dans une toute autre ambiance, nous sommes toujours à Meung-sur-Loire dans un bar, peut-être un des cafés de la place centrale, en face du château et de la collégiale Saint-Liphard. Et la ville resurgit dans le paysage littéraire français. Je continue par une citation :

Maigret connaissait tout le monde à Meung-sur-Loire, où il s'était retiré. Il était à la retraite. Il cultivait son jardin et bricolait dans son cabanon au bord du fleuve. Il lui arrivait d'entrer au Grand café (Peut-être aujourd'hui le café du Commerce), près du pont, il y buvait parfois un demi.

C'est un extrait de la nouvelle Ceux du grand Café de Georges Simenon, publié en 1938 qui nous apprend deux choses :
1. Que le commissaire Maigret aime le jardinage et le bricolage
et surtout 2. Que Maigret a pris sa retraite, et c'est à Meung sur Loire

C'est en effet à Meung-sur-Loire que Simenon envoie en retraite son personnage fétiche le commissaire Maigret, et ce dès 1933. Il lui offre un lieu calme, de la pêche, un demi au comptoir et les contemplations de la Loire. Et c'est beau cette idée qu'un romancier offre un lieu, un décor à son personnage. Meung-sur-Loire le lieu idéal pour les lisières de la fiction populaire : un endroit où d'Artagnan apparait dans la tempête et où Maigret disparait dans la retraite.

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