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Après les attentats du 13 novembre à Paris

59 min
À retrouver dans l'émission

36 heures après les attentats du 13 novembre à Paris et aux abords du Stade de France, "L'Esprit public" s'interroge sur la spécificité de "cette injure, cette profanation " et analyse les suites à court et moyen terme dans le positionnement de la France, à travers sa politique extérieure comme son opinion publique.

Devant l'ambassade de France à Pekin après les attentats de Paris
Devant l'ambassade de France à Pekin après les attentats de Paris Crédits : Jason Lee - Reuters
  • Peut-être aurions-nous d’abord besoin d’un moment de silence, d’un moment pour nous taire ensemble, pour nous taire à l’unisson de tous ceux qui craignent que les mots ne soient pas assez forts pour prendre la mesure de l’injure, de la profanation que représentent ces attentats, de la perte de ces vies, de la douleur de leurs proches, de la détresse de ceux qui ne savent pas encore quelle issue attendre pour celles et ceux qu’ils aiment, du malheur de ceux et celles qui ne seront plus jamais les mêmes, certains dans leur corps, toutes et tous dans leur âme après ce vendredi noir. Peut-être aimerions-nous trouver mieux que le langage pour nous assurer que nous ne sommes pas seulement stupéfaits, que nous sommes vraiment, en ces moments, la même humanité. Peut-être que la musique dirait cela, peut-être exprimerait-elle une prière dans laquelle se reconnaîtraient ceux qui croient au ciel et ceux qui n’y croient pas.

    Cependant nous allons, comme le dit la formule rituelle qui ouvre cette émission, essayer d’éclairer l’actualité, non de la semaine mais des heures écoulées, parce que prendre la parole est un des moyens de ne pas rester étourdis, assommés par l’ampleur de cette violence, de chercher comment vivre avec, vivre contre, y faire face, la combattre. Parce que si nous ne nous appliquions pas à tenter de penser, et même de tenter de penser l’impensable, l’inimaginable, il n’y aurait plus que des marches blanches et des cortèges de deuil.

    Je crois m’exprimer pour tous ceux qui sont autour de cette table en disant que nous ne prenons pas la parole sans éprouver la crainte de ne pas être utiles, d’abonder le flot des bavardages audiovisuels. J’ai demandé à tous ceux des invités réguliers et irréguliers de cette émission qui le pouvaient de venir ce matin.

  • Vendredi soir, entre 21h20 et 22h, une série d’attaques terroristes a fait au moins 129 morts et 352 blessés à Paris et à Saint-Denis, selon le procureur de Paris. Les attaques ont été revendiquées hier matin par l’Etat islamique. À Paris, les fusillades ont eu lieu dans les Xe et XIe arrondissements. Plusieurs terrasses de bars et de restaurants ont été visées. Au même moment, trois explosions se sont produites à proximité du Stade de France, où se déroulait un match de football amical France-Allemagne. Quelques minutes plus tard, une fusillade a éclaté au Bataclan, une salle de spectacles située boulevard Voltaire, qui accueillait alors 1.500 personnes à l’occasion d’un concert. Plusieurs hommes ont ouvert le feu sur le public, tuant au moins 89 personnes, dont certaines n’ont pas encore été identifiées. S’en est suivi une prise d’otages de trois heures, à laquelle un assaut des forces de l’ordre a mis fin à 1h du matin. Les attaques auraient été perpétrées par trois équipes de terroristes coordonnées. Huit assaillants sont morts : quatre au Bataclan, un boulevard Voltaire et trois au Stade de France, tous en actionnant des ceintures d’explosifs, sauf un au Bataclan.

    Le président de la République François Hollande a décrété l'état d'urgence, pour la première fois depuis les émeutes de 2005, ainsi que la mobilisation de 1.500 militaires supplémentaires et le renforcement des contrôles aux frontières. Hier matin, l’Elysée a annoncé un deuil national de trois jours à compter d’aujourd’hui. Demain, à midi, une minute de silence sera respectée. François Hollande a déclaré à propos des attentats : «C'est un acte de guerre commis contre les valeurs que nous défendons et ce que nous sommes: un pays libre. » Le Premier ministre Manuel Valls a appuyé ces propos hier soir sur le plateau de TF1 en affirmant que la France est en guerre et qu’elle répondrait « en frappant cet ennemi pour le détruire » . Il a annoncé vouloir expulser du pays tous les imams radicalisés. Le Premier ministre a par ailleurs assuré que les élections régionales des 6 et 13 décembre prochains auraient bien lieu, ainsi que la COP21 dont l’ouverture est prévue dans deux semaines.

    Aujourd’hui François Hollande reçoit à l’Élysée les représentants des partis politiques. Nicolas Sarkozy, le président du parti Les Républicains, est arrivé il y a une heure. Le chef de l’État a appelé tous les citoyens et les responsables politiques à l’unité. Laurent Wauquiez, secrétaire général du parti Les Républicains, a demandé la création de « centres d’internement » pour les personnes suspectées de terrorisme. De son côté, le Front national a réclamé le rétablissement d’un contrôle permanent aux frontière.

    Les marques de soutien à l’étranger sont très nombreuses, plusieurs villes ont mis leurs bâtiments aux couleurs du drapeau français.

    L’enquête pour l’identification des terroristes est en cours : grâce aux empreintes ADN, un Français a été identifié. Six personnes de son entourage ont été placées en garde à vue. Par ailleurs trois personnes ont été arrêtées en Belgique.

    François Hollande s’exprimera demain devant le Congrès. Assemblée nationale et Sénat seront réunis à Versailles. C’est la troisième fois dans l’histoire de la République qu’une telle assemblée est convoquée.

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