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Radovan Karadzic lors de son procès à La Haye

État des lieux des finances publiques après la baisse du déficit en France // La condamnation de Radovan Karadzic

59 min
À retrouver dans l'émission

Le déficit public pour 2015 s'élève à 3,5% au lieu des 3,8% prévus // Le Tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie a condamné l'ancien chef des Serbes à quarante ans de prison.

Radovan Karadzic lors de son procès à La Haye
Radovan Karadzic lors de son procès à La Haye Crédits : New Pool - Reuters

ÉTAT DES LIEUX DES FINANCES PUBLIQUES APRÈS LA BAISSE DU DÉFICIT EN FRANCE

Publié la semaine dernière, le rapport annuel de l’Insee sur l’évaluation des comptes des administrations publiques indique une baisse du déficit public. L’Etat, l’administration de sécurité sociale et les collectivités locales ont présenté des comptes mieux équilibrés que prévus. Au total, le déficit public pour 2015 s’élève à 3,5% du PIB contre les 3,8% anticipés. Cette baisse intervient alors que le gouvernement avait dû faire face à des dépenses imprévues pendant l’année, notamment dans le renforcement de la sécurité et la lutte contre le terrorisme.

Les comptes des administrations de Sécurité sociale notent un recul de 2,2 milliards d’euros tandis que les collectivités locales ont dégagé un excédent de 700 millions d’euros en réduisant l’investissement public local. L’Insee a par ailleurs revu la croissance à la hausse pour 2015, à 1,2% au lieu de 1,1%. Cette baisse du déficit s’explique globalement par une charge de la dette inférieure aux prévisions, une dépense sous-exécutée et des recettes en bonne forme.

Le ministre des Finances Michel Sapin a promis que la réduction des déficits continuerait en 2016 et 2017, « tout en finançant nos priorités, en baissant les prélèvements et en confortant la croissance et l'emploi ».

L’amélioration des comptes publics nationaux va dans le sens des préconisations de la Commission européenne, auprès de qui la France avait déjà obtenu des délais supplémentaires pour respecter le déficit maximum recommandé à hauteur de 4% du PIB. Dans un rapport publié fin février, la Commission soulignait en effet que « depuis le début de la crise, la France a été plus lente dans la réduction de son déficit que le reste de la zone euro». En 2015, seuls la Grèce, le Portugal et l’Espagne ont affiché un déficit supérieur à la France dans les pays de la zone euro, dont les déficits sont en moyenne de 2,2% du PIB.

Cette embellie financière ne suffit cependant pas à absorber le poids de la dette publique qui atteint les 95,7% du PIB fin 2015, soit 0,5% de plus que l’année précédente. Par ailleurs, le chômage a progressé en février avec 38.400 personnes sans activité en plus par rapport à janvier.

A la mi-avril, le ministère des finances devra rendre à la Commission européenne son programme de stabilité avec une trajectoire budgétaire réactualisée.

LA CONDAMNATION DE RADOVAN KARADZIC

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie (TPIY) a condamné le jeudi 24 mars l’ancien chef des Serbes de Bosnie, Radovan Karadzic, à quarante ans de prison. Dix chefs d’accusation sur onze ont été retenus contre lui : il est notamment coupable du génocide de Srebrenica, le meurtre de masse le plus important depuis la Seconde guerre mondiale, lors duquel au moins 6.000 hommes musulmans ont été tués tandis que les femmes et les enfants étaient déportés hors du territoire considéré comme serbe. Il est aussi coupable de crimes contre l’humanité pour le siège de Sarajevo entre avril 1992 et février 1996 et pour « les meurtres à grande échelle assimilables à l’extermination » contre les Croates et les musulmans tout au long de la guerre. Radovan Karadzic a en revanche été acquitté de l’accusation de génocide dans le reste de la Bosnie, qui a été requalifié de crime contre l’humanité.

Le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie a été créé en 1993 par le Conseil de sécurité de l’ONU pour juger les violations du droit international durant les guerres dites de Yougoslavie, qui firent 300.000 morts et impliquèrent le déplacement de quatre millions de personnes. Il est le premier TPI depuis ceux de Nuremberg et de Tokyo. En 1995, le Tribunal avait mis en accusation 161 personnes lors de sa première audience ; 80 ont été condamnées et 18 acquittées. En outre, plusieurs inculpés sont morts avant leur jugement, ce qui a provoqué la colère des victimes de la guerre accusant le TPI de lenteur institutionnelle. Le 24 mars, des victimes s’étaient d’ailleurs rassemblées à La Haye devant le Tribunal en attendant la sentence de Radovan Karadzic. Parmi elles, la journaliste et ex-porte-parole du TPI Florence Hartmann, condamnée en 2009 par ce tribunal pour avoir révélé dans un livre des décisions confidentielles, notamment sur un accord entre le TPIY et la Serbie visant à cacher des preuves cruciales de l’implication de la Serbie dans le massacre de Srebrenica afin d’éviter une éventuelle condamnation de l'État serbe par la Cour internationale de justice. Florence Hartmann, qui refusait cette condamnation, a été arrêtée par des gardes des Nations unies et emprisonnée pendant cinq jours. Cette décision du TPI a été critiquée notamment par son ancien président, le juge français Claude Jorda, qui a estimé que le Tribunal était à la fois juge et partie dans cette affaire.

L’avocat de Radovan Karadzic a déclaré qu’il fera appel de sa condamnation. Douze procès menés par le Tribunal pénal international sont encore en cours ; celui du chef militaire des Serbes de Bosnie, Ratko Mladic, prendra fin en 2017.

Brèves

Philippe MEYER a critiqué l’arrêt du Conseil d’Etat contre la décision du CSA de retirer au canal 23 de la TNT l’autorisation de le vendre.

Nicole GNESOTTO : Nous ne sommes plus seuls au monde, de Bertrand BADIE (La Découverte, 2016)

Michaela WIEGEL : La Marche de Radetzky, de Joseph ROTH (Seuil, 2013)

François BUJON DE L’ESTANG : « The Obama Doctrine », Interview du président américain par Jeffrey GOLDBERG sur http://www.theatlantic.com (Avril 2016)

Thierry PECH : Réduire la pauvreté, de Denis CLERC & Michel DOLLE (Les Petits Matins, 2016)

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