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L'avenir incertain du nucléaire en France // Les négociations entre l'Europe et la Turquie sur la crise des migrants

59 min
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La démission du directeur financier d'EDF est l'un des éléments qui ont mis en lumière la crise profonde que traverse le géant de l'électricité // La Turquie propose à l'Europe "d'échanger" un migrant irrégulier contre un migrant régulier.

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Centrale EDF Crédits : Charles Platiau - Reuters

L’AVENIR INCERTAIN DU NUCLÉAIRE EN FRANCE

La démission, dimanche dernier, du directeur financier d’EDF, Thomas Piquemal, a été suivie le lendemain d’une chute du cours du titre de près de 7%.

M. Piquemal aurait remis en cause la faisabilité à court terme d’un projet de construction de deux réacteurs nucléaires de troisième génération, des EPR (European Pressurized Reactor), dont la construction est prévue sur le site de Hinkley Point dans le sud-ouest de l’Angleterre. Ces EPR font partie d’un plan de renouvellement du parc nucléaire français dont les 58 réacteurs assurent actuellement les trois quarts de la consommation d’électricité du pays.

Le financement du projet était originellement réparti entre EDF, l’électricien chinois CGN et Areva. A la suite de la déroute financière d’Areva, EDF s’est retrouvé majoritaire dans le projet dont le budget total s’élève à 23,3 milliards d’euros, dont les 2/3 sont à sa charge. Les opposants au projet rappellent que l’électricien affichait déjà fin 2015 une dette nette de 37 milliards d’euros. Ils évoquent également les dérives du calendrier et des finances des EPR en construction à Olkiluoto en Finlande, et à Flammanville dans la Manche.

Le groupe doit également faire face à des contraintes dont les effets ne cessent de s’accumuler : chute des prix de gros de l’électricité, ouverture à la concurrence des concessions des centrales hydrauliques, fin des tarifs réglementés pour les entreprises etc… Dans ou malgré ce contexte, le PDG d’EDF Jean-Bernard Levy souligne la très bonne rentabilité du projet qui serait selon lui « d’environ 9% par an pendant 60 ans » et, la semaine dernière, le président François Hollande et le Premier ministre britannique David Cameron ont affirmé leur soutien au lancement de Hinkley Point.

Dans le cadre de la baisse annoncée de la part du nucléaire de 75 à 50% dans la production d’électricité française d’ici 2025, la Cour des comptes a estimé dans son rapport annuel qu’EDF devrait fermer entre 17 et 20 réacteurs pour respecter ces objectifs. Fin février, toutefois, la ministre de l’Environnement et de l’Energie Ségolène Royal annonçait une prolongation de vie des centrales nucléaires de dix ans.

Certaines centrales françaises toujours en activité inquiètent nos pays voisins, notamment la plus ancienne, Fessenheim, située dans le Haut-Rhin. L’ASN, l’Autorité de sûreté nucléaire, a néanmoins jugé son niveau de sécurité globalement suffisant. La nouvelle ministre du Logement Emmanuelle Cosse annonçait dimanche dernier la fermeture de la centrale avant la fin de l’année, conformément à la promesse de campagne de François Hollande. Elle a été contredite dès le lendemain par Ségolène Royal qui a confirmé que la procédure serait lancée cette année mais en vue d’une fermeture effective à partir de 2018.

Le conseil d'administration d'EDF devrait prendre la « décision finale d'investissement » dans un futur proche.

LES NÉGOCIATIONS ENTRE L’EUROPE ET LA TURQUIE SUR LA CRISE DES MIGRANTS

Angela Merkel et Alexis Tsipras
Angela Merkel et Alexis Tsipras Crédits : Pool New - Reuters

Lundi dernier, lors du sommet entre l’Europe et la Turquie à Bruxelles, Ahmet Davutoglu, le Premier ministre turc, a proposé un nouveau plan pour régler la crise des migrants. Son pays reprendrait sur son sol les migrants entrés de manière illégale en Grèce, en échange d’un versement européen de trois milliards d’euros qui viendraient s’ajouter aux trois milliards déjà obtenus lors du précédent accord en novembre dernier. La Turquie demande également comme condition le droit pour ses citoyens de circuler sans visa dès le mois de juin dans l’espace Schengen, ce qui revient de fait à relancer les négociations pour une entrée de la Turquie dans l’Union européenne. Enfin, les pays de l’UE devront accueillir un réfugié « régulier » pour tout réfugié « irrégulier » récupéré par la Turquie.

Ce projet d’accord a rencontré une vive hostilité chez de nombreux pays membres de l’UE et en particulier dans les pays du « groupe de Visegrad » qui s’opposent depuis le début de la crise à l’idée d’une répartition obligatoire. Viktor Orban, le Premier ministre hongrois, menace de mettre son veto à la mise en place des « corridors humanitaires » prévus par l’accord pour acheminer les réfugiés sélectionnés par la Turquie vers les pays de l’Union.

Elaboré par la chancelière allemande et le Premier ministre turc à la veille du Conseil, ce nouveau plan a pris de court plusieurs dirigeants et même Donald Tusk, le président du Conseil européen. L’accord est censé être signé lors du Conseil de jeudi et vendredi prochains pour peu que soient résolus d’ici là les problèmes légaux qu’il pose. Il sera nécessaire que la Turquie obtienne le statut de « pays tiers sûr » pour que les Syriens accueillis sur son sol puissent bénéficier d’un véritable statut de réfugiés.

Depuis mardi, toutes les frontières situées sur la route des Balkans sont fermées. La Macédoine ne laisse plus les migrants entrer sur son territoire depuis le 20 février, ce qui provoque un engorgement à sa frontière avec la Grèce où 36.000 personnes sont bloquées, selon le Haut-Commissariat aux réfugiés des Nations unies.

Brèves

Philippe MEYER : D’Elle à lui, conçu et interprété par Emeline BAYARD, au théâtre du Rond Point jusqu’au 3 avril

Jean-Louis BOURLANGES : "Je vous le dirai, cher ami”, Lettres de Madame de REMUSAT à son mari (Hannelore Demmer, 2016)

Thierry PECH recommande l’écoute ou la réécoute des titres de Rose MURPHY, connue notamment pour sa chanson « Pennies From Heaven »

Sylvie KAUFFMANN : article "Covering Donal Trump, and witnessing the danger up close" d'Ashley PARKER, paru dans le New York Time le 12 mars 2016

François BUJON DE L’ESTANG : Souvenir d’une ambassade à Berlin. 1931-1938, d’André FRANCOIS-PONCET (Perrin, réédition 2016)

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