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L'élection de Jeremy Corbyn à la tête du Labour // Crise des réfugiés et espace Schengen

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L’ÉLECTION DE JEREMY CORBYN À LA TÊTE DU LABOUR PARTY

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Jeremy Corbyn Crédits : Chris Beckett

Jeremy Corbyn a été porté à la tête du Parti travailliste britannique samedi 12 septembre, au premier tour de l’élection primaire avec 59,5% des suffrages. Représentant de l’aile gauche du parti, âgé de 66 ans, il succède ainsi à Ed Miliband, qui avait démissionné après sa défaite aux élections générales de mai dernier.

Quasiment inconnu il y a encore trois mois, n’ayant obtenu qu’au dernier moment les 35 parrainages de députés nécessaires pour se porter candidat, les sondages le donnaient vainqueur depuis plusieurs semaines. Il a pu compter sur le soutien des syndicats ainsi que sur celui de nombreux sympathisants du Labour qui, en vertu du nouveau système de désignation, étaient autorisés pour la première fois à voter aux primaires sans être officiellement adhérents au parti moyennant le paiement de 3 livres sterling.

Son élection constitue un important virage à gauche pour le Parti travailliste. Contrairement à ses prédécesseurs à la tête du parti et à ses adversaires de la primaire, Jeremy Corbyn rejette en effet les politiques d’austérité menées par le gouvernement de David Cameron. Il prône la renationalisation des chemins de fer, la hausse des impôts des plus riches, l’augmentation de la masse monétaire pour investir dans les services publics et le contrôle des loyers. Sur le plan de la politique extérieure, il s’oppose à l’armement nucléaire et à l’OTAN et n’exclut pas de faire campagne pour sortir de l’Union européenne lors du referendum qui se tiendra avant 2017 sur la question.

Ces positions lui valent l’hostilité de la plupart des cadres du parti, héritiers du New Labour de Tony Blair. L’ancien ministre Peter Mandelson l’accuse ainsi d’incarner « le retour au gauchisme du début des années 1980 », tandis que le très médiatique Chuka Ummuna prévient qu’il « ne pourra pas travailler avec lui s'il développe un programme axé sur les thèmes de sa campagne ». Dès l’annonce de l’élection de Jeremy Corbyn, sept des membres du shadow cabinet sortant ont en outre annoncé qu’ils abandonnaient leurs fonctions.

Le Premier ministre David Cameron a déclaré via son compte Twitter : « Le Labour représente maintenant une menace pour notre sécurité nationale, pour la sécurité de notre économie et celle de votre famille », une mise en garde reprise par plusieurs membres de son parti.

Les leaders de la gauche radicale européenne ont en revanche accueilli la victoire de Jeremy Corbyn avec enthousiasme. En Espagne, Pablo Iglesias, chef du parti Podemos, a salué « un pas en avant vers le changement en Europe » tandis que l’ex-ministre des Finances grec Yanis Varoufakis a dit espérer que « Corbyn deviendra[it] une source de lumière pour le reste de l’Europe » . En France, le Parti de gauche « s'est félicité de l'élection de Corbyn », y voyant un « retour de la gauche réelle au pays de Thatcher et Blair ».

LA CRISE DES RÉFUGIÉS ET L’ESPACE SCHENGEN
Le président du Conseil européen, Donald Tusk, a convoqué un sommet extraordinaire de l’Union européenne. Il se tiendra mercredi prochain à Bruxelles, au lendemain d’un conseil extraordinaire des ministres de l’Intérieur. Depuis la fin du mois d’août, les Vingt-Huit débattent sur le principe d’une répartition des migrants. Selon l’agence Frontex, chargée des frontières extérieures de l’espace Schengen, ils sont plus de 500 000 à être entrés dans l’Union depuis le début de l’année, presque deux fois plus qu’en 2014.

Après avoir permis à des milliers de réfugiés et de migrants bloqués en Hongrie de rejoindre l’Allemagne, la chancelière Angela Merkel a provisoirement rétabli le contrôle d’identité à ses frontières dimanche. Cette disposition, bien que prévue par les accords de Schengen en cas de « menace grave pour l’ordre public et la sécurité intérieure », n’a pas manqué de relancer le débat sur cet espace de libre circulation. L’Autriche a emboité le pas de l’Allemagne dès mercredi, et suspendu pendant 24 heures le trafic ferroviaire depuis Salzbourg à la demande des autorités allemandes. De son côté, Victor Orban, le Premier ministre hongrois, a salué la décision de la chancelière allemande en réclamant une protection accrue des frontières de l’Europe. La barrière qu’il a fait construire au Nord de la Serbie est renforcée par la présence constante des forces de l’ordre qui ont utilisé jets d’eau et gaz lacrymogène pour éloigner les personnes qui tentaient d’entrer en Hongrie. Les migrants empruntent désormais un nouvel itinéraire et passent par la Croatie, pays non-membre de l’espace Schengen, qui se déclarait jeudi prêt à fermer ses frontières si la barre des 8.000 entrées par jour était franchie. La France a pour sa part annoncé, par la voix de Manuel Valls, qu’elle n’hésiterait pas non plus à rétablir le contrôle aux frontières, tout en débloquant plusieurs centaines de millions d’euros pour l’accueil des 24 000 réfugiés prévus.

Pour sortir de la crise, la solution la plus consensuelle émanant de la Commission européenne, pour l’heure, consiste en la construction de hotspots en Italie, en Grèce et en Hongrie, c’est-à-dire de centres d’accueil et de tri des migrants aux portes de l’Union Européenne. C’est sur ce point qu’espèrent trouver un accord les ministres de l’Intérieur mardi, puis les chefs d’État mercredi, car la question d’une répartition obligatoire rencontre toujours une vive opposition des pays de l’Est.

Brèves Michaela WIEGEL a rendu hommage à l'ensemble de l'oeuvre de Stanley HOFFMANN, professeur de sciences politiques à l'université de Harvard

Thierry PECH : Arnaud PARIENTY, School Business (La Découverte, 2015)

François BUJON DE L'ESTANG : Jean-Pierre FILIU, Les Arabes, leur destin et le nôtre : histoire d'une libération (La Découverte, 2015)

Jean-Louis BOURLANGES : Mary Elise SAROTTE, "Une promesse non tenue ?", Commentaire n°151, Automne 2015

Philippe MEYER : Thierry GRILLET, Homère, Virgile, indignez-vous ! ( Editions First, 2015)

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