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La politique mémorielle d'Emmanuel Macron

La politique mémorielle d'Emmanuel Macron

33 min
À retrouver dans l'émission

La colonisation et le Rwanda sont deux sujets de rupture mémorielle choisis par le président français. Quelle politique mémorielle mène t'il ? Comment dire le passé lorsque l'on n'a pas été témoin des drames?

La politique mémorielle d'Emmanuel Macron
La politique mémorielle d'Emmanuel Macron Crédits : AFP

Le pardon d'Emmanuel Macron aux harkis

Après ses prédécesseurs, Emmanuel Macron s’est attaqué à son tour à ce drame. L’affaire était mal engagée : en février 2017, le candidat déclare à la télévision algérienne: «La colonisation est un crime, un crime contre l’humanité et une vraie barbarie. En même temps, il ne faut pas balayer tout ce passé.» Quelques jours plus tard, il précise que les harkis «ont été les victimes de la trahison de l’État français». Le président demandera à Benjamin Stora de rendre un rapport sur la mémoire de la colonisation française et de la guerre d'Algérie; rapport rendu le 20 janvier 2020 qui livre une série de préconisations. Enfin, le 20 septembre, Emmanuel Macron a officiellement demandé pardon aux harkis, annonçant une prochaine loi « de réparation », lors d’une cérémonie solennelle à l’Élysée.

La responsabilité de la France dans le génocide des Tutsis au Rwanda

Rwanda, 1994. En trois mois et demi 800 000 personnes sont tuées. Dans ce génocide des Tutsis, le rôle diplomatique que la France y a joué - sa "responsabilité" a été dénoncée mais pas sa "complicité".  En 2010, en visite à Kigali, Nicolas Sarkozy avait reconnu des « erreurs » de la part de l’Etat français. Emmanuel Macron, lui, a souhaité faire du 7 avril – date de déclenchement du génocide contre les Tutsi, en 1994 – une journée de commémoration. Pour le 27ème anniversaire du génocide des Tutsis, l'état français a également accepté l'ouverture d'importantes archives. Le rapport Duclert du 26 mars 2021 considère que la France n’est pas complice du génocide, mais dénonce ses responsabilités lourdes et accablantes. Ce rapport dénonce aussi l’aveuglement continu des responsables politiques français - au premier chef desquels se trouve le Président de la République d’alors, François Mitterrand.

Le discours d'Ouagadougou, 28 novembre 2017 

Le 28 novembre 2017, Emmanuel Macron fait un discours à Ouagadougou où il annonce les axes de la relation qu'il veut fonder entre la France et le continent africain. Il déclare : "Je suis d’une génération de Français pour qui les crimes de la colonisation européenne sont incontestables et font partie de notre histoire." [...] "La France entretient avec l’Afrique un lien historique indéfectible, pétri de souffrance, de déchirements, mais aussi si souvent de fraternité et d’entraide." [...] « Nous avons le choix entre l’envie de nous retrouver ou la tragédie de nous éloigner ».  

Le 5 octobre, l'historien Camerounais Mbembe a rendu un rapport à Emmanuel Macron et a préconisé une refondation des relations estimant que « la reconnaissance de la perversion du colonialisme, de sa nature, littéralement, de crime contre l’humanité, est importante ».

Les commémorations des grands soldats français 

Emmanuel Macron a également décidé de commémorer les grands soldats de France. Le 7 novembre 2018, il a salué le rôle du maréchal Pétain durant la Grande Guerre : "On peut avoir été un grand soldat à la Première Guerre mondiale et avoir conduit à des choix funestes durant la deuxième". À l'occasion du bicentenaire de son décès, Emmanuel Macron a salué l'héritage de l'empereur sans nier son côté sombre. Un portrait « en clair-obscur ». 

Comment parler de ce passé colonial de la France ? Pourquoi commémorer des personnages controversés ? Quelle stratégie se cache derrière cette politique mémorielle d'Emmanuel Macron ?  Nous en discutons avec nos invités. 

Chroniques
11H29
25 min
L'Esprit public
Comment les politiques instrumentalisent l’histoire ?
Intervenants
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • Journaliste et productrice de l'émission "Affaires étrangères" sur France Culture
  • Historien, ancien Président de la BNF, producteur de l'émission "Concordance des temps" sur France Culture
  • Historien, chercheur au CNRS au Laboratoire communication et politique, spécialiste du "fait colonial" et des immigrations en France
L'équipe
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