LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Cérémonie funéraire après l'attentat d'Ankara

L'état de la droite en France à neuf mois des primaires // La crise syrienne après les premières frappes turques

59 min
À retrouver dans l'émission

Jean-François Copé est le septième candidat à s'être déclaré pour les primaires de la droite et du centre // La Turquie a visé les positions kurdes dans le Nord de la Syrie alors qu'à Alep la rébellion subit les assauts de l'armée de Bachar el-Assad et de l'aviation russe depuis le début du mois.

Cérémonie funéraire après l'attentat d'Ankara
Cérémonie funéraire après l'attentat d'Ankara Crédits : Umit Bektas - Reuters

L’ÉTAT DE LA DROITE À NEUF MOIS DES PRIMAIRES

Le Conseil National des Républicains s’est tenu le week-end dernier. Il a donné le coup d’envoi des primaires de la droite et du centre qui auront lieu les 20 et 27 novembre prochains. Nicolas Sarkozy a conclu le rassemblement par l’exposé d’un texte d’orientations destiné à devenir un « projet collectif » pour 2017.

Sept candidats sont déjà déclarés : le maire de Bordeaux Alain Juppé, actuel favori des sondages, l’ex Premier ministre François Fillion, positionné sur le créneau du libéralisme thatchérien, et l’ancien président de l’UMP Jean-François Copé, dernier en date à avoir annoncé sa candidature dimanche dernier. Sont aussi dans la course Nadine Morano et Jean-Frédéric Poisson, ancien fer de lance de La Manif pour tous, Hervé Mariton, qui avait fait une percée médiatique comme candidat à la présidence de l’UMP, et enfin Frédéric Lefebvre, ancien porte-parole de ce parti entre 2008 et 2010. L’annonce de trois autres candidatures est encore attendue : celles de Bruno Le Maire, ancien ministre de l’agriculture, de Nathalie Kosciusko-Morizet, ex ministre de l’écologie et de Nicolas Sarkozy, président du parti. Pour être candidat à la primaire de la droite il faut rassembler le parrainage de vingt parlementaires (il y a 190 députés et 144 sénateurs LR), de 250 élus d’au moins trente départements différents, et de 2.500 adhérents répartis sur au moins 15 départements.

Nicolas Sarkozy a été mis en examen mardi dernier. Soupçonné d’avoir sciemment dépassé le plafond légal des dépenses engagées lors de la présidentielle de 2012, il est placé sous le statut de témoin assisté dans l’affaire Bygmalion et poursuivi pour corruption active, trafic d'influence et recel de violation du secret professionnel dans affaire dite des écoutes.

Les projets des concurrents à la primaire convergent sur de nombreux points quitte à différer dans le degré et la radicalité : tous prônent une réduction des dépenses publiques et un report de l’âge de la retraite, ainsi qu’un traitement plus ferme de la questions des migrants. Parmi les questions qui suscitent des clivages plus importants figure celle de la loi Taubira sur le mariage pour tous qu’Hervé Mariton et Jean-Frédéric Poisson veulent abroger, contrairement à Nicolas Sarkozy, Alain Juppé, Bruno Le Maire et NKM. In fine, on n’observe pas de ruptures idéologiques au sein du parti même s’il existe des divergences stratégiques non négligeables, par exemple entre ceux qui visent les déçus de la droite passés au FN et ceux qui ciblent plutôt les électeurs du centre-gauche.

ÉTAT DES LIEUX DE LA CRISE SYRIENNE

Ankara a été touchée mercredi dernier par un nouvel attentat qui a causé la mort d’au moins 28 personnes et plusieurs dizaines de blessés, à proximité de nombreux ministères et du Parlement.

Le Premier ministre turc a accusé le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK) et les Unités de protection du peuple (YPG), une milice kurde de Syrie, d’en être les auteurs. Le coprésident du Parti de l’Union démocratique (PYD) a nié l’implication de son bras armé dans l’attentat. L’accusation portée par Ahmet Davutoglu fait craindre une intervention au sol de la Turquie après qu’une deuxième attaque a été perpétrée jeudi par le PKK contre un convoi de l’armée syrienne, provoquant la mort de six personnes. Alors que le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG), qui regroupe dix-sept pays, était parvenu à un accord à Munich le 11 février, les bombardements menés par l’artillerie turque sur les territoires kurdes dans le Nord de la Syrie depuis le week-end dernier, soit deux jours après l’accord, ont considérablement réduit l’espoir d’un cessez-le-feu. Pour l’heure, la seule décision de l’accord de Munich suivie d’effet consiste en l’envoi par l’ONU de convois de vivres et de matériel sanitaire dans les villes assiégées par le régime ou par les rebelles, convois qui ont commencé à parvenir à la population mercredi dernier.

Alep, la deuxième ville de Syrie, est soumise depuis début février à une attaque massive du régime de Damas, épaulé par une forte offensive de l’aviation russe. L’armée de Bachar el Assad est parvenue à couper la route d’approvisionnement entre Alep et la Turquie, principale base de ravitaillement des rebelles. La Turquie a attribué lundi dernier à la Russie des frappes contre des écoles et des hôpitaux en l’accusant de « crimes de guerre ». Ces frappes ont en outre provoqué la fuite de 35.000 civils aujourd’hui bloqués à la frontière turque. Le président Erdogan a en effet décidé de maintenir ses frontières fermées et annoncé qu’il ne les ouvrirait qu’en cas de danger de mort pour les réfugiés, actuellement entassés dans des camps de fortune du côté syrien. Ce blocage des frontières accroit l’impatience des Européens qui avaient accordé en novembre dernier à Ankara une aide de 3 milliards d’euros pour maintenir les 2 millions et demi de réfugiés syriens sur son sol. L’Europe menace ainsi à son tour de renvoyer les réfugiés qui entrent par la Grèce vers la Turquie. Onze pays de l’Union européenne « volontaires pour accueillir des réfugiés syriens », dont la France, devaient se retrouver jeudi dernier à l’initiative d’Angela Merkel en marge du Conseil européen. Le Premier ministre turc s’est fait excuser en raison de l’attentat de mercredi à Ankara, et la réunion a été annulée. Les négociations de paix en Syrie doivent reprendre jeudi prochain sous l’égide de L’ONU.

Brèves

Philippe MEYER : Outre-Terre, de Jean-Paul KAUFFMANN (Équateurs, 2016)

Nicole GNESOTTO : Revue Esprit n°422, « Les religions dans l’arène politique », par Olivier ROY, Smaïn LAACHER, Jean-Louis SCHLEGEL et Camille RIQUIER (Février 2016)

Roméo & Juliette à la Comédie Française, de William SHAKESPEARE et mis en scène par Eric RUF (jusqu’au 30 mai 2016)

François BUJON DE L’ESTANG : Deux articles du New York review of Books traduits en français dans Books : « Élections américaines : les milliardaires mènent le jeu », d’Elizabeth DREW (janvier 2016) et «Citizen Trump », de Michael TOMASKY (février 2016)

Jean-Louis BOURLANGES : Les œuvres de Michel TOURNIER.

Thierry PECH : La pensée extrême, de Gérald BRONNER (Denoël, 2009)

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......