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L'Italie avec Marc Lazar

59 min
À retrouver dans l'émission

L'Italie avec Marc Lazar

Marc Lazar, vous êtes sociologue et historien des idées politiques. Diplômé de l’Institut d’études politique de Paris, vous êtes spécialiste de l’extrême gauche et de la vie politique italienne. Vous dirigez le Groupe de recherches pluridisciplinaires sur l’Italie contemporaine (GREPIC) au Centre d’Etude des Relations Internationales, et êtes également membre du comité de rédaction des revues Communisme , Vingtième siècle et Revue d’histoire . Depuis 2014, vous êtes directeur du Centre d’histoire de Sciences Po.

Avec vous, nous allons nous intéresser aux réformes qui animent la vie politique italienne, à la problématique migratoire qui s’annonce de plus en plus pressante, ainsi qu’à une évaluation de la situation économique.

Depuis l’élection de Matteo Renzi à la tête du Conseil italien en février 2014, de nombreuses réformes ont été entreprises pour tenter de redynamiser la vie politique de la Péninsule. La loi « Italicum », qui entrera en vigueur en juillet 2016, a pour vocation de mettre fin à l’instabilité politique en favorisant le bipartisme, et affaiblissant les micro partis qui défont les majorités. Avec le même objectif de stabilité politique, le président du Conseil a également lancé des réformes institutionnelles. Parmi elles, un projet de loi mettant fin au bicamérisme parlementaire a été adopté, signant ainsi l’abolition du Sénat. Par ailleurs, Renzi donne une priorité importante au secteur de l’enseignement. Il souhaite accélérer la réforme du collège et donner plus d’autonomie aux établissements. Une réforme du marché du travail, dite Jobs Act , a également été proposée par le gouvernement. Instaurant un contrat de travail « à protection croissante » , elle permettrait de flexibiliser le marché du travail italien, alors que le taux de chômage peine à descendre sous les 12,5%. Un modèle qui semble inspirer l’hexagone.

Ces dernières années, l’Italie fait face à un afflux massif de réfugiés, accéléré par les conflits et crises humanitaires qui déchirent la rive sud de la Méditerranée. En dix-huit mois, 210 000 migrants ont débarqué sur ses côtes. La fin de la mission Mare Nostrum en novembre 2014 a mis en lumière le manque de coopération communautaire dans la gestion de l’arrivée des migrants, laissée à la seule Italie. L’an dernier, les dépenses liées à l’accueil des migrants atteignaient 800 millions d’euros, l’UE ne contribuant qu’à hauteur de 45 millions d’euros. Le nombre de demandeurs d’asile pour la seule péninsule italienne est passé de 26 000 en 2013 à 65 000 en 2014. La question migratoire devient inévitablement une question politique, et profite aux partis extrémistes et populistes, à l’image de la Ligue du Nord ou du Mouvement Cinq Etoiles de Beppe Grillo. Celui-ci plaide par ailleurs pour un établissement de quotas par pays pour accueillir les migrants.

Pour accompagner la reprise économique du pays, qui tente de sortir de quatre années de récession, Matteo Renzi, a adopté une politique de ni-ni : ni hausse des impôts, ni coupes drastiques dans ses dépenses publiques. Rome compte sur un redémarrage de l’économie en 2016, pour abaisser la pression fiscale à 42% du PIB en 2017 contre 43.5% l’année dernière. Cependant, la situation de l’économie italienne demeure préoccupante. L’équation budgétaire se complique pour le gouvernement depuis l’annulation par la cour constitutionnelle du gel des retraites de 2012 et 2013, occasionnant un surplus de dépense compris entre 11 et 13 milliards d’euros. L’exposition universelle inaugurée à Milan début mai représente toutefois une fenêtre d’opportunité pour la troisième économie de la zone euro.

Marc Lazar, d’après vous, Matteo Renzi dispose-t-il des bons outils pour sortir l’Italie de quatre années de récession ? La réforme du mode de scrutin comporte-t-elle des risques pour la démocratie italienne ? Les mouvements populistes peuvent-ils encore espérer jouer un rôle de premier plan ? Quelle est l’opinion de la société italienne sur l’avenir de l’Union européenne ? Quelles réponses structurelles l’Europe doit-elle apporter pour répondre à un afflux massif de migrants ? Des frappes militaires contre les embarcations stationnées dans les ports libyens sont-elles envisageables ?

Invités

Marc LAZAR, professeur d’histoire et de sociologie à Sciences Po

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Intervenants
  • professeur d’histoire et de sociologie politique, directeur du Centre d’histoire de Sciences Po à Paris.
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