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La crise politique en Italie - Les écologistes en France

59 min
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La crise politique en Italie

Vendredi 27 septembre, Silvio Berlusconi a appelé les cinq ministres de son parti « le Peuple de la liberté » à démissionner du gouvernement de coalition gauche-droite présidé par Enrico Letta. Le « Cavaliere » a justifié cette décision par l’annonce de l’augmentation de la TVA, qui constituait selon lui « une grave violation du pacte de gouvernement ». « L’expérience Letta est terminée », a-t-il déclaré. Le Parti démocrate d’Enrico Letta dénonçait de son côté un « chantage » et le Président du conseil déclarait, « il ne faut pas tourner autour du pot, le problème c'est la question judiciaire qui concerne Silvio Berlusconi ». Celui-ci a été condamné pour fraude fiscale le 1er août dernier et risque de perdre son siège de sénateur et son immunité parlementaire. Enrico Letta a demandé aux cinq ministres concernés de clarifier leur soutien au gouvernement. Les ministres ont jugé cet « ultimatum » « inacceptable » et « irrecevable ». Ils ont décidé de suivre la consigne de Silvio Berlusconi et ont présenté leur démission samedi 28 septembre. Un « geste fou et irresponsable » pour Enrico Letta, au moment où l’Italie connaît de graves difficultés économiques. Lundi, la bourse de Milan a reculé de 1,2%.

Pour retrouver la stabilité, Enrico Letta a décidé en accord avec le Président de la République Giorgio Napolitano de demander mercredi au Sénat et à la chambre des députés un vote de confiance pour son gouvernement. Le Président du conseil ne dispose pas d’une majorité au Sénat, il lui fallait donc convaincre hors de son parti. Mardi, le numéro 2 du parti de Silvio Berlusconi Angelino Alfano, défiant ouvertement le Cavaliere, a appelé « tout le parti » à voter la confiance. Une vingtaine de sénateurs s'apprêtaient à suivre Angelino Alfano. Face à cette fronde au sein de son propre parti, Silvio Berlusconi a finalement appelé lui-même les parlementaires à voter la motion de confiance. «Grande !», («C'est fort !»), s’est exclamé Enrico Letta. Lors de son discours au Sénat, le Président du conseil a insisté sur le fait qu’il demandait un vote de confiance « non pas contre quelqu’un, mais pour l’Italie et les Italiens ». Il a ajouté que « dans un pays démocratique, les décisions de justice doivent être appliquées ».

Le gouvernement a recueilli au Sénat 235 voix des 307 votants, les sénateurs du Mouvement 5 étoiles et les Verts ayant refusé la confiance. Enrico Letta a ensuite obtenu sans difficulté la majorité à la chambre des députés. Le Président du conseil s’est satisfait d’avoir « clarifié la situation ». Pour Silvio Berlusconi, la défaite est importante. Les sénateurs et députés dissidents du « Peuple de la liberté » ont choisi de former un groupe parlementaire distinct.

Les Ecologistes

Europe Ecologie Les Verts compte deux ministres dans le gouvernement, Cécile Duflot, chargée du logement, et Pascal Canfin, chargé du développement. En novembre 2011, un accord entre Martine Aubry, alors à la tête du Parti socialiste, et Cécile Duflot, qui dirigeait E.E.L.V avait permis aux écologistes de remporter 15 sièges à l’Assemblée nationale en 2012 et de former un groupe parlementaire. Ils ne comptaient que quatre députés dans la précédente législature. Un accord pour les sénatoriales de septembre 2011 leur avait valu huit nouveaux sièges, ce qui portait à 12 le nombre de sénateurs écologistes. Quelques mois plus tard, la candidate d’EELV, Eva Joly, avait recueilli 2,31% des voix à l’élection présidentielle de 2012.

Le 14 septembre dernier, Pascal Durand, le successeur de Cécile Duflot à la tête d’Europe Ecologie Les Verts, avait donné six jours au Président pour tenir ses engagements écologiques, notamment au sujet de la taxation du diesel que François Hollande a exclu car elle relevait selon lui d’une « écologie punitive » incompatible avec la pause fiscale. Critiqué dans son parti pour cette initiative, Pascal Durand a du démissionner. A l’occasion des journées parlementaires d’E.E.L.V, qui se sont tenues à Angers les 25 et 26 septembre derniers, le chef du groupe écologiste au Sénat, Jean-Vincent Placé, annonçait «qu'en l'état» il ne voterait pas le budget 2014. De son côté, Cécile Duflot dénonçait les propos de Manuel Valls sur les Roms et accusait le ministre de l'intérieur de « mettre en danger le pacte républicain ».

Toutefois, la direction d’Europe Ecologie Les Verts ne semble pas résolue à sortir de la majorité. A l’occasion de la conférence environnementale du samedi 21 septembre, Jean-Marc Ayrault a présenté les initiatives écologiques du gouvernement. La TVA sur la rénovation thermique de l'habitat est réduite à 5%. Une contribution climat-énergie sur les carburants et les combustibles fossiles sera créée en 2014. En revanche, la loi sur la transition énergétique est repoussée d’un an.

Le mouvement écologiste est par ailleurs agité par des critiques internes. Le 25 septembre, Noël Mamère, député et ancien candidat des Verts aux présidentielles de 2002, annonçait son départ d’un parti « prisonnier de ses calculs et de ses clans » et mettait en cause « les vrais patrons, ceux qu'on appelle «la firme» : Cécile Duflot et ses amis ». Avant lui, Nicolas Hulot, ancien adversaire d’Eva Joly à la primaire d’Europe Ecologie Les Verts, déclarait « qu’il y a quelque chose de profondément vicié dans ce parti » En décembre 2012, c’était l’un des fondateurs d’Europe Ecologie Les Verts, Daniel Cohn Bendit, qui s’était mis en retrait. Le parti se choisira un nouveau secrétaire national lors de son Congrès de novembre. Emmanuelle Cosse, 39 ans ancienne patronne d'Act Up, est donnée favorite. Dans un courriel envoyé aux militants, elle défend la même ligne que Cécile Duflot : «Nous pouvons participer à une majorité gouvernementale tout en clamant haut et fort ce qui cloche chez elle.»

Invités

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zietung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris

Max GALLO, romancier et historien

Eric LE BOUCHER, éditorialiste aux Echos et co-fondateur de Slate

Brèves

  • 'Félix Vallotton, le feu sous la glace', Exposition au Grand Palais à Paris du 2 octobre 2013 au 20 janvier 2014

  • Felix Vallotton, la vie à distance , un documentaire de Juliette Cazanave, diffusé le dimanche 6 octobre 2013 sur Arte

  • Le Fils unique , un film de Yasujiro Ozu, avec Choko Iida, Shin'ichi Himori, Masao Hayama (1936)

  • Voyage à Tokyo , un film de Yasujiro Ozu, avec Chishu Ryu, Chieko Higashiyama, Setsuko Hara (1953)

  • Laurent Guillemot, Génération champ d'honneur (Editions de Fallois, paraîtra le 1er novembre 2013)

  • Jean-Michel Steg, 22 août 1914, Le jour le plus meurtrier de l'histoire de France (Editions Fayard, 2013)

  • Olivier Mangin, La ville des flux, l'envers et l'endroit de la mondialisation urbaine (Editions Fayard, 2013)

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