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La défense européenne avec Nicole Gnesotto

58 min
À retrouver dans l'émission

La défense européenne avec Nicole Gnesotto

Nicole Gnesotto, vous êtes spécialiste des questions stratégiques et de défense, présidente du conseil d’administration de l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale, professeur titulaire de la chaire sur l’Union européenne au Conservatoire national des arts et métiers. Diplômée de l’Ecole Normale Supérieure, vous avez été le premier directeur de l’Institut d’études de sécurité de l’Union européenne, après avoir occupé diverses fonctions de recherche et d’enseignement au Ministère des Affaires étrangères, à Sciences Po et à l’Institut des Hautes Etudes Internationales.

Avec vous, nous allons nous intéresser aux questions de défense de l’Europe, et particulièrement, aux perspectives envisageables de relance de la défense à l’échelon européen.

Le 8 mars dernier, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a annoncé vouloir constituer une armée commune européenne qui aiderait l’UE à formuler des politiques étrangères et de sécurité et à assumer plus de reponsabilités dans le monde. Cette déclaration intervient alors que l’Europe fait face à une multiplication de défis et de menaces. L’Ukraine, le terrorisme djihadiste, la question des réfugiés et migrants ou encore la cybersécurité constituent autant de sources de préoccupations pour la sécurité du continent.

Née du traité de Bruxelles en 1948, l’Europe de la défense n’a jamais abouti à un projet d’envergure. Elle a même reculé en 1954 avec l’échec du projet de la Communauté Européenne de Défense. La création de l’OTAN en 1949 a contribué à rendre difficile toute tentative d’affirmation des Européens en matière de sécurité.

L’an dernier, vous avez déclaré, Nicole Gnesotto, qu’avant de penser à créer une armée, il faut se mettre d’accord sur une politique étrangère commune sur la crise ukrainienne et les conflits dans le Sahel . Cette politique étrangère s’active à travers les missions dites de « Petersberg », qui ont permis d’initier des opérations civilo-militaires souvent reconnues utiles, à l’image de la mission AMISS II au Soudan et au Darfour en 2005. Mais l’UE est en retrait dans la gestion des crises en Europe, en Afrique et au Levant, et prive ses membres d’un outil militaire autonome. Federica Mogherini, Haut représentante de l’Union pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, s’est prononcée en faveur d’un engagement plus fort de l’UE dans la lutte contre le terrorisme, en Libye notamment.

Le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian, repproche aux pays membres leur manque d’engagement dans la défense européenne. L’objectif requis par l’OTAN de maintenir les dépenses militaires à 2% du PIB de chaque pays ne sera atteint que par l’Estonie en 2015, les dépenses de l’Allemagne ne s’élevant qu’à hauteur de 1.09% du PIB. Outre-Rhin, la « culture de retenue » bloque le couple franco-allemand dans sa fonction de force motrice de la construction européenne alors qu’un leadership bilatéral semble nécessaire pour relancer une défense européenne à 28. Paris et Londres ont occupé cette fonction de couple moteur depuis les traités de Saint Malo de 1998 et les accords de Lancaster House en 2009. Toutefois, le référendum proposé par le Premier ministre britannique David Cameron sur l’éventuelle sortie du Royaume-Uni du club des 28, menace en particulier l’avenir de l’Europe de la défense.

Nicole Gnesotto, d’après vous, face aux échecs du passé, à la différenciation de la menace, au manque d’ambition stratégique et à la baisse des budgets de défense, doit-on aujourd’hui penser différemment le projet de défense européenne ? Vous avez récemment participé à la conférence annuelle de défense du Conseil franco-britannique à Londres : pensez-vous qu’en 2015, un leadership des deux partenaires des traités de Lancaster House pourrait faire avancer la défense européenne ? L’Allemagne a récemment fait preuve de détermination en matière de politique étrangère : pourrait-elle s’engager davantage à court terme dans la gestion des crises ? La déclaration récente de Jean-Claude Juncker sur la constitution d’une armée européenne, est-elle contre-productive ? La crise des migrants en Europe ouvre t-elle le dossier d’une complémentarité nécessaire entre aide humanitaire et intervention militaire ? Faudrait-il lancer un livre blanc de la défense européenne ? Faut-il parler de défense européenne ou d’Europe de la défense ?

Invités

Nicole GNESOTTO, présidente du conseil d’administration de l’Institut des hautes études de défense nationale.

Alexandra SCHWARTZBROD, journaliste au journal Libération et romancière

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Intervenants
  • Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.
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