LE DIRECT
Myriam El Khomri

La deuxième version du projet de loi El Khomri // Le paysage politique allemand après le scrutin du 13 mars

59 min
À retrouver dans l'émission

Le projet de loi El Khomri a été réécrit en prenant en compte les demandes de la CFDT // Le parti d'extrême droit a fortement progressé en Allemagne.

Myriam El Khomri
Myriam El Khomri Crédits : Vincent Kessler - Reuters

LA DEUXIÈME VERSION DU PROJET DE LOI EL KHOMRI

Le Premier ministre, Manuel Valls, a présenté lundi dernier une nouvelle version du projet de loi de réforme du Code du travail porté par la ministre du Travail, Myriam El Khomri. Alors qu’il devait être examiné en Conseil des ministres le 9 mars, le gouvernement avait annoncé un report de deux semaines pour réécrire les passages les plus contestés.

Manuel Valls a qualifié de « nouveau départ » cette deuxième version dont plusieurs articles ont été remaniés, comme le plafonnement des indemnités prud’homales en cas de licenciement abusif qui ne sera plus qu’indicatif. Les motifs de licenciements économiques seront plus étroitement contrôlés par le juge que dans la première version. Les patrons de PME ne seront pas autorisés à rémunérer leurs salariés au « forfait-jour » sans passer par un accord collectif. Plusieurs points du nouveau projet ont fait l’objet de tensions entre Emmanuel Macron, le ministre de l’Économie, et Myriam El Khomri, le premier affirmant par exemple que le plafonnement des indemnités prud’homales deviendrait fatalement une réalité.

Ces modifications ont donné satisfaction aux syndicats réformistes, CFDT en tête, dont les revendications ont été entendues. Au PS, alors qu’un grand nombre de députés étaient hostiles au projet de loi, on se déclare « plutôt satisfait » de cette nouvelle mouture. En revanche, Les Républicains ont annoncé qu’ils voteraient contre une loi qu’ils qualifient d’ « anti-PME ». Quant au MEDEF, il a déploré une réécriture qui ôte « la cohérence au dispositif général », alors même que le gouvernement a fait plusieurs gestes dans sa direction, comme le renoncement au rapport Badinter établissant la liste des principes fondamentaux du droit du travail qui devait figurer dans le préambule au Code du travail.

Les syndicats, CGT et FO en tête, appellent toujours au retrait du projet de loi. Jeudi, à l’appel de vingt-trois organisations de jeunesse, une journée d’action a rassemblé 150.000 manifestants selon l’UNEF et 69.000 selon les autorités. Une vingtaine de personnes ont été interpellées. Le 31 mars, les étudiants répondront à l’appel de sept syndicats pour une deuxième journée de grève.

LE PAYSAGE POLITIQUE ALLEMAND APRES LE SCRUTIN DU 13 MARS

Les élections régionales partielles ont eu lieu dimanche dernier en Allemagne dans les trois länder de Bade-Wurtemberg, Rhénanie-Palatinat et Saxe-Anhalt. Au total, treize millions de personnes ont été appelées aux urnes en vue d’élire leurs députés régionaux.

Le parti d’Angela Merkel, L’Union chrétienne-démocrate (CDU), conforte sa position en Saxe-Anhalt mais arrive deuxième ailleurs. En Bade-Wutermberg, il est battu par les Verts, déjà à la tête de ce Land depuis cinq ans, et il est dépassé par les sociaux-démocrates du SPD en Rhénanie-Palatinat. Ces deux partis ont néanmoins subi des revers dans les autres länder et n’ont obtenu que des scores très bas : en moyenne autour de 11% pour le SPD et à peine au dessus de 5% pour les Verts. Tous les partis traditionnels ont perdu des points.

Ces élections marquent a contrario la montée historique d’Alternative pour l’Allemagne (AfD). Ce parti radical talonne le CDU en Saxe-Anhalt avec 23% des voix et se hisse à la troisième place en Rhénanie-Palatinat et Bade-Wutemberg. Fondé il y a à peine trois ans, ce mouvement populiste s’est radicalisé depuis l’arrivée de Frauke Petry à sa tête en 2015. Il a repris la rhétorique antimusulmane et ouvertement xénophobe du groupe extrémiste Pegida, et se positionne désormais comme un parti anti-réfugiés. Il rassemble les déçus de la politique et les absentéistes dont 40% sont allés voter pour l’AfD dimanche dernier. Le parti revendique par exemple la fermeture complète des frontières extérieures à l’UE ou encore un durcissement et une simplification du droit d’expulsion. Fin avril aura lieu un congrès de deux jours à Stuttgart, à l’issue duquel le parti prévoit de se doter d’un programme complet.

L'Allemagne rejoint ainsi la liste des pays d’Europe qui connaissent une montée des partis populistes. Mais en dépit de la percée d’AfD, la politique migratoire d’Angela Merkel sort paradoxalement renforcée de ces élections : 85% des Allemands ont en effet soutenu des partis en faveur de la politique d’accueil des réfugiés. Les écologistes et le SPD avaient la même position que la chancelière sur cette question et les deux dirigeants de la CDU en campagne contre la politique pro-réfugiés de la chancelière ont été battus.

Angela Merkel a confirmé lundi dernier sa politique migratoire. En septembre auront lieu les prochains scrutins régionaux en Mecklembourg land hautement symbolique pour être celui de la chancelière. A dix-huit mois des élections fédérales de 2017, L’AfD devra passer le seuil de 5% pour entrer au Bundestag, le Parlement fédéral allemand.

Brèves

Philippe MEYER : Pierre Laval de Fred KUPFERMAN (Tallandier, 2016)

Jean-Louis BOURLANGES : La géopolitique des séries ou le triomphe de la peur de Dominique MOÏSI (Stock, 2016)

Michaela WIEGEL : Une jeunesse turque en France et en Allemagne de Maïtena ARMAGNAGUE-ROUCHER (Le Bord de l’Eau Eds, 2016)

François BUJON DE L’ESTANG invite les auditeurs à participer au Festival du cinéma russe, « Quand les Russes aiment », qui se tient jusqu’au 22 mars dans plusieurs cinémas à Paris : le Grand Action, le Reflet Medicis, le Balzac et le Max Linder

Thierry PECH a déploré le projet britannique de baisser l’impôt sur les sociétés à 16%

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......