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Donald Tusk, Angela Merkel et François Hollande lors d'une réunion d'urgence après le vote grec de rejet des mesures d'austérité proposées par l'Europe

La place de l’Allemagne en Europe

59 min
À retrouver dans l'émission

Avec Hélène Miard-Delacroix, professeure d’histoire et civilisation de l’Allemagne contemporaine à l’université Paris-Sorbonne.

Donald Tusk, Angela Merkel et François Hollande lors d'une réunion d'urgence après le vote grec de rejet des mesures d'austérité proposées par l'Europe
Donald Tusk, Angela Merkel et François Hollande lors d'une réunion d'urgence après le vote grec de rejet des mesures d'austérité proposées par l'Europe Crédits : KENZO TRIBOUILLARD / POOL - AFP

Plus d’un million de migrants sont entrés en Allemagne en 2015, venus de Syrie pour environ la moitié d’entre eux, selon l’Office des migrations, mais aussi des Balkans, d’Irak, d’Afghanistan, d’Iran et du Pakistan. Bien que leur nombre diminue, il reste important, encouragé par l’attitude ouverte de la Chancelière Merkel et par le processus d’intégration mis en place par les pouvoirs publics allemands et par les partis de la coalition. Ceux-ci ont annoncé, en février dernier, la création de 100.000 « jobs à 1 euro » pour les réfugiés. L’appellation « job à 1€ » est contestée par le ministère du Travail, pour qui, si ces emplois d’intérêt général, dont les bénéficiaires étaient jusque là des chômeurs de longue durée, sont bien rémunérés 1 euro de l’heure, cet euro est versé en plus des prestations d’aide sociale et contribuent à l’intégration des migrants. Les adversaires de cette mesure considèrent qu’elle génère une pression à la baisse sur les salaires et contribue à l'augmentation du taux de pauvreté qui est passé de 12,5 % à 15,2 % entre 2000 et 2012.

Même si les Allemands demeurent beaucoup plus accueillants que les Français ou les Italiens selon un sondage de l’IFOP en mars, ils le seraient aujourd’hui beaucoup moins qu’au moment de l’ouverture des frontières. 47% des Allemands considèrent désormais qu’accueillir des réfugiés supplémentaires n’est pas possible, soit 14 points de plus qu’en septembre. Face à cette évolution de l’opinion et aux nécessités économiques, la chancelière et son gouvernement ont pris des mesures en février dernier rendant plus strictes les conditions d’accueil. Cependant l’AFD, l’Alternative pour l’Allemagne dirigée par Frauke Petry, gagne du terrain en réunissant les mécontents grâce à un discours anti-migrants radical. Elle a obtenu entre 12 et 24% des voix dans trois Länder allemands. Le mouvement PEGIDA (Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident) est parvenu à occuper une place non négligeable dans les medias.

Si l’Allemagne reste la première économie européenne, l’OCDE considère aujourd’hui qu’elle devrait réformer ses services et investir davantage pour augmenter leur productivité. L’organisation internationale pointe aussi de très importantes inégalités de salaire entre les hommes et les femmes. Elle souligne la nécessité de réussir la politique d’intégration des réfugiés et souligne le risque, en cas de mauvaise gestion, d’augmenter les inégalités sociales déjà importantes.

Angela Merkel, favorable au traité de libre échange transatlantique (le TAFTA), dont elle attend plus de croissance et donc plus d’emploi, peine à en convaincre son opinion publique comme en témoignent les importantes manifestations organisées lors de la visite de Barack Obama en avril dernier.

Hélène Miard-Delacroix, vous êtes historienne, spécialiste de l’Allemagne contemporaine, des relations franco-allemandes et de la construction européenne. Vous enseignez actuellement l’histoire et la civilisation de l’Allemagne à la Sorbonne. Vous êtes membre de différents conseils scientifiques d’instituts et fondations en Allemagne comme en France. Vous nous direz si la position de la Chancelière dans son parti vous semble compromise. Vous nous direz quel regard vous portez sur la montée de l’AFD et sur la portée de PEGIDA. Mais vous venez de participer à un ouvrage collectif intitulé L’Allemagne, entre rayonnement et retenue, publié aux Presses Universitaires du Septentrion. Vous y mettez en rapport la réussite de la politique intérieure de l’Allemagne depuis la réunification et les hésitations pour ne pas dire les palinodies de sa politique étrangère. Les récentes initiatives de la Chancelière en faveur de l’accueil des migrants en Europe et son attitude à l’égard de la Grèce modifient-elles votre jugement ?

Bibliographie

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L’Allemagne, entre rayonnement et retenuePresses Universitaires du Septentrion, 2016

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