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La politique migratoire - La situation algérienne

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La politique migratoire française

Après le démantèlement, le 2 juin dernier d’un campement de migrants à la Chapelle, dans le nord de Paris, la question du relogement de ces 380 occupants s’est très vite posée. Il a fallu une « mobilisation exceptionnelle » pour leur trouver des places dans les centres d’accueil pour demandeurs d’asile (Cada) ou dans les centres d’accueil d’urgence. Cet évènement a provoqué de vives réactions de la part de personnalités politiques de tout bord.

On ne compte en France que 25 000 places en centre d’accueil pour demandeurs d’asile, alors que les demandes depuis 2010 fluctuent entre 50 000 et 65 000 par an. Les demandeurs du statut de réfugié dans notre pays sont passés de 42 599 en 2009 à 64 536 l’an dernier, soit une augmentation de 50%. Dans un projet de loi sur la réforme de l’asile, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve propose de statuer plus rapidement sur les demandes d’asile, et de ramener de 19 à 9 mois le délai entre le dépôt et la réponse.

Le président de Les Républicains, Nicolas Sarkozy, s’est prononcé en faveur d’une révision du droit du sol. Il a indiqué vouloir organiser un referendum interne sur ce sujet avant l’été 2016.

Ces débats se développent dans une Europe qui reste sans réponse face à la crise migratoire. Le Premier ministre italien Matteo Renzi a fustigé le manque de solidarité de ses partenaires de l’Union. Depuis janvier, 100 000 migrants sont arrivés en Europe par la mer, dont 54 000 en Italie et 48 000 en Grèce. Récemment, le ton est monté entre la France et l’Italie autour de la question du partage de la pression migratoire, face à la crise de Vintimille, à la frontière entre les deux pays, où sont bloqués de nombreux migrants. Réunis mardi dernier à Luxembourg, les ministres de l’Intérieur francais et italien ont tenté de trouver une réponse. Bernard Cazeneuve a demandé à l’Italien Angelino Alfano de respecter les accords européens en matière d’éloignement des migrants, déclarant qu’il n’y aurait pas de solidarité sans responsabilité de la part de la France. Il souhaiterait par ailleurs l’émergence de centres d’accueil pour les migrants sur la côte italienne, financés par l’agence européenne pour la surveillance des frontières Frontex.

Le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a demandé aux 28 pays membres de l’UE de se répartir 20 000 réfugiés ainsi que les demandeurs d’asile arrivés en Italie et en Grèce. La question de l’instauration de quotas par pays pour la répartition des migrants dans les pays de l’Union a été vivement critiquée et rejetée par la majorité des dirigeants européens. Le 16 mai dernier, le premier ministre Manuel Valls s’était officiellement opposé à l’instauration de ces quotas, en plaidant tout de même pour une répartition plus équitable des réfugiés dans l’Union.

La situation algérienne

François Hollande a effectué lundi dernier sa deuxième visite officielle en Algérie depuis sa prise de fonction en 2012. Il y a rencontré le président Abdelaziz Bouteflika, au pouvoir depuis 1999 et réélu avec 81,51% des suffrages pour un quatrième mandat en avril 2014. Le président français a salué la maîtrise intellectuelle de son homologue de 78 ans, déclarant qu’il est pour lui, je cite, rare de rencontrer un chef d'État qui a cette alacrité, cette capacité de jugement .

Les deux chefs d’Etat se sont principalement entretenus de questions de défense et de sécurité. L’incertitude sur la mort éventuelle du terroriste Mokhtar Belmokhtar en Libye la veille de leur rencontre, démentie depuis, ainsi que le double attentat-suicide commis le jour même dans la capitale Tchadienne se sont imposés à l’ordre du jour de la visite présidentielle. La question des relations économiques entre les deux nations a également été abordée. Second fournisseur et troisième client, la France est pour l’Algérie un partenaire de premier plan, dont plusieurs grandes entreprises comme Alstom ou Sanofi sont implantées sur le territoire algérien.

Cette visite intervient dans un contexte particulier pour l’Algérie de Bouteflika, dont la dernière adresse officielle au peuple algérien date de mai 2012. L’état de santé du président soulève des inquiétudes, particulièrement depuis son accident cardio-vasculaire survenu en 2013. L’ancien chef de gouvernement devenu chef de l’opposition Ali Benfils évoque à ce sujet une incontestable vacance du pouvoir . Son parti, « l'avant-garde des libertés » a tenu son premier congrès le 14 juin dernier, et souhaite s’installer dans le paysage politique comme la principale force d’opposition. La bataille pour la succession de l’actuel président fait en effet peser de sérieux risques politiques sur Alger. Un courrier de félicitation adressé par le chef d’Etat major de l’armée vendredi 12 juin au chef du Front de Libération Nationale Amar Saadani a particulièrement inquiété les analystes. Certains ont en effet interprété ce soutien comme une ingérence de l’armée dans le champ politique.

La situation économique est également préoccupante. Le pétrole représente 97% des exportations algériennes, et la récente chute des cours s’est directement répercutée sur le budget de l’Etat. L’Algérie se heurte ainsi à la « maladie hollandaise », situation dans laquelle l’activité économique a été polarisée par les hydrocarbures, entrainant notamment une sévère désindustrialisation. L’industrie ne représente plus que 4% du PIB algérien. Par ailleurs, les subventions accordées par l’Etat à la plupart des produits de consommation courante ont découragé la production nationale et privilégié les importations.

Invités

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

François BUJON DE L’ESTANG, ambassadeur de France

Marc-Olivier PADIS, directeur de la rédaction de la revue Esprit

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Brèves

Jean-Marc DREYFUS, L'impossible réparation (Flamarrion, 2015)

François CHASLIN, Un Corbusier (Seuil, 2015)

Philippe MEYER a évoqué le DVD L'autre monde enregistré au théâtre de l'Athénée avec Benjamin Lazar

François BUJON DE L'ESTANG et Jean-Louis BOURLANGES ont mentionné les cérémonies du 18 juin, regrettant la relative absence médiatique des commémorations de l'appel du 18 juin 1940

Thierry PECH a salué l'encyclique Laudato si du pape François

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