LE DIRECT
Virginia Raggi à Rome

La primaire de la gauche de gouvernement // Les élections municipales partielles en Italie

59 min
À retrouver dans l'émission

Le Congrès national du PS a voté l'organisation d'une primaire en janvier 2017 // Le Mouvement cinq étoiles a remporté Rome et Turin aux municipales partielles, un sérieux revers au Parti Démocrate de Matteo Renzi.

Virginia Raggi à Rome
Virginia Raggi à Rome Crédits : Remo Casilli - Reuters

LA PRIMAIRE DE LA GAUCHE DE GOUVERNEMENT

Le week-end dernier, le Conseil national du Parti socialiste a voté à l’unanimité l’organisation d’une primaire de la gauche dite de « La Belle alliance » réunissant le PS, le PRG (Parti Radical de Gauche) et l’UDE (Union des Démocrates et Écologistes), les écologistes pro-gouvernement. La tenue de ces « primaires de l’unité » auront lieu les 22 et 29 janvier 2017, le président François Hollande ayant prévenu qu’il prendrait la décision de briguer un second mandant au mois de décembre prochain, soit un mois après les primaires de la droite.

Cette décision intervient à la suite d’un appel dans les colonnes de Libération en janvier dernier pour organiser une primaire de toutes les gauches, mais Europe-Écologie Les Verts et le Parti Communiste Français ont refusé de s’investir dans une primaire à laquelle François Hollande serait susceptible de participer. Jean-Luc Mélenchon avait d’ailleurs pris les devants en se déclarant candidat sans soutenir cette initiative. Le collectif Notre Primaire a pour sa part abandonné son lobbying pour réunir toutes les gauches il y a un mois, en prenant acte de son échec dans un communiqué.

Après avoir longtemps refusé la perspective d’une primaire à gauche, le gouvernement a répété combien il s’agissait d’une initiative nécessaire ces derniers jours. À la question de savoir si la participation d’un président de la République à une primaire pour sa propre succession dévalorise la fonction, le premier ministre Manuel Valls a répondu au JDD qu’il n’y avait « rien de dévalorisant à retourner devant les Français pour défendre ses idées et expliquer son action » et qu’il s’agissait de l’essence de « la démocratie ».

En revanche, la droite a vu dans ce changement de cap l’échec du président Hollande qui va être « le candidat d’une fraction de sa majorité » selon les mots de Jean-Pierre Raffarin. Jean-Louis Debré estime que sa potentielle participation à la primaire « abîme nos institutions et fait le jeu des partis ».

Les modalités de vote et de débat ne seront décidées que lors du Conseil national du 2 octobre prochain. En 2011, la primaire organisée par le PS avait permis à François Hollande de se présenter à l’élection présidentielle, battant Martine Aubry avec 57% des suffrages au second tour. Pour l’heure, seule la sénatrice de Paris Marie-Noëlle Lienemann s’est déclarée afin, dit-elle, « d’avoir un vrai débat de fond face à François Hollande ».

LES ELECTIONS MUNICIPALES PARTIELLES EN ITALIE

Le second tour des élections municipales s’est tenu dimanche dernier en Italie à l’issue duquel le Mouvement Cinq étoiles (M5S) est arrivé en tête à Rome et à Turin. Ces élections partielles concernaient près de neuf millions d’électeurs dans plus d’une centaine de villes, mais la participation a difficilement atteint les 50%, selon le ministère de l’Intérieur.

Le Parti démocrate, parti de Matteo Renzi, a remporté 34 communes sur 121 ; il reste donc la première force politique de l’Italie, et il a conservé sa majorité dans certaines grandes villes comme Milan, Bologne ou Ravenne. A Rome, le candidat du Parti démocrate, Roberto Giachetti, s’est incliné face aux 67,2% des voix obtenues par Virginia Raggi du M5S. A Turin, ville gérée par la gauche depuis près de vingt-cinq ans, le maire sortant Pierre Fassino a été détrôné par Chiara Appendino qui a réuni plus de 54% des voix. Il a dénoncé l’appel d’une partie de la droite berlusconienne, de l’extrême gauche et de la Ligue du Nord, parti allié au Front national français, à voter pour les deux candidates du M5S. Après avoir séduit à gauche, le mouvement cherche à rassembler aussi un électorat à droite et n’hésite pas à piocher dans les propositions des partis, même extrêmes.

Le M5S occupe la deuxième place au Parlement depuis les législatives de 2013. Fondé il y a sept ans par le comique italien Beppe Grillo, le mouvement est né du rejet de la classe politique traditionnelle et se revendique comme un espace de démocratie participative directe pour ses partisans. Dans son programme, le M5S propose des mesures aussi diverses que la mise en place d’un revenu minimum, un référendum pour la sortie de l’euro, une réduction des salaires des hommes politiques et des financements aux partis et à la presse. Le parti entend par ailleurs établir des mesures strictes contre la corruption et la limitation des mandats électoraux. La nouvelle maire de Rome, Virginia Raggi, a rappelé que son action politique sera basée sur «la légalité et la transparence à l’intérieur des institutions». Luigi di Maio, pressenti comme le successeur de Beppe Grillo à la tête du mouvement, a répété la semaine dernière : « Nous sommes prêts à gouverner le pays ».

Un référendum sur la réforme des institutions aura lieu en octobre prochain. Le chef du gouvernement Matteo Renzi a promis sa démission si le non à la réduction des pouvoirs du Sénat dans le but de renforcer le pouvoir de l’exécutif l’emportait.

Brèves

Philippe MEYER : Vie et destin, de Vassili GROSSMAN (Livre de Poche, Juin 2005)

Jean-Louis BOURLANGES : Le Grand jeu, de Peter HOPKIRK (Editions Nevicata, octobre 2013)

Michaela WIEGEL recommande l’exposition Jacques Chirac, le dialogue des cultures au Musée du quai Branly. Jusqu’au 9 octobre 2016

François BUJON DE L’ESTANG : Qui a peur de Donald Trump ?, de Laure MANDEVILLE (Politique Internationale, Printemps 2016)

Nicole GNESOTTO : Le Président et la bombe, de Jean GUISNEL et Bruno TERTRAIS (Odile Jacob, mars 2016)

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • Correspondante à Paris du Frankfurter Allgemeine Zeitung
  • Historienne et politiste, titulaire de la chaire « Union européenne » au Conservatoire national des arts et métiers.
  • diplomate
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......