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La réforme du collège - la question migratoire en Europe

59 min
À retrouver dans l'émission

La réforme du collège

La ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, a présenté vendredi 17 avril les détails de sa réforme du secondaire dans une lettre adressée aux professeurs de collège. Les nouveaux emplois du temps des élèves français comporteront désormais des enseignements de tronc commun, ainsi que des enseignements dits complémentaires. Ces derniers seront dispensés sous deux formes originales. D’une part, un « accompagnement personnalisé » pourra soutenir la capacité d’apprendre et de progresser des élèves. D’autre part, des « enseignements pratiques interdisciplinaires », ou EPI, permettront une étude transversale de différentes disciplines autour d’un thème commun, choisi parmi les huit définis par l’Education Nationale. En guise d’exemple, les professeurs pourront proposer une thématique « langues et cultures de l’Antiquité », ou lui préférer celle intitulée « corps, santé, sécurité ».

L’enseignement linguistique apparaît au cœur de la réforme. La seconde langue vivante sera ainsi enseignée dès la classe de 5ème, mais son volume hebdomadaire sera restreint lors des deux dernières années de collège. Les sections bilangues considérées comme des classes d’élites seront supprimées dans une majorité d’établissements. Le latin, qui devait initialement disparaître comme enseignement propre, est finalement maintenu avec des horaires réduits.

Plusieurs volets de la réforme ont provoqué de vives réactions. Soixante députés membres du groupe d’amitié franco-allemand ont ainsi fait part à la ministre de leur « vive inquiétude » concernant l’apprentissage de la langue de Goethe. Ici même, Michaela Wiegel avait la semaine dernière attiré notre attention sur ce point en y consacrant une brève en fin d’émission. La déclaration du Premier ministre en faveur de classe de « stand up » ou d’improvisation reprise par la ministre de l’Education a suscité de nombreuses moqueries et des accusations de démagogie.

Les syndicats d’enseignants sont également critiques vis-à-vis du projet de loi. Cinq d’entre eux redoutent ainsi que l’autonomie accordée aux collèges dans le choix des nouveaux EPI ne renforce le pouvoir des chefs d’établissements. Ils craignent également l’instauration d’un « principe de mise en concurrence » des disciplines, des enseignements et des établissements. Selon eux, cette évolution « fragiliserait la structuration disciplinaire du collège et engendrerait toujours plus d’inégalité entre les élèves ». Ces organisations, qui ont récolté 80% des voix lors des dernières élections syndicales, ont lancé un appel national à la grève pour la journée du 19 mai.

La question migratoire en Europe

Un navire transportant des demandeurs d’asile des côtes libyennes vers l’Europe a chaviré dans la nuit du samedi 18 au dimanche 19 avril. Cette tragédie a coûté la vie à plus de 800 personnes, selon les estimations du Haut Commissariat aux Réfugiés. Il y a deux semaines, dimanche 12 avril, 400 personnes avaient péri dans un naufrage similaire, portant le nombre de victimes de ces traversées clandestines à plus de 1 500 depuis le début de l’année. La haute représentante de l’Union Européenne pour les affaires étrangères, Federica Mogherini, a évoqué dimanche dernier le devoir moral qui incombe aux responsables européens. L’ancien secrétaire général du Service européen d’action extérieure, Pierre Vimont, a lui appelé à des actions d’envergure .

Actuellement, la surveillance de la méditerranée est assurée par la mission communautaire « Triton » gérée par l’agence Frontex. Elle a remplacé le 1er septembre 2014 l’opération italienne « Mare Nostrum » mise en place un an plus tôt à la suite de la catastrophe de Lampedusa, qui avait fait 366 victimes. Dotée d’un budget mensuel de 9 millions d’euros, d’une flotte d’une dizaine de navires et d’un effectif d’environ 900 personnes, Mare Nostrum a effectué 588 sauvetages et ramené à quai plus de 120 000 migrants. Mais cette efficacité, en plus d’être très coûteuse pour la seule nation italienne, avait comme effet d’encourager les traversées clandestines en les sécurisant. L’opération Triton ne comptait en revanche jusqu’à jeudi que sur 3 millions d’euros mensuels, et seulement 7 navires. À l’issue du sommet extraordinaire des chefs d’État réunis ce jeudi à Bruxelles, un triplement des fonds alloués à cette mission a été annoncé. Son budget équivaudra donc à celui de l’ancienne mission italienne. Une augmentation de la flotte et une hausse des effectifs sont également prévus. Les dirigeants européens ont enfin annoncé la tenue d’un prochain sommet consacré à l’immigration à Malte dès cette année.

Plusieurs propositions sont également à l’étude pour lutter contre l’immigration clandestine et les trafiquants. Les premières concernent une action de pacification des foyers de tension au Moyen-Orient et en Libye. L’absence d’autorité étatique dans ces zones favorise en effet l’action des passeurs, qualifiés de terroristes par le président Hollande dimanche dernier. Une coopération plus étroite entre Etats européens est également à l’étude. Certains Etats subissent en effet une pression migratoire plus importante que d’autres. En 2014, l’Allemagne, la Suède et l’Italie ont à eux trois reçus plus de la moitié des demandes d’asile de l’UE. Les Etats membres se heurtent également à une opposition interne. La crainte d’une immigration massive structure les discours des partis de droite radicale, comme les Démocrates Suédois ou la Ligue du Nord italienne. Une autre solution à l’étude concernerait l’établissement de centres d’accueil dans les pays tampons, afin de dissuader un maximum de migrants de tenter une traversée aussi dangereuse.

Invités

Sylvie KAUFFMANN, directrice éditoriale au journal le Monde

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Eric LE BOUCHER, éditorialiste des Echos et co-fondateur du site Slate.fr

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Brèves

Gérard GRUNBERG, Napoléon Bonaparte, le noir génie (CNRS éditions, 2015)

Jean-Claude COUSSERAN et Philippe HAYEZ, Renseigner les démocraties, renseigner en démocratie (Odie Jacob, 2015)

Sylvain CYPEL, Un nouveau rêve américain (Autrement, 2015)

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