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Manifestation à Caracas

La situation de l'écologie politique en France // La crise politique, sociale et économique au Venezuela

59 min
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Les Verts ont perdu leur groupe parlementaire à l'Assemblée nationale après le départ au PS de six de leurs députés // Les graves pénuries de biens de première nécessité plongent le Venezuela dans un chaos politique entre Nicolas Maduro et l'opposition

Manifestation à Caracas
Manifestation à Caracas Crédits : Carlos Garcia Rawlins - Reuters

LA SITUATION DE L’ÉCOLOGIE POLITIQUE EN FRANCE

Lors du congrès décentralisé organisé par Europe-Écologie Les Verts (EELV) le week-end dernier, la motion « Horizon 2025 » portée par Cécile Duflot et David Cormand l’a emporté. Le second tour de ce scrutin se tiendra samedi prochain au congrès fédéral organisé pour élire un bureau exécutif et un nouveau ou une nouvelle secrétaire nationale du parti. La motion concurrente, emmenée par la porte-parole du parti, Sandrine Rousseau, propose de «rénover » EELV. En effet, les Verts ont connus ces derniers mois une série d’événements qui ont fait baisser leur nombre d’adhérents ; lors du congrès, seuls 3.000 votants se sont exprimés contre 5.000 en 2015. La démission de la présidente du parti, Emmanuelle Cosse, nommée ministre du Logement dans le gouvernement Valls, a précipité l’implosion du groupe parlementaire à l’Assemblée nationale, six députés réformistes étant partis grossir les rangs du Parti socialiste le 19 mai dernier. C’est la première fois qu’une telle disparition se produit dans l’histoire de la Ve République. EELV est aussi affaibli par la plainte pour agressions et harcèlement sexuel qu’ont déposé plusieurs femmes contre l’ex-député Denis Baupin, dont la porte-parole du parti Sandrine Rousseau.

Les regards se tournent donc aujourd’hui vers Nicolas Hulot que plusieurs Verts aimeraient désigner candidat à l’élection présidentielle de 2017. En 2011, il avait perdu la primaire des écologistes face à Eva Joly et voté pour Jean-Luc Mélenchon. Plusieurs fois proposé au ministère de l’Écologie sous des gouvernements de gauche comme de droite, il a été recruté par François Hollande comme envoyé spécial pour la protection de la planète lors de la COP21.

La situation est bien différente à l’étranger : l’élection d’Alexander Van der Bellen en Autriche, le 22 mai dernier, a donné à l’Europe un deuxième chef d’Etat écologiste après Raimonds Vejonis, président vert de la Lettonie depuis 2015. En Allemagne aussi, dans le Land de Bade-Wurtembertg, l’écologiste Winfried Kretschmann a été réélu chef du gouvernement après les élections parlementaires régionales en mars. En Europe, l’histoire de l’écologie a une quarantaine d’années : le premier parti écologiste au niveau national est apparu en Grande Bretagne en 1973. Dénommé au départ « People », il devient en 1985 le « Green Party » actuel. Sa création a été directement inspirée par le rapport du Club de Rome en 1972, intitulé « Les Limites de la croissance ». Malgré une installation progressive des partis écologistes en Europe et des scores stables, leur position dans les gouvernements est précaire du fait de la nécessité de trouver des partenaires pour former des coalitions avec les grands partis sociaux-démocrates ou conservateurs, ce qui restreint leur capacité d’action et les oblige à sacrifier certaines revendications.

LA CRISE POLITIQUE, ÉCONOMIQUE ET SOCIALE AU VENEZUELA

Depuis plusieurs mois, le Venezuela traverse une crise qui s’est accentuée ces derniers jours et le pays est au bord de l’implosion.

Jeudi, une réunion devait se tenir entre les représentants de la Table de l’Unité démocratique (MUD), la coalition d’opposition majoritaire au parlement depuis décembre dernier, et le Conseil national électoral (CNE), en vue de valider 200.000 des 1,8 millions signatures recueillies et présentées par les anti-chavistes en faveur d’un référendum pour révoquer l’actuel président Nicolas Maduro. Cette réunion a été annulée par les autorités.

Déjà atteinte par la crise pétrolière de 2014, l’économie vénézuélienne, dont 96% des revenus sont tirés de l’or noir, s’est effondrée avec la récente chute des cours. Selon le FMI, ces revenus sont passés de 80 milliards en 2013 à 25 milliards en 2015. En réaction, la banque centrale a créé de la monnaie et l’inflation, déjà à 180% en 2015, pourrait atteindre 700% cette année.

Nationalisé depuis 2007, le secteur électrique du Venezuela n’a plus les infrastructures nécessaires pour assurer la production nationale. De nombreuses organisations dénoncent le manque d’investissements et d’entretien de l’Etat dans ce secteur tandis que Nicolas Maduro parle de son côté de « tragédie environnementale ». Pour économiser l’électricité, le gouvernement a ordonné aux fonctionnaires de ne plus travailler que deux jours par semaine, un changement de fuseau horaire de 30 minutes a été décidé et l’électricité est coupée quatre heures par jour pendant quarante jours dans les dix Etats les plus peuplés.

Dans un contexte où le pays doit tout importer, le Venezuela subit depuis des mois de graves pénuries des biens de première nécessité qui sont aussi chers que rares, et qui s’accompagnent de pillages de commerce et de lynchages. En avril, un sondage du Miami Herald rapportait que seulement 54% des personnes interrogées mangeaient trois repas par jour. A cela s’ajoute une crise sanitaire provoquée par le manque de médicaments et un matériel sans arrêt en panne à laquelle le gouvernement ne peut pallier.

Mi mai, des milliers de personnes ont manifesté dans tout le pays répondant à l’appel de l’opposition pour réclamer un referendum révocatoire. Parallèlement, le président Maduro a décrété l’état d’exception, attribuant ainsi des pouvoirs spéciaux aux militaires, pouvoirs qu’il menace de renforcer pour faire face aux nouvelles manifestations. L’Observatoire vénézuélien de la conflictualité sociale (OVCS) a décompté en moyenne dix-huit manifestations par jour au cours des quatre premiers mois de l’année.

Le référendum révocatoire n’a été utilisé qu’une fois dans l’histoire du pays, contre l’ancien président Hugo Chavez, et a échoué. Aujourd’hui, sept vénézuéliens sur dix sont en faveur du départ de Maduro.

Brèves

Philippe MEYER : Topaz, d’Hakan GÜNDAY (Galaade, octobre 2015)

Jean-Louis BOURLANGES : Christian Dior, l’élégance du paradis perdu, documentaire de Dominique ADT (HDPM, diffusion mai 2016).

Notre Chanel, de Jean LEBRUN (Bleu Autour, avril 2014)

François BUJON DE L’ESTANG revient sur la visite historique du président Obama à Hiroshima.

Thierry PECH : Le Monde en feu, d’Amy CHUA (Seuil, septembre 2007)

Michaela WIEGEL : Verdun 1916, d’Antoine PROST et Gerd KRUMEICH (Tallandier, novembre 2015)

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