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Le cycle des matières premières avec Philippe Chalmin

59 min
À retrouver dans l'émission

Le cycle des matières premières avec Philippe Chalmin

Philippe Chalmin, vous êtes agrégé d’histoire et professeur d’histoire économique à l’Université Paris-Dauphine, où vous dirigez le Master Affaires Internationales. Vous êtes également membre du Conseil d’Analyse Economique auprès du premier ministre, et président fondateur de Cyclope, principal institut de recherches européen sur les marchés des matières premières. Depuis 1986, Cyclope publie chaque année un rapport faisant autorité sur la question. Vous êtes par ailleurs l’auteur de près d’une quarantaine d’ouvrages, dont « Crises 1929, 1974, 2008 Histoire et espérances », publié en 2013.

Avec vous, nous allons nous interroger sur la spécificité du marché actuel des matières premières.

La décennie 2000 a été marquée par une hausse soutenue et continue du prix des matières premières, à tel point que les analystes financiers ont qualifié cette période de super-cycle des matières premières . L’année 2014 paraît avoir marqué le coup d’arrêt de cette période de prix élevés. Emporté par la chute du baril de pétrole, passé de 112 dollars en juin 2014 à moins de 60 dollars en décembre, l’indice de prix général des matières premières a baissé de 7,35% au cours de l’année. Une convergence de facteurs a conduit au contre-choc pétrolier des derniers mois, et laisse présager une stabilisation des prix à leur niveau actuel. Une offre abondante irrigue le marché depuis que les Etats-Unis ont augmenté leur production très concurrentielle de pétrole de schiste. Confronté à une alternative entre diminution de leur production ou maintien de prix bas, les pays membres de l’OPEP, l’Organisation des Pays Exportateurs de Pétrole, ont pris la décision le 5 juin dernier de maintenir leur plafond de production à 30 millions de barils par jour. Les tensions géopolitiques liées à une reprise de dialogue entre l’Iran chiite et les Etats-Unis ont également contribué à accroître l’indécision et la volatilité du marché pétrolier.

Les matières premières non pétrolières ne sont pas épargnées par la chute des cours. Pendant le « super-cycle », les prix très élevés des denrées alimentaires ont incité les producteurs à augmenter les surfaces cultivables. Les conditions climatiques favorables des dernières années ont ainsi créé une situation de surproduction pour une majorité de produits. En un an, les cours du blé ou de l’huile ont baissé de près de 20%, ceux de l’orge et du caoutchouc ont perdu plus de 30%. Si tous ces cours s’effondrent, la volatilité des marchés se constate aussi à la hausse lorsqu’une production subit des aléas climatiques ciblés. A l’inverse de la plupart des produits, le café ou le cacao ont vu leur valeur s’envoler de près de 30% du fait des sécheresses touchant les régions productrices.

A ces facteurs économiques et climatiques s’ajoute le ralentissement de l’économie mondiale, et de la Chine en particulier. La perte de 3 points de croissance de la part de l’empire du milieu entre 2010 et 2013 est souvent citée comme l’une des causes majeures de la baisse de la demande en matières premières.

Cette nouvelle conjoncture s’avère critique pour les Etats monoexportateurs, comme le Venezuela ou l’Angola. Plusieurs Etats riches en ressources naturelles se trouvent en effet confrontés à une diminution massive de leurs exportations, ainsi qu’à une révision de leurs budgets.

Philippe Chalmin, en analysant tous ces phénomènes et leurs conséquences probables sur l’économie, vous avez décidé d’intituler le 29ème rapport Cyclope paru en mai dernier « pour qui sonne le glas ? ». Vous faites ainsi référence au poète anglais du XVIIème siècle John Donne qui écrivait « n’envoie jamais demander pour qui sonne le glas ; il sonne pour toi. », citation qui à votre avis illustre la situation du monde en cette première partie de l’année 2015.

Selon vous, Philippe Chalmin, cette baisse généralisée des cours des matières premières est-elle durable, ou n’est-elle qu’un effet du contexte géopolitique particulier de la période actuelle ? Quelle conséquence la volatilité des cours a-t-elle sur les Etats exportateurs et importateurs ? Les fonds de couverture financiers profitent-ils de cette situation, ou jouent-ils au contraire le rôle d’assureurs efficaces ? Globalement, les Etats monoexportateurs exposés au syndrome hollandais ont-ils entamé un processus de diversification de leurs revenus ? Combien de temps nous reste-t-il avant que le baril de pétrole n’atteigne les 200$ ? Dans quelle mesure la baisse des cours des énergies fossiles entrave-t-elle la transition énergétique ?

Invités

Philippe CHALMIN , professeur à l’Université Paris-Dauphine et président-fondateur de Cyclope

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

François BUJON DE L’ESTANG, ambassadeur de France

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Intervenants
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