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Le paysage politique français - l'accord sur le nucléaire iranien

59 min
À retrouver dans l'émission

Le paysage politique français

Les 22 et 29 mars les représentants aux conseils départementaux ont été élus. Selon le ministère de l'Intérieur, les binômes paritaires affiliés à l'UMP ou à ses alliés ont recueilli 29,4% des voix au premier tour, contre 25,2% pour le Front National. Le Parti Socialiste et ses alliés se placent en troisième position, récoltant 21,8% des suffrages. Les conseillers départementaux ont à leur tour élu les présidents de leur collectivité le 2 avril. 67 départements sont désormais présidés par un élu de droite ou de centre droit, contre 41 auparavant. Le Premier ministre Manuel Valls a admis une victoire incontestable de la droite républicaine, qu'il estime être la conséquence d'une gauche trop dispersée . Le chef de l'opposition Nicolas Sarkozy a félicité sa famille politique , estimant que l'alternance est en marche, rien ne l'arrêtera .

L'UMP doit se réunir en Congrès le 30 mai à Paris, où le nouveau nom Les Républicains devrait être soumis au vote des adhérents. L'UMP a par ailleurs voté le 7 avril dernier la charte de ses futures primaires, qui lui permettront de désigner son candidat pour l'élection présidentielle de 2017. Ces dernières, ouvertes aux citoyens affirmant partager les valeurs républicaines de la droite et du centre, se tiendront les 20 et 27 novembre 2016.

62 élus départementaux sur 4 108 se réclament désormais du Front National, qui n'a cependant remporté aucune présidence de département. Marine Le Pen a regretté un mode de scrutin qui ne favorise pas les forces libres et indépendantes . La direction du parti lepéniste a depuis traversé une crise, après des propos tenus par Jean-Marie Le Pen dans sa veine la plus extrémiste réitérés dans un entretien accordé à Rivarol dont sa fille est la cible principale. Le Vice-Président du FN, Florian Philippot,a parlé d’une rupture politique totale et définitive avec Jean Marie Le Pen à qui le bureau politique a retiré son investiture pour les régionales dans la région Provence Alpes Côte d'Azur, désormais acquise à la députée du Vaucluse, Marion Maréchal Le Pen.

En réaction aux résultats décevants de la majorité aux dernières élections, le Premier ministre a confirmé le cap de son gouvernement en insistant sur sa volonté de prendre des initiatives , en particulier à travers la promotion des investissements. Il a annoncé plusieurs mesures techniques destinées à amplifier le mouvement de réforme . Cette décision s'inscrit dans un calendrier interne au parti de la majorité. En effet, les motions qui seront présentées aux militants lors du congrès de Poitiers ont été déposées le 11 avril. Si la maire de Lille Martine Aubry a rejoint la motion majoritaire portée par Jean-Christophe Cambadélis, plusieurs députés socialistes dits frondeurs ont signé celle que défend le député de la Nièvre Christian Paul. En parallèle, les alliances du PS avec les autres partis de gauche semblent devoir évoluer à l'issue de cette consultation électorale. Europe-Ecologie Les Verts, en particulier, se divise sur la position à adopter vis-à-vis de la majorité. D'un côté, Cécile Duflot juge que le logiciel de Valls est périmé , tandis que le sénateur Jean-Vincent Placé souhaite lui une fédération de toutes les sensibilités écologiques , de Robert Hue à Jean-Louis Borloo .

L'accord-cadre sur le nucléaire iranien

Le 2 avril dernier, les négociations commencées le 24 novembre 2013 entre l'Iran et le groupe dit « 5 1 » ont abouti à la signature d'un accord-cadre au sujet des activités nucléaires iraniennes. Ce texte établit les paramètres les plus importants d'un futur accord définitif devant être rédigé avant le 30 juin prochain.

A la demande des 5 puissances du Conseil de sécurité de l'ONU et de l'Allemagne, l'Iran a ainsi accepté de réduire à 6 104 le nombre de centrifugeuses sur son territoire, qui en compte actuellement 19 000. Simultanément, Téhéran s'engage à réduire son stock d'uranium, dont le taux d'enrichissement sera strictement contrôlé. En particulier, le site stratégique de Fordo, profondément enterré et considéré comme quasi-indestructible par une action militaire, ne recevra plus de matière fissile. L'accord stipule également que l'ensemble de l'appareil productif nucléaire iranien sera contrôlé régulièrement par les inspecteurs de l'Agence Internationale à l'Energie Atomique (ou AIEA). Le dernier sujet majeur du texte concerne la contrepartie des engagements iraniens : le calendrier et les modalités de levée des sanctions imposées par l'ONU, l'Europe et les Etats-Unis. Alors que l'Iran souhaite une levée immédiate de l'ensemble des sanctions, les puissances occidentales exigent que cette suspension soit progressive, et n'ait lieu qu'après certification par l'AIEA du respect de ses engagements par la puissance perse.

Des réactions variées ont suivi la signature du texte. Pour le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius, il s'agit d' un accord d'étape, qui comporte des avancées positives, incontestables, mais il reste encore du travail à faire . Outre-Atlantique, les Républicains critiquent l'accord soutenu par John Kerry et Barack Obama, notamment par la voix du futur candidat à la présidentielle Jeb Bush - frère de George Walker et fils de George Herbert - qui regrette des concessions importantes à une nation qui appelle à la mort de l'Amérique et à la destruction d'Israël . Il rejoint sur ce point les inquiétudes de Benyamin Nétanyahou, Premier ministre israélien réélu, qui exige de faire apparaître explicitement dans l'accord la reconnaissance claire et sans ambiguïté par l'Iran du droit à Israël d'exister .

Cet accord intervient dans un contexte régional particulier. Le 28 mars dernier, la Ligue arabe a approuvé la création d'une force de défense pour soutenir l'offensive dirigée contre les milices houthis présentes au Yémen. Malgré leurs différends profonds, Israël et ses voisins sunnites constatent une convergence d'intérêts sur deux de leurs préoccupations majeures : les ambitions nucléaires de l'Iran chiite et l'importance de la mouvance autoproclamée Etat islamique . De cette menace sunnite, Téhéran espère profiter afin de retrouver la place de puissance régionale qu'elle estime mériter, du fait de son histoire millénaire et de sa démographie forte de 75 millions d'habitants.

Invités

Michaela WIEGEL, correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

François BUJON DE L’ESTANG, ambassadeur de France

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Brèves

Jean-Pie LAPIERRE, Le musée chrétien (Seuil, 2014)

Dominique ROUSSEAU, Radicaliser la démocratie, propositions pour une refondation (Seuil, 2015)

Michel WINOCK, François Mitterrand (Gallimard, 2015)

Michaela WIEGEL a mis en garde contre les effets de la future loi de refondation de l'école publique sur les classes européennes et sur l'apprentissage de la langue allemande dans les écoles françaises

François BUJON DE L'ESTANG a évoqué la traversée de l'Atlantique que débute la frégate l'Hermione

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