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Le voyage du pape en Afrique // La politique d'asile de l'Europe après les attentats du 13 novembre

59 min
À retrouver dans l'émission

LE VOYAGE DU PAPE EN AFRIQUE

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François dans un camp de réfugiés à Bangui Crédits : Stefano Rellandini

Le pape François est rentré lundi dernier d’un voyage de six jours en Afrique, le premier sur ce continent. Il s’est déjà rendu trois fois en Amérique et une fois en Asie depuis le début de son pontificat. François a visité successivement le Kenya, l’Ouganda et la Centrafrique, trois théâtres de conflits religieux violents dont les manifestations sont quotidiennes. Le voyage était donc risqué pour le chef de l’Église, à tel point que la diplomatie française, notamment, a tenté d’inciter le Vatican à l’annuler. Dans l’avion qui le menait à Nairobi, le pape a répondu aux journalistes que la seule chose qu’il redoutait en Afrique était « les moustiques » . Un important dispositif de sécurité a malgré tout été déployé, huit mois après l’attentat terroriste contre 142 étudiants chrétiens à l’université de Garissa et cinq jours après l’attaque d’un hôtel à Bamako.

Outre les visites protocolaires, le pape a programmé un nombre important de rencontres avec diverses communautés religieuses. Au Kenya d’abord, il s’est adressé aux représentants des Églises, aux dignitaires de l’islam et des religions animistes pour déplorer, je cite, que « trop souvent des jeunes (soient) rendus extrémistes au nom de la religion pour semer discorde et peur » . François a rappelé que « le dialogue œcuménique et interreligieux n’est pas un luxe, n’est pas optionnel » avant de se rendre dans un bidonville de Nairobi où vivent plus de 100.000 personnes et où il a été accueilli avec ferveur.

En Ouganda, le pape a affirmé que les crises migratoires constituent « un test de notre humanité » . Il a félicité le président Yoweri Museveni pour la manière dont son pays a accueilli les réfugiés de République démocratique du Congo et du Soudan du Sud, estimés aujourd’hui à 500.000 sur le territoire ougandais.

En Centrafrique, où 12.000 militaires de la force des Nations unies et 900 soldats français de l’opération Sangaris tentent d’accompagner la transition politique assurée par Catherine Samba Panza, François a visité la mosquée du dernier quartier musulman de Bangui, en état de siège. Plus tard, dans la cathédrale de la ville, il a ouvert la « porte sainte » qui marque le début de d’une année jubilaire vouée à la miséricorde, ce qu’il fait traditionnellement à la basilique Saint-Pierre à Rome François a déclaré que par cet acte « Bangui devient la capitale spirituelle du monde » . Le 27 décembre prochain se tiendront des élections législatives et présidentielles en Centrafrique.

En pleine COP21, François a en outre appelé les dirigeants réunis au Bourget à trouver un accord, sans quoi la situation du monde deviendrait « catastrophique » . Il a également parlé du préservatif en admettant que cette question confrontait l’Église « à une perplexité ».

LA POLITIQUE D’ASILE DE L’EUROPE APRES LES ATTENTATS DU 13 NOVEMBRE

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Des migrants retenus à la frontière entre la Grèce et la Macédoine Crédits : Ognen Teofilovski
Le fait, désormais avéré, que deux des auteurs des attentats du 13 novembre soient arrivés en France via la « route des Balkans », empruntée par de nombreux réfugiés, a relancé la question de la politique d’asile de l’Europe.

Au lendemain des attaques, et alors que 5.000 migrants continuent d’arriver chaque jour en Grèce, plusieurs Etats européens ont durci leur ligne. La Slovénie, la Croatie, la Serbie et la Macédoine ont commencé à « filtrer » les migrants pour ne plus laisser entrer que les Syriens, les Irakiens et les Afghans. La Suède, l’un des pays ayant jusque là accueilli le plus de demandeurs d’asile en proportion de sa population, a annoncé que sa législation serait désormais « adaptée au niveau minimal de l’Union européenne »

Le lendemain, Manuel Valls a déclaré dans un entretien accordé au quotidien allemand Süddeutsche Zeitung : « L’Europe ne peut plus accueillir autant de migrants, ce n’est pas possible . » Le président de la République François Hollande, qui recevait la chancelière allemande Angela Merkel à l’Elysée le soir même, a appelé de ses vœux la mise en œuvre « d’une politique qui puisse être effective pour le contrôle de nos frontières extérieures ».

Angela Merkel était venue apporter son soutien au chef d’Etat français, mais également lui demander de l’aide pour l’accueil des réfugiés. Le plan de relocalisation de 160.000 migrants actuellement en Allemagne dans les vingt-huit Etats de l’UE selon des quotas, réclamé par Berlin et décidé en septembre, n’a en effet pas été exécuté, et semble plus que jamais compromis alors que la Slovaquie a demandé mercredi son annulation devant la Cour de justice de l’Union européenne.

Le sommet entre l’UE et Ankara qui s’est tenu dimanche dernier à Bruxelles a permis d’esquisser une solution impliquant la Turquie, un Etat clé, tant dans la lutte contre Daech que dans la gestion de la crise migratoire. A l’issue de la rencontre, le Premier ministre turc Ahmet Davutoglu s’est engagé à améliorer la surveillance des frontières terrestres et maritimes de son pays avec la Grèce et la Bulgarie pour empêcher « les migrants qui n'ont pas besoin d'une protection internationale » de pénétrer en Europe, et à accepter le retour sur son territoire des migrants économiques entrés illégalement dans l’UE.

En contrepartie, les Vingt-Huit ont consenti au versement d’une « première enveloppe » d’aide financière de trois milliards d'euros à la Turquie pour l'accueil des réfugiés syriens, à un assouplissement de l’octroi des visas européens aux Turcs avant octobre 2016 ainsi qu’à la réouverture du dossier d’adhésion turque à l’UE. Les engagements restent toutefois très généraux : le calendrier n’est pas détaillé et la provenance des 3 milliards d’euros d’aide n’est pas encore fixée. Les négociations devraient se poursuivre au cours des prochaines semaines pour préciser ces éléments.

Brèves

Philippe MEYER : Le Dossier Rebatat , Lucien REBATET (Bouquins, 2015)

Sylvie KAUFFMANN : Meursault, contre-enquête , Kamel DAOUD (Actes Sud, 2014)

François BUJON DE L'ESTANG : l'exposition Partages consacrée à Bruno BARBEY à la Maison européenne de la photographie.

Thierry PECH : la mise en scène du roman de Mailys DE KERANGAL, Réparer les vivants , au théâtre de Sartrouville par Sylvain MAURICE.

Jean-Louis BOURLANGES : La Guerre de sept ans , Edmond DZIEMBOWSKI (Ministère de la Défense/ éditions Perrin, 2015)

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