LE DIRECT

Les propositions de François Fillon dans son livre // Le statu quo de la Fed sur ses taux directeurs

59 min
À retrouver dans l'émission

LES PROPOSITIONS DE FRANCOIS FILLON DANS FAIRE
<source type="image/webp" srcset="/img/_default.png"data-dejavu-srcset="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/09/c87e1130-639d-11e5-ab7b-005056a87c89/838_francois_fillon_3.webp"class="dejavu"><img src="/img/_default.png" alt="François Fillon" class="dejavu " data-dejavu-src="https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2015/09/c87e1130-639d-11e5-ab7b-005056a87c89/838_francois_fillon_3.jpg" width="838" height="558"/>
François Fillon Crédits : DR

                                                                                                            <em itemprop="copyrightHolder">Radio France</em></span></figcaption></figure> 

Au sein d’une droite dont les divisions se sont de nouveau manifestées à un peu plus d’un an des primaires du parti Les Républicains, et après la publication d'un livre d’Alain Juppé sur l’éducation, Mes Chemins pour l'école , François Fillon a fait paraître cette semaine un ouvrage de propositions politiques. Bien que largement distancé dans les sondages face à Nicolas Sarkozy et Alain Juppé, François Fillon, qui a vendu 30.000 exemplaires de l'ouvrage en cinq jours, croit en l’exemple de François Hollande qui a gagné les primaires du Parti socialiste alors qu’il partait avec 3% d’intentions de vote. Comme lui, François Hollande avait été l’un des premiers candidats à développer un programme complet.

François Fillon est rompu à l’exercice : c’est lui qui avait en partie rédigé le programme de Jacques Chirac en 2002 et celui de Nicolas Sarkozy en 2007. Dans ce livre, il met en avant la notion de Liberté en fustigeant un État trop présent dans la vie des Français « qui, je cite, ne parviennent plus à supporter le poids d’un secteur public hypertrophié » . Il propose de réaliser 110 milliards d'euros d'économies entre 2017 et 2022 pour lancer un « processus de désendettement » . Dans le domaine de l'emploi, François Fillon réclame l’abrogation des 35 heures au profit d'un temps de travail qui sera désormais négocié au sein des entreprises avec un plafond de 48 heures hebdomadaires. L’assurance chômage passerait de 90 à 75% et les chômeurs suivraient une formation professionnelle obligatoire.

François Fillon propose d'autre part de garantir l'équilibre des comptes sociaux. Les retraites par exemple, qui représentent près de 14% du PIB, seraient financées par un départ à 65 ans comme dans la majeure partie des pays européens. Pour relancer la compétitivité de l'économie, François Fillon préconise la réduction du coût du travail avec la mise en place d'un dispositif unique d'allégement des cotisations sociales employeur, une mesure qui coûterait 50 milliards d'euros financés notamment par une augmentation de 3,5% des taux supérieurs de la TVA. En outre, François Fillon supprimerait l’impôt sur la fortune qu’il qualifie d’impôt « anti-investissement » car il ferait fuir les capitaux vers d’autres pays européens et vers les Etats-Unis.

Par ailleurs, le candidat à la primaire des Républicains veut faire « sauter le tabou des statistiques ethniques » car il estime que leur création permettrait un meilleur accueil des réfugiés et des migrants. Sur le plan de la politique étrangère, il prône le rétablissement du dialogue avec Vladimir Poutine mais aussi avec Bachar el-Assad pour sortir selon lui du conflit syrien. Enfin il s'engage à être prudent sur les sujets de société dans ce livre qui lui permet de sortir quelque peu de sa réserve traditionnelle en s'exprimant sur des sujets plus personnels comme sa foi catholique, à laquelle il consacre un chapitre.

LE STATU QUO DE LA FED SUR SES TAUX DIRECTEURS
Jeudi 17 septembre, à l’issue de deux jours de réunion de son comité de politique monétaire, la Banque centrale des Etats-Unis (Fed) a annoncé qu’elle maintenait ses taux directeurs inchangés, proches de zéro. Cette décision intervient alors que les marchés envisagent depuis plusieurs mois une normalisation des taux, jugeant bonne la santé de l’économie américaine. Le taux de chômage, à 5,1%, place quasiment le pays en situation plein-emploi et la croissance excède les prévisions, avec une progression du PIB de 3,7% au deuxième trimestre en rythme annualisé.

Le choix de reporter à plus tard le relèvement des taux s’explique par plusieurs considérations. D’une part, toutes les statistiques ne sont pas aussi encourageantes : l’inflation demeure étonnamment faible – très en deçà de l’objectif de 2% fixé par la Fed. Par ailleurs, notamment en raison du grand nombre de personnes ayant pris leur retraite, le taux de participation à la vie active est au plus bas depuis trente ans, laissant planer un doute sur la réalité de la reprise de l’emploi. D’autre part, l’économie américaine est fragilisée par une conjoncture mondiale instable, notamment du fait du ralentissement chinois, dont l’impact exact outre-Atlantique demeure incertain.

Enfin, un relèvement des taux aurait pu avoir des conséquences néfastes sur les pays émergents, entraînant une fuite de leurs capitaux vers des régions moins risquées. Bien que le mandat de la Fed se limite en principe à l’économie américaine, ces derniers risques ont été invoqués par l’économiste Larry Summers ainsi que par le FMI et la Banque mondiale pour presser Janet Yellen, qui dirige la Fed, d’attendre avant d’agir.

La décision de s’en tenir au statu quo ne va toutefois pas sans dangers. Premièrement, le maintien d’une liquidité abondante et bon marché accroît le risque de voir se former des bulles spéculatives aux effets potentiellement ravageurs. Deuxièmement, si le contexte américain, aujourd’hui favorable, venait à se dégrader, la Réserve fédérale manquerait de marge de manœuvre pour agir en faveur d’une relance. Enfin, la décision de maintenir des taux bas semble indiquer que la Fed considère que l’économie américaine ne va pas aussi bien qu’il y paraît, ce qui constitue un signal négatif pour les investisseurs. De fait, la majorité des places boursières ont reculé, suite à l’annonce du statu quo .

La décision de la Fed menace par ailleurs de tirer vers le bas le cours du dollar par rapport aux autres devises, notamment par rapport à l’euro. La BCE, qui cherche à maintenir un euro bas pour favoriser les exportations européennes et freiner les tensions déflationnistes, devra par conséquent poursuivre voire renforcer les efforts entrepris depuis plusieurs mois, par exemple en augmentant la taille de son programme de rachat d’obligations souveraines et de titres privés.

Brèves

Sylvie KAUFFMANN : Economix , Michael Goodwin (Les Arènes éditions, 2014)

François BUJON DE L'ESTANG : La Nouvelle Turquie d'Erdogan , Ahmet Insel (La Découverte, 2015)

Thierry PECH : Le Sens de la République , Patrick Weil (Grasset, 2015)

Jean-Louis BOURLANGES : Dictionnaire de l'historien , Claude Gauvard et Jean-François Sirinelli (PUF, 2015)

Philippe MEYER : Un Temps de président, documentaire d'Yves Jeuland diffusé lundi 28 sur France 3

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......