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Les sociétés multinationales en France aujourd'hui avec Denis Kessler

59 min
À retrouver dans l'émission

Les sociétés multinationales en France aujourd'hui avec Denis Kessler

Denis Kessler, vous êtes professeur d’économie et chef d’entreprise, praticien autant que théoricien. Diplômé d’HEC, agrégé de sciences sociales et de sciences économiques, vous avez enseigné à l’EHESS avant de rejoindre le secteur de l’assurance en devenant directeur-général d’AXA. Vous avez été le N° 2 du Medef et, depuis 2002, vous êtes Président directeur-général du groupe de réassurance SCOR que vous avez hissé au 5ème rang mondial.. Vous avez reçu l’an dernier le prix du Stratège de l’année 2014.

Avec vous, nous allons nous interroger sur la spécificité des entreprises multinationales, souvent devenues dans la rhétorique politique le symbole de l’impossibilité d’agir sur les réalités économiques, sur la pertinence de la notion de patriotisme économique, ainsi que sur la question d’une éventuelle stagnation durable.

Selon les chiffres les plus récents de l’INSEE, 6,8 millions de salariés travaillent en France au sein d’un grand groupe transnational. Sans tenir compte des secteurs agricoles, financiers et assurantiels, 2 600 compagnies françaises méritent le qualificatif de « multinationales ». Si nos partenaires européens, au premier rang desquels les Allemandsallemands, ont un réseau dense d’entreprises multinationales de taille intermédiaire, le développement à l’étranger des firmes françaises est principalement le fait des grandes compagnies. 85% du chiffre d’affaires dégagé par les 35 400 filiales étrangères d’entreprises françaises sont le fait de seulement 150 grands groupes.

L’environnement économique français présente une seconde caractéristique, qui est la place importante occupée par ses acteurs publics. Pour rétablir la capacité d’intervention de l’Etat dans l’économie, la France a imaginé un certain nombre de moyens, jusqu’aux plus radicaux, comme les nationalisations des années 1980. Plus récemment, avec la Loi Florange votée en mars 2014, l’Etat a mis en place un système de droits de vote doubles destiné à privilégier les actionnaires de long terme – et d’abord l’Etat. Ce mécanisme décourage la possession de capital français par les fonds de pension, à l’égard desquels les gouvernements successifs n’ont jamais caché leur hostilité. Avec cette mesure, le ministre de l’Economie Emmanuel Macron assume au nom de l’Etat « accepter que l’économie de marché est un rapport de forces sur lequel nous avons les moyens de peser ».

Un tel rapport de force international pose la question du « patriotisme économique ». Dans un éditorial signé en 2010 pour le journal Challenges , vous observez, Denis Kessler, que « la crainte de l’entreprise étrangère est similaire, pour les personnes morales, à la crainte de l’étranger pour les personnes physiques ». Le rachat par l’américain General Electrics de la branche énergie d’Alstom, ou la vente d’Alcatel-Lucent au finlandais Nokia ont récemment provoqué de vifs débats chez les responsables politiques et économiques.

Les multinationales font également face à une évolution de facteurs structurels plus généraux. L’entrée dans une phase que les économistes américains Larry Summers et Paul Krugman appellent de stagnation séculaire , marquée par une croissance quasi-nulle, oblige à repenser les modèles fondés sur des hypothèses de croissance positives.

Selon vous, Denis Kessler, les multinationales sont-elles au service de leurs actionnaires, de leurs pays d’origine, de leurs salariés, ou de l’ensemble des parties prenantes ? Comment l’Etat peut-il aujourd’hui créer les conditions optimales du développement des entreprises ? Comment garantir un taux de chômage faible dans un monde de croissance structurellement nulle ? Les multinationales françaises sont-elles bien armées pour tirer profit des évolutions techniques de ce début de XXIème siècle ? Depuis votre prise de fonction en 2002, quelles évolutions managériales et économiques majeures avez-vous observées ?

Invités

Denis KESSLER , président directeur général de la SCOR

Jean-Louis BOURLANGES, professeur à l’Institut d’études politiques de Paris

Eric LE BOUCHER, éditorialiste des Echos et co-fondateur du site Slate.fr

Thierry PECH, directeur général de la fondation Terra Nova

Intervenants
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