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Premier état des lieux avant les élections régionales en France // Attentats en Turquie, tenants et aboutissants

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PREMIER ÉTAT DES LIEUX AVANT LES ÉLECTIONS RÉGIONALES EN FRANCE
Les 6 et 13 décembre prochains, les Français éliront leurs conseillers régionaux. Le vote concernera les treize régions métropolitaines résultant du redécoupage prévu par la loi du 16 janvier 2015 et, outre-mer, la Guadeloupe et la Réunion. Le mode de scrutin sera la proportionnelle à deux tours avec prime majoritaire de 25 % des sièges pour la liste obtenant la majorité absolue au premier tour ou la majorité relative au second tour.

L’enjeu de ces élections est d’autant plus important que les compétences des régions ont été élargies par la loi portant nouvelle organisation territoriale de la République (dite loi NOTRe), promulguée en août. En outre, ce scrutin sera le dernier avant les prochaines élections présidentielles les résultats constitueront donc un indicateur important pour les différents partis.

La campagne a débuté avant l’été mais s’est intensifiée ces dernières semaines, toutes les têtes de liste du Parti socialiste (PS), des Républicains (LR) et du Front national (FN) étant officiellement désignées depuis la confirmation, avant-hier, de la candidature de Jean-Yves Le Drian en Bretagne.

La gauche semble en difficulté pour deux raisons. D’une part, la dégradation de la cote de l’exécutif socialiste laisse présager un « vote sanction » : d’après un sondage TNS-Sofres réalisé en septembre, « 49 % des Français déclarent « vouloir exprimer (leur) désapprobation à l'égard du gouvernement actuel et de François Hollande » à travers le scrutin de décembre. D’autre part, la gauche est en proie à de fortes divisions. Le parti Europe Ecologie Les Verts (EELV), allié du Parti socialiste lors des élections régionales de 2010, a annoncé qu’il présenterait cette année des listes autonomes ou communes avec le Front de gauche. Le premier secrétaire du PS Jean-Christophe Cambadélis a réagi en organisant un référendum posant aux sympathisants de gauche la question : « Face à la droite et à l’extrême-droite, souhaitez-vous l’unité de la gauche et des écologistes aux élections régionales ? ». L’impact de ce vote, qui aura lieu jusqu’à ce soir, demeure toutefois incertain.

Face à une gauche divisée, la droite présente un front plus uni, un accord national ayant été conclu entre les Républicains et l’Union des démocrates indépendants (UDI). Les sondages prévoient que le bloc de droite remportera la majorité des régions, poursuivant ce que Pascal Perrineau appelle une « reconquête par le bas », sur la lancée des précédentes élections locales et intermédiaires. Cette « reconquête » des territoires par la droite est cependant en partie menacée par les bons scores que les enquêtes prédisent au Front national. D’après les sondages, le FN pourrait en effet prendre pour la première fois le contrôle d’exécutifs régionaux. Le Nord-Pas-de-Calais-Picardie et la Provence-Alpes-Côte d'Azur, où Marine Le Pen et Marion Maréchal-Le Pen sont respectivement têtes de listes, sont particulièrement convoitées par le parti d’extrême-droite.

A deux mois des scrutins, l’incertitude quant aux résultats finaux demeure toutefois élevée. La question de savoir si les blocs de gauche et de droite s’uniront en un « front républicain » pour bloquer le FN, n’est toujours pas réglée. Le niveau de participation électorale sera également déterminant, et s’annonce particulièrement faible : selon un sondage OpinionWay-Metronews-LCI, le taux d'abstention au premier tour pourrait s'élever à 55%.

LES ATTENTATS EN TURQUIE : TENANTS ET ABOUTISSANTS
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Angela Merket et Recep Tayyip Erdogan Crédits : DR

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Dix personnes ont été arrêtées jeudi dernier après l’attentat suicide qui a tué 99 personnes et en a blessé plus de 500 le samedi 10 octobre à Ankara. Deux bombes ont été déclenchées lors d’un rassemblement pour la paix organisé par HDP, le Parti démocratique des peuples, opposé à l’AKP de Recep Tayyip Erdogan, le Parti pour la justice et le développement au pouvoir. Le Premier ministre Ahmet Davutoglu a accusé les djihadistes de l’État Islamique, mais aussi les membres du PKK, le Parti des travailleurs du Kurdistan, qui ont repris le combat armé contre les forces de sécurité turques depuis la fin juillet dans le sud-est du pays. Plusieurs experts soulignent toutefois les similitudes avec l’attentat du 20 juillet dernier à Suruç, perpétré par l’État Islamique, et qui avait tué 35 personnes dans une manifestation de la gauche et des Kurdes. Par ailleurs, le PKK a immédiatement annoncé la suspension de ses activités pour garantir la tenue des élections du 1er novembre prochain.

Cet attentat est survenu en pleine campagne électorale, trois semaines avant les élections législatives. Recep Erdogan avait perdu la majorité absolue au Parlement lors du scrutin du 7 juin dernier et n’était pas parvenu à former de coalition gouvernementale. Dès l’après-midi du 10 octobre, après l’attentat, plusieurs milliers de manifestants tentaient de se diriger vers la place Taksim, accusant le gouvernement de n’avoir pas suffisamment protégé le rassemblement de l’HDP. Les deux terroristes pourraient en outre faire partie de la liste des 21 kamikazes identifiés par la Turquie. Le président turc a du reconnaître des « défaillances » dans la sécurité. D’après les derniers sondages, publiés avant les attentats, Erdogan ne parviendrait pas à recomposer sa majorité absolue, ne recueillant que 41% des voix.

Jeudi dernier, les leaders européens se sont réunis à Bruxelles autour de la question des migrants. Ils ont exhorté la Turquie à créer des centres d’accueil pour une meilleure gestion des flux migratoires en provenance de la Syrie. La Commission européenne hésite entre un règlement rapide de la crise des réfugiés et la crainte de biaiser les élections. Car un règlement de la crise implique de céder à plusieurs demandes du président turc et donc de faire monter sa popularité dans l’opinion. La chancelière allemande, Angela Merkel, rencontre aujourd’hui Recep Tayyip Erdogan, 15 jours avant les élections législatives. Elle propose notamment 1 milliard d’euros d’aide supplémentaire et le statut de pays « sûr » à la Turquie. De son côté, la Turquie réclame entre autres de l’Europe qu’elle facilite la délivrance de visas européens aux Turcs, avec, en toile de fond, l’adhésion à l’Union Européenne.

Brèves

Jean-Louis BOURLANGES : Le Climat qui cache la forêt de Guillaume SAINTENY (Rue de l'Échiquier, 2015)

Thierry PECH : l'album de jazz Tokyo adagio de Charlie HADEN et Gonzalo RUBALCABA (Impulse! / Universal, 2015)

François BUJON DE L'ESTANG : De Révolution en République de Mona OZOUF (Gallimard, Quarto, 2015)

Michaela WIEGEL a évoqué l'inauguration du mémorial de Rivesaltes le 21 octobre prochain.

Philippe MEYER a recommandé Vive l'automobilisme , une note publiée par l'Institut Montaigne.

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