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Une emprise idéologique du Front national ? // La Chine et l'Europe

58 min
À retrouver dans l'émission

L'Esprit public en direct du studio 105
L'Esprit public en direct du studio 105 Crédits : Adrien Naselli - Radio France

UNE EMPRISE IDÉOLOGIQUE DU FRONT NATIONAL ?
Crédité de 31% d’intentions de vote pour la présidentielle 2017 d’après un récent sondage du JDD et au coude à coude avec Les Républicains pour les élections régionales, le Front national occupe une place telle que plusieurs intellectuels et même de nombreux médias déplorent le fait que le FN paraisse contrôler l’agenda médiatique.

De fait quand il n’est pas directement question du Front national, de sa présidente ou de son père, nombre de débats aboutissent à des accusations de complicité « objective », comme on disait du temps du parti communiste, avec l’extrême droite et son idéologie. À la rentrée de septembre, une polémique est née autour du philosophe Michel Onfray après la publication d’un entretien au FigaroVox sur la question des migrants. Le directeur de la publication de Libération , Laurent Joffrin, a accusé Michel Onfray d’agiter les théories complotistes en sous-entendant que la photo de l’enfant réfugié mort sur une plage turque pouvait être truquée. Le philosophe a répondu en déplorant une bien-pensance qui aurait pour effet que « nombre de questions sont devenues impossibles à poser » . En outre Michel Onfray stigmatise les médias qui seraient les gardiens de cette bien-pensance et s’adresseraient à une élite : autant de thèmes chers au Front national que Marine Le Pen et son bras droit Florian Philippot opposent fréquemment à leurs contradicteurs. L’an dernier, le député européen frontiste Bruno Gollnish se félicitait de l’élection à l’Académie française d’Alain Finkielkraut, producteur à France Culture, prétendant que le nouvel élu participerait, je cite, « à la légitimation de beaucoup d’analyses portées par le Front national » accusation dont Alain Finkielkraut, a fait régulièrement justice. Par ailleurs, le succès du livre d’Eric Zemmour, Le Suicide français, a causé une vive agitation chez nombre de commentateurs, tout comme l’appel à un « front de libération national » contre l’euro lancé par un économiste naguère soutien du Front de gauche, Jacques Sapir, appel dont Marine Le Pen n’a pas manqué de se féliciter.

Le débat sur la possible diffusion des idées et stratégies frontistes dans l’espace public et sur la « dédiabolisation » du parti par Marine Le Pen s’accompagne d’un désarroi croissant de nombre de ses adversaires devant la capacité du Front national de se présenter comme en dehors d’un système dont il serait la constante victime.

LA CHINE ET L’EUROPE
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Xi Jinping et François Hollande Crédits : Jason Lee

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Le président de la République François Hollande a effectué sa seconde visite d’Etat en Chine, succédant à la chancelière allemande Angela Merkel, présente à Pékin deux jours auparavant, et au roi des Pays-Bas Willem-Alexander, venu rencontrer le président chinois Xi Jinping le 26 octobre. Ce dernier avait lui-même été reçu au Royaume-Unis le 20 octobre par le gouvernement de David Cameron. Ces rencontres ont été l’occasion d’aborder plusieurs enjeux des rapports entre la Chine et les pays européens.

La visite à Londres du président chinois a donné lieu à la signature d’une série d’accords représentant un total de près de 55 milliards d’euros, dont la moitié concerne la construction de centrales nucléaires dans le sud-est de l’Angleterre. Ce renforcement de la coopération sino-britannique était escompté par le chancelier de l’Echiquier George Osborne, qui avait déclaré en septembre lors d’une visite préparatoire en Chine : « Nous voulons être l’économie européenne la plus ouverte aux investissements chinois ».

La France et l’Allemagne ne sont pas en reste. Le voyage à Pékin d’Angela Merkel a permis à Airbus de signer un contrat de commande avec CAS, la société publique chinoise en charge des acquisitions des compagnies aériennes. L’accord porte sur l’achat de cent A320 et de trente A330, pour un total de 16,6 milliards de dollars. Pour la France, en marge de la visite de François Hollande, le président du conseil d’administration d’Areva Philippe Varin a signé un protocole d'accord avec la China National Nuclear Corporation, ouvrant la voie à une prise de participation minoritaire du conglomérat public chinois dans le capital de l’équipementier nucléaire français.

Mais ce sont surtout les enjeux environnementaux qui ont été au cœur de la visite de François Hollande à Pékin. Le président de la République affichait comme objectif principal d’obtenir un engagement de la Chine en vue de la conférence sur le climat qu’accueillera Paris en décembre. A l’issue de la rencontre des chefs d’Etat, les deux pays ont publié une déclaration commune prônant un « accord juridiquement contraignant » et un « mécanisme de révision périodique des engagements nationaux ». Une telle entente avec Pékin était considérée comme particulièrement importante étant donné le poids de la Chine dans le dossier du réchauffement climatique, de par son statut de premier émetteur mondial de gaz à effet de serre et son influence sur le groupe dit « G77 », rassemblant les pays en voie de développement. En 2009, lors de la conférence sur le climat de Copenhague, Pékin avait contribué à empêcher l’adoption d’un accord.

Brèves

Jean-Louis BOURLANGES : le documentaire Apocalypse Staline d'Isabelle CLARKE et Daniel COSTELLE sur France 2.

Thierry PECH : le disque Concierto de Jim HALL

Marc-Olivier PADIS : Le Beau temps de Maryline DESBIOLLES (Seuil, 2015)

Sylvie KAUFFMANN : Le Stage est fini de Françoise FRESSOZ (Albin Michel, 2015)

Philippe MEYER a déploré la décision du directeur de l'Opéra Garnier de supprimer les cloisons qui séparent les loges dans le but de créer de nouvelles places.

Intervenants
  • Député Modem des Hauts de Seine, vice-président de la commission des affaires européennes et ancien député européen, essayiste
  • directeur général de Terra Nova
  • Directrice éditoriale au journal Le Monde. Spécialiste notamment des questions internationales.
  • Directeur des études de la fondation Terra Nova
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