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Spielberg en tueur de dinosaures

3 min
À retrouver dans l'émission

Bonjour. Quelques idées glanées pour vous sur le Net.

J’aime bien Camille Paglia . Cette intellectuelle et universitaire américaine a été définie comme post-féministe , tant son positionnement est ambigu. Un seul de ses livres a été traduit en français, Vamps et tramps, chez Denoël, mais dans les pays anglo-saxons, elle a connu plusieurs best-sellers. Les Français ne l’apprécient guère, car elle s’est montrée une critique féroce de ce qu’on appelle, dans les universités le « post-structuralisme », ou encore la « French theory » - Foucault, Lacan, Derrida, Baudrillard. Elle donne une longue interview au magazine en ligne Reason, où elle remet les pendules à l’heure.

Oui, son homosexualité remonte très loin dans son enfance. Oui, elle a défendu les Stones contre ses amies féministes dans les années 60. On les accusait de phallocratisme pour des chansons comme Under my thumb, elle estimait qu’on ne doit pas juger des œuvres d’art selon des critères idéologiques sous peine de brider la création par une censure préalable. Elle accuse le groupe de Gloria Steinem, leader du mouvement féministe dans les années 60 et 70 d’avoir réduit au silence le type de féminisme qu’elle représentait elle-même et d’avoir inféodé le mouvement des femmes au parti démocrate. Elle estime que Madonna, d’origine italienne comme elle, a eu une importance déterminante dans la culture américaine des années 80, en montrant aux femmes qu’elles pouvaient flirter avec les hommes, les séduire, tout en gardant le contrôle des négociations.

Elle se définit comme une « féministe des opportunités égales » et critique vivement ce qu’elle appelle la « myopie de genre », cette manière de vouloir décrypter tous les aspects de la vie à partir du concept de genre. C’est, dit-elle, devenu une monomanie, qui nous vient des politiques de l’identité des années 70. Mais ce qui était apparu alors comme un anti-conformisme est devenu, entre les mains des aparatchiks universitaires une doxa, d’autant plus aisément gobé par les étudiants qu’ils n’ont plus aucune culture général e. Bref, un réquisitoire réjouissant de la bonne pensée qui règne sur les campus nord-américains, dressé par une pionnière, qui voit trahis et déviés, ses idéaux de jeunesse.

Spielberg
Spielberg Crédits : Spielberg, redoutable chasseur d'animaux préhistoriques - Radio France

On ne vaccine plus ses enfants sur la base d’articles douteux. Et beaucoup de gens mettent en doute la réalité du réchauffement climatique. Les Américains adultes ont une méconnaissance des faits de base invraisemblable, proteste Lee McIntyre, dans un article de Chronicle of Higher Education, intitulé The attack on truth.

Seuls, 59 % des Américains, prétend-il, savent que l’humanité n’existait pas au temps des dinosaures. Ceux qui ne le croient pas peuvent se reporter aux articles rapportant que la fameuse romancière Joyce Carol Oates a twitté, la semaine dernière, sous une photo de tournage du dernier Spielberg : « Ce type se croit cool de tuer des animaux sans défense et il prend un selfie. Abruti. » La photo représente, en effet, Spielberg, entre les pattes d’un animal préhistorique de son dernier film, qui semble mort. Le véritable ennemi du savoir n’est pas l’ignorance , selon le philosophe, c’est la fausse connaissance . Celle qui procède du biais de confirmation et qui nous pousse à chercher la confirmation de ce que nous croyons et non pas la vérité.

Bonne fin de week-end sur France Culture. Juste après les informations, vous retrouverez Olivia Gesbert pour Dimanche et après.

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