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Nasser Al Bahri dans son appartement de Sanaa (nov. 08)

Abu jandal : aux noms du Jihad

54 min
À retrouver dans l'émission

Quand Abu Jandal - « le tueur » - ancien garde du corps de Ben Laden redevient Nasser al Bahri en créant un centre de réflexion dédié au jihadisme.

Nasser Al Bahri dans son appartement de Sanaa (nov. 08)
Nasser Al Bahri dans son appartement de Sanaa (nov. 08) Crédits : François Xavier Trégan - Radio France

Un documentaire de François-Xavier Tregan et Yassine Bouzar

_Première diffusion le 16/02/200_9

La nouvelle est presque passée inaperçue : le 26 décembre 2015, dans un hôpital de Mukalla, sur la côte yéménite est décédé Nasser al Bahri, dont le nom de guerre était pleinement assumé : Abu Jandal, « le tueur ». Très tôt façonné par les jihad en Bosnie, en Somalie, au Tadjikistan, en Afghanistan, al Bahri avait marqué sa préférence aux talibans plutôt qu’à Massoud. C'est à Jalalabad qu'il avait rencontré Oussama Ben Laden dont il deviendra plus tard le garde du corps et confident.

Après une formation de sept mois dans les camps d’entraînement, Abu Jandal s’était vite démarqué, plus assidu aux lectures qu'au maniement des armes à feu. Ben Laden évoluait lui-même au milieu d'une bibliothèque de trois mille ouvrages : de quoi nourrir les discussions, et forger la confiance. Abu Jandal le garde du corps, le chargé des relations publiques, avait intégré le centre névralgique du mouvement.

En fait, Abu Jandal n’était d’aucune des grandes opérations terroristes. Prisonnier à Sanaa depuis l’été 2000, trois agents du FBI avaient tenté de le faire parler après le 11 septembre 2001.Il avait été libéré vingt-et-un mois plus tard, en échange d'une renonciation totale à la violence armée. Il s’était ensuite heurté aux « milieux islamistes » de la capitale en critiquant ceux qui, au Yémen, vendent aux plus démunis et aux plus ignorants le sacrifice en Iraq ou en Afghanistan. Taxé d’ « infidèle », il était cantonné à la sphère étroite d'un appartement situé à quelques pas de l'Ambassade américaine. Sans travail, il pointait tous les mois au poste de police. Il consacrait tout son temps à la création d'un centre de réflexion dédié au jihadisme avec comme but de remettre dans le droit chemin tous les égarés venus du monde musulman et d'Europe, aveuglément embrigadés. Les autorités yéménites soutenaient très discrètement le principe de son centre baptisé « Al Jiâl » (« générations »). L’homme avait eu 1000 occasions de mourir sur un terrain de guerre. Il a achevé son parcours dans un hôpital sur la côte yéménite de la mer d’Arabie.

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