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Un artisan dans les ateliers de la Maison Hermès en octobre 1989 à Paris, France.

La fripe : avenir du luxe ?

2 min

Il n’y a pas que des mauvaises occasions dans la vie… Non, il y a aussi les bonnes occasions, les secondes mains, et notamment dans le domaine du textile, porter ce qui a déjà été porté.

Un artisan dans les ateliers de la Maison Hermès en octobre 1989 à Paris, France.
Un artisan dans les ateliers de la Maison Hermès en octobre 1989 à Paris, France. Crédits : Photo by VAN DER HILST/Gamma-Rapho - Getty

C’est le journal Les Échos qui nous l’apprend aujourd’hui : les Galeries Lafayette et le Printemps lancent dans leurs magasins parisiens du boulevard Haussmann, des espaces dédiés aux vêtements usagés, aux fripes quoi, sauf que maintenant il s’agit de dire « Vintage » Et voilà, en quelques années, l’espace parcouru depuis les Puces jusqu’aux grands magasins. Avant, ce qui était porté, c’est ce qui était moins cher, maintenant c’est parfois ce qui est plus cher : la rencontre d'Emmaüs et de Chanel sur une table de présentation… 

Car dans ce même registre, Artcurial, autrement dit une maison de vente aux enchères, pas la moins chic qui soit, proposera dans quelques jours des objets, vêtements et accessoires, de la maison Hermès, l’occasion de payer des occasions plus chers que le neuf. 

Une vraie révolution, et comme le disait Tocqueville, ces petites révolutions, sont souvent le symptôme d’une grande révolution dans les choses. Alors, bien sur, cela est lié aux préoccupations environnementales – le fait que la mode est une industrie polluante, je n’y reviens pas, tout cela est désormais bien connu. Mais il n’y a pas que cela, loin s’en faut. 

Le fait de vendre – et cher – du Hermès, du Chanel ou du ce que vous voudrez, signe les évolutions de l’aura, pour parler comme le philosophe Walter Benjamin. Pour lui, la grande question était la disparition de l’objet à l’heure de l’industrie mécanisée, celle qui produit en série. En effet, pourquoi prêter une aura à un sac produit potentiellement à des milliers d’exemplaires, alors que, jadis, celui-ci était un exemplaire unique, conçu par un artisan. Eh bien c’était compter sans l’aura de ce qui ne se fabrique plus, les produits de jadis et naguère, ces produits qui appartiennent au passé – leur aura provient du fait qu’ils sont condamnés à la raréfaction, comme s’ils venaient par miracle d’échapper au marché de masse, pour rejoindre le statut d’objet rare. C’est en tout cas une ironie supplémentaire de l’histoire : l’avenir du luxe, personne ne l’avait vu venir, c’est donc la fripe. 

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