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Emmanuel Macron

La raison contre la déraison

2 min

Peut-il y avoir un candidat de la raison à la présidentielle ? C’est par exemple la question que pose en une le journal L’Opinion, « Macron, candidat de la raison ? », un thème qui affleure depuis quelques temps dans les discours de LREM.

Emmanuel Macron
Emmanuel Macron Crédits : SARAH MEYSSONNIER - AFP

Clément Beaune, le secrétaire d’état aux affaires européennes, a expliqué, en substance, que la présidentielle allait se jouer sur un clivage entre ceux qui assument la complexité, la raison, la science et les autres. 

La raison contre la déraison, ce clivage qui ne nous rajeunit pas puisqu’il avait notamment été agité par les partisans d’Édouard Balladur, Alain Minc en tête, l’essayiste parlant alors du « cercle de la raison ». Mais hélas pour la raison, ou pour Balladur, je vous laisserai trancher, c’est le camp de la déraison qui fut choisi par les Français, en l’occurrence, Jacques Chirac. 

C’est toujours cela qui est embêtant avec cet argument, il est toujours tentant de considérer que l’irrationnel est du côté de l’autre, de ceux qui ont tort, tandis que l’on incarne la science et le progrès. Les adversaires, eux, pourraient être tout simplement disqualifiés comme des adorateurs de l’obscurantisme et de la superstition. 

D’ailleurs, cet écueil fait réfléchir y compris dans le camp présidentiel. Pourtant, cela aurait de la gueule une présidentielle entre partisans de la raison, et défenseurs de la déraison, par exemple on pourrait imaginer un grand parti Kantien, lequel s’opposerait aux Nietzschéens : le programme des Kantiens, entre impératif catégorique et « tu dois, donc tu peux », et les Nietzschéens, de l’autre côté, qui appelleraient à aller au-delà du bien et du mal, mais aussi à philosopher à coup de marteaux. 

Une telle campagne serait bien entendu une aubaine pour France Culture, nous sommes le seul média qui dispose d’archives d’Emmanuel Kant et Friedrich Nietzsche, peut-être même le camarade Lebrun les avait-il invité à débattre, et dans ce cas, si la présidentielle opposait vraiment Kant à Nietzsche, « Les chemins de la philosophie » deviendrait la première émission politique de France. 

Reste que des scissions pourraient peut-être intervenir, un putsch des partisans de Derrida parmi les Nietzschéens, une tentative de prise de pouvoir des défenseurs de Karl Popper chez les autres. Quoi qu’il en soit, avec Kant contre Nietzsche, cette présidentielle montrerait enfin que le niveau monte. 

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