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Jean-Paul Belmondo  sur le tournage du film "Le Guignolo" réalisé par Georges Lautner, le 22 octobre 1979.

Avec la disparition de Belmondo, nous perdons tous quelqu’un

1 min

Il y a des acteurs qui récapitulent un pays, et Jean-Paul Belmondo était cela au premier chef. Bebel le magnifique, le mot est décliné de mille manières, parce qu’impossible n’est pas français, et impossible n’était pas Bebel.

Jean-Paul Belmondo  sur le tournage du film "Le Guignolo" réalisé par Georges Lautner, le 22 octobre 1979.
Jean-Paul Belmondo sur le tournage du film "Le Guignolo" réalisé par Georges Lautner, le 22 octobre 1979. Crédits : Daniel SIMON/Gamma-Rapho - Getty

L’homme était français au physique comme au mental : il fascinait parce qu’il réalisait ses cascades lui-même, parce qu’il était élégant en tout. En 1965, le visage peinturluré en bleu pour incarner Ferdinand dans Pierrot le fou de Godard, mais aussi et surtout, élégant et même plus que ça, en chapeau haut de forme cravate et gilet en flanelle, ça c’est pour le haut, et caleçon à pois, ça c’est pour le bas, dans Le Guignolo, en 1980. 

Voilà un personnage qui incarne l’esprit français, et d’abord la parole, les acteurs que les Français aiment sont tous des hâbleurs, des phraseurs, de Luchini à Belmondo, en passant par Jean d’Ormesson. Humain professionnel, poussant au plus haut l’excellence du métier de vivre, faisant de tout son miel, parfaitement doué pour le bonheur, c’est cela aussi que les Français aimaient en lui, car nous sommes une nation parfois encombrée par la plainte. 

Tout cela récapitule les qualités fantastiques du bonhomme, qui faisaient de lui un personnage onirique, acteur comédien ou caractère on ne sait pas, il pouvait jouer tous les rôles, il était toujours Belmondo, un personnage à part entière, un personnage tel qu’en lui-même et c’est pourquoi il était de toutes les vagues, de la nouvelle comme de l’ancienne. 

Mais il y a autre chose, raison pour laquelle aujourd’hui, nous avons perdu quelqu’un, parce qu’il mettait tout le monde d’accord, dans une nation divisée par les divisions, entre le haut et le bas, l’intello et le reste, l’artistique et ce qui ne le mérite pas, Belmondo était de tous les mondes – de celui de Godard comme celui d’Oury, il était à la fois, A bout de souffle et L’as des as, la rencontre de Mallarmé et de Dumas, et pas sur une table de dissection je vous prie. C’était souffrance de le voir diminué depuis tant d’années, revoici Belmondo tel qu’en lui-même immense, magnifique et à jamais vivant. 

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