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Sandrine Rousseau et Yannick Jadot, candidats écologistes.

Nouvelle vie pour le mot « radicalité »

2 min

On le trouve par exemple à la une du journal L’Opinion, au sujet de la primaire écologiste, où se situe la radicalité, ce mot étant utilisé, malaxé, échangé par Yannick Jadot et Sandrine Rousseau.

Sandrine Rousseau et Yannick Jadot, candidats écologistes.
Sandrine Rousseau et Yannick Jadot, candidats écologistes. Crédits : JOEL SAGET - AFP

C'est donc une nouvelle vie pour ce terme, qui, il y a peu, désignait les radicalisés ─ « radicalisé » signifiant que l’on était un sociopathe, un danger pour la société. Et aujourd’hui, les radicalisés sont à l’intérieur de la scène politique, et c’est à qui sera le plus radicalisé : Rousseau et Jadot se réclamaient chacun de la radicalité dans leurs interviews hier sur France Inter, parce que si l’on n’est pas radical, on ne peut pas, expliquaient-ils en substance, combattre le réchauffement climatique. Sandrine Rousseau assumait la radicalité de ses positions à hauteur des enjeux actuels, tandis que Yannick Jadot rappelait qu’il n’avait cessé d’être radical avec les OGM, la pèche électrique et d’autres thèmes essentiels. 

Une manière de réactiver les raisonnements de Jean-François Revel, polémiste du siècle dernier, qui était passé de gauche à droite et serait bien étonné de se voir enrôlé pour éclairer la primaire écologiste. Revel expliquait qu’une critique constructive se devait d’être radicale, puisqu’elle évitait de reproduire les erreurs dénoncées. 

La radicalité est donc devenue enviable chez les écologistes et il y a fort à parier qu’elle le soit aussi à droite, je veux dire à droite de la droite, entre Marine Le Pen et Eric Zemmour, si d’aventure ce dernier se révélait être candidat à la présidentielle. Mais avant que cela ne devienne officiel, il a déjà commencé à expliquer que Marine Le Pen était pusillanime, et s’était normalisée – la normalisation étant l’envers péjoratif de la radicalité ─ ce qui représente une vraie révolution au sens planétaire du terme, puisque je crois me souvenir qu’un homme fut élu avec la promesse qu’il serait un président normal. Reste à entendre les candidats, mais j’ai déjà lu qu’Emmanuel Macron incarnait l’extrême centre, autant dire un centre radicalisé.

Tout ceci marque une nouvelle tendance du politique : la valorisation du tranchant au détriment du compromis. On ne sait pas sur quoi cela débouchera, mais c’est en tout cas radicalement nouveau. 

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