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Un homme regardant la plaque mémorielle en hommage aux victimes de l'attentat du Bataclan (3 septembre 2021)

Chaque jour ces récits obsédants du soir du 13 novembre

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Dans les médias figurent chaque jour les récits glaçants de la nuit du 13 novembre 2015.

Un homme regardant la plaque mémorielle en hommage aux victimes de l'attentat du Bataclan (3 septembre 2021)
Un homme regardant la plaque mémorielle en hommage aux victimes de l'attentat du Bataclan (3 septembre 2021) Crédits : Thomas Coex - AFP

Parmi les récits, celui de Sylvie qui était au petit Cambodge, de Nathalie qui s’est caché dans un faux plafond au Bataclan ou bien encore de Guillaume qui a été utilisé comme otage par l’un des terroristes sur la scène du Bataclan. Chaque jour ces récits nous aspirent, c’est le triangle noir comme l’appelait Malraux, l’appel de l’horreur, du vertige, de l’abomination - des mots qui vous glacent d’effroi et vous font monter les larmes comme les dernières lettres des condamnés à mort, comme la caverne du dragon ou les poilus ont attendu la mort. 

Pire encore, puisque le Chemin des dames est loin, mais le Bataclan est tout prêt ; on aurait pu être cette femme, cet homme qui prenait un verre avec un joli garçon, une jolie fille un soir de 13 novembre, ce vendredi-là il faisait si doux, un moment si fragile, enchanté même, jusqu’à ce que tout bascule.

C’est pourquoi ces récits sont hypnotiques - bien pires que Squid Game ou bien Salo ou les 120 journées de Sodome, parce que ces récits gothiques, hélas, sont vrais. Ils sont d’aujourd’hui et peut-être, pire encore, de demain, puisque, personne ne peut dire à leur sujet, comme en 1918, “plus jamais ça”… ce qui nous étreint lorsqu'on referme le journal, c’est une réflexion bien peu journalistique. 

Le journalisme, consiste à tout dire - "mon royaume est tout entier de ce monde" comme disait l’autre - et pourtant, lorsque nous sommes confrontés à ces terribles récits, nous nous demandons s’il n'eût pas été préférable de les taire. Pas au tribunal bien sûr où ces récits sont nécessaires, pas pour l’histoire et les historiens à qui ces témoignages sont précieux, mais pour nos yeux et nos oreilles à nous, comme on masque les yeux d’un enfant pour qu’il ne découvre pas l’horreur du monde. 

Les terroristes veulent notre mort et surtout notre effroi, à chaque fois que je ne lis pas l’un de ces récits d’horreur je me dis qu’ils subissent une petite défaite, comme quand je ne les nomme pas - comme lorsque je convoque ce mot d’enfant naïf et puissant : même pas peur.

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