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Daniel Craig dans "Mourir peut attendre" de Cary Joji Fukunaga (2021).

James Bond est un vrai mystère

2 min

James Bond c’est un peu l’influenceur en chef, le bonimenteur qui vous invite à suivre ses aventures pour acheter les marques qui le sponsorisent, une sorte de camelot de la reine.

Daniel Craig dans "Mourir peut attendre" de Cary Joji Fukunaga (2021).
Daniel Craig dans "Mourir peut attendre" de Cary Joji Fukunaga (2021). Crédits : Copyright 2021 DANJAQ, LLC AND MGM

Pourquoi aller voir le prochain James Bond alors que vous pourriez aller au cinéma ? Je veux dire, d’ordinaire, lorsque vous vous installez dans une salle de cinéma les lumières s’éteignent à demi, il y a les publicités puis le film. Mais là c’est différent, si vous allez voir le prochain James Bond, il y a quelques courtes publicités puis une longue publicité de deux heures environ, projetée lumière éteinte. 

James Bond est au cinéma ce que les « supplément cadeaux » est aux journaux, une grande entreprise de placement de produits, je m’étonne d’ailleurs que depuis que cette purge existe, on n’ait pas fait courir James Bond derrière un méchant portant sur le dos un four micro-ondes, une machine à café expresso et un atomixer, puisque de toute façon à la fin c’est Bond qui gagne. 

Ça n’est pas compliqué de comprendre pourquoi James Bond est né anti communiste, son truc à lui ce sont les suppléments cadeaux, le capitalisme quoi, la défonce du consommateur. Donc c’est officiel, dans le prochain James Bond, les acteurs sont les montres Omega, des Land Rover à la pelle, détruites par différentes cascades ‒ c’est mieux comme cela il faut en racheter ‒ les appareils photo Leica, ne me demandez pas ce qu’ils viennent faire là, et pour le jaja, parce que Bond biberonne, c’est notamment à cela qu’on le reconnait, donc pour le jaja de l’Angélus 2007 – là aussi ne me demandez pas ce que c’est, j’imagine que c’est mieux que le carré de vigne. Pour sa marque de yaourt préférés, on ne sait pas encore, mais j’imagine qu’il prend du 0%, même si James Bond n’a pas vraiment le temps, au supermarché, de vérifier le nutriscore. 

Car s’il y a autant d’énervements dans chaque James Bond, autant de courses, de poursuites et de cris, c’est parce qu’il y a beaucoup de produits à placer, et uniquement deux heures pour les montrer tous. En somme, James Bond c’est un peu l’influenceur en chef, le bonimenteur qui vous invite à suivre ses aventures pour acheter les marques qui le sponsorisent. Une sorte de camelot du roi, pardon de la reine, qui hélas ne meurt jamais, c’est bien la seule chose qui soit garantie à vie dans ces films, comme le dit le dernier Bond, mourir peut bien attendre, mais acheter non. 

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