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Narcisse, tableau attribué à Caravage et peint vers 1598-1599

Le terrorisme, ça se termine comme narcissisme

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Les terroristes "nouvelle génération" sont des Narcisse en puissance; leur orgueil démesuré est leur talon d'Achille.

Narcisse, tableau attribué à Caravage et peint vers 1598-1599
Narcisse, tableau attribué à Caravage et peint vers 1598-1599

Vous connaissez la tête de Salah Abdeslam ? Bien sur que vous la connaissez, aucun être humain aujourd’hui ne peut ignorer ce visage. Maintenant, connaissez-vous le visage de Mohammed Deif, l’artificier du Hamas ? Evidemment non.

La différence entre ces deux terroristes : une génération d’écart. Mohammed Deif, s’il est encore vivant, a 50 ans, Salah Abdeslam, la moitié de cet âge. Pour Salah Abdeslam, le terrorisme est le moyen de bénéficier de la notoriété qu’il recherche. C’est ainsi que le quotidien belge « Le Soir » rapporte qu’Abdeslam a délibérément laissé la pièce d’identité de son frère dans l’une des voitures utilisée pour les attentats de Paris, dans le but que leur nom devienne célèbre dans le monde entier. Le terrorisme comme arme du faiblement connu ; voilà une véritable nouveauté.

Chez Mohammed Deif, l’essentiel c’est la cause : c’est elle qu’il s’agit de promouvoir. Les individus qui la servent, eux, n’ont pas de visage. Quel intérêt auraient-ils de saturer les réseaux sociaux avec leurs faits d’armes ? La vieille génération de terroristes n’avait objectivement aucun intérêt à se retrouver devant l’objectif. La nouvelle considère que le terrorisme est le prolongement du narcissisme par d’autres moyens. Voilà pourquoi frapper leur orgueil et leur vanité, les montrer pour ce qu’ils sont, des « superlosers sociopathes » selon l’expression de l’écrivain Robert MacLiam Wilson, est une manière de leur refuser ce à quoi ils aspirent.

Mais hélas, nos médias font l’inverse à longueur de colonnes, transforment ces paumés en cerveaux alors que tout prouve qu’ils n’en ont pas, de cerveau. Pour soigner les gens, il faut un savoir et une intelligence, pour les tuer hélas rien de tel n’est requis. Soyons-en persuadé, les blessures narcissiques sont les seules dont les djihadistes ne se remettront jamais. Parce que pour le reste, les kamikazes préfèreront se faire tuer plutôt que de demeurer anonymes.

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