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10 livres pour la rentrée littéraire : la sélection France Culture / L'Obs

Rentrée littéraire 2021 : la sélection de France Culture et l’Obs

33 min
À retrouver dans l'émission

France Culture s'associe à L'Obs pour sélectionner les dix romans les plus marquants de cette rentrée littéraire.

10 livres pour la rentrée littéraire : la sélection France Culture / L'Obs
10 livres pour la rentrée littéraire : la sélection France Culture / L'Obs Crédits : Radio France

Découvrez les choix des deux rédactions dans les Matins de France-Culture avec sa directrice, Sandrine Treiner, Arnaud Laporte, producteur, Jérôme Garcin, rédacteur en chef culture de "L’Obs" et Elisabeth Philippe, journaliste.

Les 5 choix de France Culture

"Poussière dans le vent", par Leonardo Padura (Metailié)

A l’origine était le Clan, un groupe d’amis de La Havane constitué dans les années 1980. Leonardo Padura suit leurs destinées dans une saga politique où des individus tentent de trouver le bonheur malgré la peur, la misère, le mensonge et l’exil. L’humanisme a un sens, il est l’âme de ce roman.

C'est un auteur qui nous raconte ce qui s'est passé à Cuba, il s'agit d'un grand roman politique. Sandrine Treiner

"La définition du bonheur", par Catherine Cusset (Gallimard)

L’une vit à New York, l’autre à Paris. Les vies d’Eve et de Clarisse sont les matrices de ce roman d’un charme inouï qui atteint une profondeur troublante grâce à la maîtrise de Catherine Cusset. Les petits riens de son récit rendent finalement nos vies ordinaires autant qu’extraordinaires.

À travers ces deux portraits, Catherine Cusset nous donne une image du temps, tel qu'il est dans la vraie vie, continu et discontinu. Sandrine Treiner

C'est un roman formidable qui retrace la vie de deux femmes des années 1960 jusqu'à aujourd'hui. Elles sont pour moi l'incarnation magnifique de la femme d'aujourd'hui. Le livre s'ouvre et se termine par un drame, mais on y trouve au milieu, selon moi, la définition du bonheur. Jérôme Garcin

"Rien à déclarer", par Richard Ford (L’Olivier)

Dans ce recueil de nouvelles très personnelles, Richard Ford, au sommet de son art, nous attache aux histoires de ses personnages par son sens totalement singulier des situations. Une rencontre amoureuse, des retrouvailles, un deuil subi, et une douce mélancolie s’empare du lecteur.

Ce qu'écrit Richard Ford est une littérature qu'on ne connaît pas encore, on ne sait pas pourquoi la nouvelle commence où elle commence, ni pourquoi elle s'arrête ou elle s'arrête. Il décrit des situations, c'est une voix extrêmement singulière semblable à celle de Joan Didion par exemple. Sandrine Treiner 

"La carte postale", par Anne Berest (Grasset)

C’est un livre qui contient plusieurs livres. Plusieurs vies. Plusieurs morts. Plusieurs destins. C’est un livre dans lequel la narratrice va à la rencontre d’elle-même, recollant les pièces d’un puzzle, de la Russie à la Palestine, de la Lettonie à Auschwitz. C’est un livre émouvant et important.

Anne Berest mène l'enquête, les informations et les savoirs sont incarnés par les personnages, il y a aussi une interrogation sur ce qu'est être juif pour elle, la réponse est contenue dans la question. Arnaud Laporte

"Bellissima", par Simonetta Greggio (Stock)

Cela aurait pu s’appeler "le Rouge et le Noir", tant la vie politique italienne est marquée par ces couleurs. L’autrice croise sa propre histoire et celle de son pays, qu’elle aime et qu’elle fuit, ses blessures intimes et les traumatismes d’un peuple étant ici inextricablement liés.

Ce livre est une autobiographie entremêlée par les évènements marquant de son pays. La mère et le père sont aussi très présents, mais c'est surtout une vie qui défile. Arnaud Laporte 

Les 5 choix deL'Obs

"Rêver debout", par Lydie Salvayre (Seuil)

Prix Goncourt 2014 avec "Pas pleurer", Lydie Salvayre revient plus en verve que jamais avec cette ode vive et mordante à Don Quichotte. En réhabilitant l’idéalisme de l’ingénieux hidalgo, elle signe un manifeste très actuel en faveur de l’utopie et de la littérature engagée, dans une langue d’un truculent classicisme.

Pas tout à fait un roman, le livre se lit comme des lettres adressées à Cervantès dont l'idée et de réhabiliter Don Quichotte, l'utopie elle-même et la littérature engagée. Elisabeth Philippe

"Au printemps des monstres", par Philippe Jaenada (Mialet-Barrault)

Sur les traces de "l’Etrangleur", accusé en 1964 du meurtre du petit Luc Taron, Philippe Jaenada s’empare d’un monument du fait divers national. En sept cents pages, il reprend l’enquête avec une minutie de dentellière et cet usage compulsif et comique de la parenthèse devenu sa signature.

Il est allé sur les traces de l'étrangleur numéro 1. Ce qui est intéressant est la manière dont il mène son enquête, qui est très subjective, il parle autant de lui que de l'enquête qu'il doit faire. Il y a aussi son style, marqué par ces fameuses parenthèses. C'est aussi un portait des années 1960, un des meilleurs que j'ai pu lire. Jérôme Garcin

"Klara et le soleil", par Kazuo Ishiguro (Gallimard)

Kazuo Ishiguro, Nobel de littérature 2017, signe un conte de science-fiction dont l’héroïne, une jeune fille malade, se lie d’amitié avec Klara, une poupée-robot qui possède un don d’observation hors du commun. Dans ce livre sublime, l’auteur des "Vestiges du jour" s’interroge sur les pouvoirs de l’intelligence artificielle.

L'histoire est racontée par un robot, on est dans un futur proche mais qui ressemble beaucoup à ce qu'on a vécu ces derniers mois : les enfants suivent l'école à distance. Pout leur tenir compagnie ils peuvent avoir des robots, dont une, Klara, qui raconte l'histoire. C'est une société où tout le monde, humain comme robot, est frappé par l'obsolescence. Elisabeth Philippe

"La fille qu'on appelle", par Tanguy Viel (Minuit)

Au maire de la ville bretonne, promis à un grand avenir politique, dont il est le chauffeur attitré, Max demande de trouver un logement pour sa fille Laura, 20 ans. Le premier édile s’exécute, mais à certaines conditions… Un roman âpre et brûlant sur l’emprise et ses abus, par l’auteur d’ "Article 353 du Code pénal"

C'est peut-être le premier polar sur l'emprise. C'est l'histoire d'une jeune fille dont le père est boxeur et chauffeur d'un maire d'une ville de Bretagne. Cette jeune fille vient loger dans cette ville de Bretagne et son père demande au maire s'il peut lui trouver un boulot. Et le maire va se conduire comme un vrai pur salaud, mais très rapidement on voit que l'histoire se retourne et que la jeune fille est doublement victime de l'emprise. Jérôme Garcin 

"Le voyage dans l'Est", par Christine Angot (Flammarion)

Angot subjugue ou agace. Cette fois, elle met K.-O. Elle évoque à nouveau l’inceste qu’elle a subi, mais c’est comme si elle l’écrivait pour la première fois. Parce qu’elle le raconte depuis son point de vue à elle, adolescente abusée par son père puis femme sous emprise. Son meilleur livre.

Christine Angot revient sur l'inceste mais c'est comme si elle l'avait écrit pour la première fois, de son point de vue à elle, dans l'ordre chronologique. C'est un travail d'élucidation, pour moi elle signe son plus grand livre. Elisabeth Philippe

Bonnes lectures ! 

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