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Jean Pisani-Ferry à l'Elysée le 18 mars 2019.

Rentrée économique : entre optimisme et prudence. Avec Jean Pisani-Ferry

36 min
À retrouver dans l'émission

L'économiste Jean Pisani-Ferry propose une analyse optimiste de la situation économique mondiale, malgré des aléas sanitaires et environnementaux toujours menaçants.

Jean Pisani-Ferry à l'Elysée le 18 mars 2019.
Jean Pisani-Ferry à l'Elysée le 18 mars 2019. Crédits : LUDOVIC MARIN - AFP

En attendant le plan d’investissement "bâtir la France de 2030" promis par Macron pour la rentrée, Bruno Le Maire a annoncé vendredi dernier la fin de la politique du "quoi qu’il en coûte" ou le financement publique des entreprises mises en difficulté par la crise sanitaire. 

Si la fin des aides publiques ne signifie pas la fin de la crise, l’économiste Jean Pisani-Ferry se dit confiant quant à la reprise nationale et mondiale, si elle se fait à un certain prix. Pour relancer la croissance il faudra selon lui investir massivement dans les secteurs clés pour la productivité et la transition énergétique. Des investissements lourds qui se feront au détriment de la consommation et au risque de voir se creuser les inégalités économiques.

Sur quoi repose cet optimisme concernant le futur économique national et mondial ? La croissance doit-elle se faire au prix d’un coût social incertain ? 

Nous en parlons ce matin avec Jean Pisani-Ferry, économiste, professeur à Sciences Po et ancien commissaire général de France Stratégie. Affilié au Peterson Institute for International Economics, il a publié le 18 août dernier une note intitulée "La politique pour le climat est une politique macroéconomique, et ses implications seront fortes."

Un vent d'optimisme

Nous étions très pessimistes sur les rapports entre la crise sanitaire et l’état de l’économie. Aujourd’hui, il y a un vent d’optimisme, mais est-il justifié ?

Le variant Delta va sûrement laisser des traces, mais on sait qu’en juin, on était 2% en-dessous de la fin 2019 seulement, par rapport à 30% au printemps 2020. On a appris à mieux concilier vie économique et gestion sanitaire. La situation sanitaire s’est améliorée avec le vaccin, certes, mais il y a aussi eu un véritable apprentissage quant à ce travail de conciliation.

Je suis assez confiant dans le fait que cette crise a aussi été, pour les entreprises, l’apprentissage d'autres manières de travailler. Donc à un moment, la question va être de savoir si l’on tente de revenir aux techniques d’avant. Il y a un énorme gisement de productivité qui peut venir du télétravail et des nouvelles pratiques. On peut faire confiance aux capacités de rebond de l’économie.

Du chômage à la manque de main d'œuvre

On entend aujourd’hui partout qu’il manque de bras. Comment expliquer que cette crise se solde par un manque de main d’œuvre alors qu’on avait plutôt peur d’un chômage terrible ?

En France, ce qu’on voit à peu près, c’est qu’en taux d’emploi, on a rattrapé la situation d’avant-crise, en chômage aussi. Donc il y a eu un choc violent, certes, mais qui ne s’est pas tant traduit au niveau de l’emploi. En fait, il y a autant de gens qui travaillent, mais les gens travaillent moins. Parmi les catégories qui font des heures supplémentaires, beaucoup de personnes en ont perdu. On a cette pénurie, en particulier parce qu’il y a des phénomènes sectoriels (certains utilisent encore le chômage partiel, d’autres cherchent des salariés).

Inégalités internationales

Du point de vue économique, la crise sanitaire a frappé de façon très inégalitaire les différentes classes sociales, mais aussi, à une autre échelle, les différentes nations. Pourquoi ?

La situation a été bien plus difficile pour les pays pauvres, notamment en termes de vaccination, où ils sont à 2% contre 70% dans les pays riches. Ils n’ont pas eu le même soutien budgétaire que les pays pauvres avec les banques centrales, et sont particulièrement dépendants d’un commerce mondial perturbé. D’où une situation inverse de celle de la crise financière de 2008, où les pays avancés étaient pris dedans alors que les pays pauvres passaient à travers.

Un changement d'idéologie dominante

Si l'on s'intéresse aux idées qui animent l'économie aujourd'hui, qu'est-ce que l'on peut dire des conséquences idéologiques de la crise sanitaire ?

On dit que la période du laissez-faire amorcée avec la révolution conservatrice est finie. Ce qu’il faut préciser, c’est que le laissez-faire est fini, mais pas le marché. On ne passe pas d’une économie de marché à une économie de planification, mais d’une économie de marché auto-régulée à une économie de marché où l’Etat donne des directives.

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