LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Noor Mohammad Khuja tient son fils, pendant que sa famille répond aux médias après leur arrivée parmi les premiers et Afghans évacués depuis Kaboul.

Afghanistan : informer envers et contre tout. Avec Pascal Maître et Sonia Ghezali

49 min
À retrouver dans l'émission

Après l’exposition meurtrière à l’aéroport de Kaboul, et la prise du pouvoir par les Talibans, comment informer en Afghanistan ?

Noor Mohammad Khuja tient son fils, pendant que sa famille répond aux médias après leur arrivée parmi les premiers et Afghans évacués depuis Kaboul.
Noor Mohammad Khuja tient son fils, pendant que sa famille répond aux médias après leur arrivée parmi les premiers et Afghans évacués depuis Kaboul. Crédits : ARMANDO BABANI - AFP

Hier, une explosion meurtrière est survenue à proximité de l’aéroport de Kaboul, alors que de nombreux Afghans l’occupent depuis plusieurs jours dans l’espoir de pouvoir quitter le pays. La majorité d’entre eux redoute les forces talibanes, qui ont pris le pouvoir le 15 août à Kaboul, amenant les pays occidentaux à évacuer en urgence leurs ressortissants et leurs collaborateurs afghans. Parmi eux, des journalistes, des interprètes ou encore des fixeurs, engagés auprès de la presse internationale. Ceux qui travaillent pour des médias afghans sont contrôlés, censurés et menacés par les talibans. La presse étrangère est pour le moment autorisée à couvrir l’actualité du pays, mais pour combien de temps et dans quelles conditions ? Comment informer en Afghanistan en situation de crise ?

Pour en parler nous recevons Sonia Ghezali, journaliste anciennement basée à Kaboul et Pascal Maître, photo-journaliste. 

La débâcle états-unienne

L'attentat survenu à l'aéroport de Kaboul apparaît comme un échec de plus dans la manière dont les Etats-Unis ont géré la crise afghane. A la question de savoir si les critiques de l'action états-unienne sont justifiées, Sonia Ghezali répond par l'affirmative, et insiste sur le fait que cette politique calamiteuse s'inscrit dans la longue durée.

Tout le monde se demande aujourd’hui comment les talibans ont pu prendre Kaboul si vite alors que les Américains n’étaient pas encore partis du pays. Beaucoup de rumeurs circulent, certains se demandent même s’il n’y avait pas un accord entre talibans et Américains. Sonia Ghezali

Depuis longtemps, la manière dont les Etats-Unis quittent l’Afghanistan est précipitée, c’est-à-dire qu’ils n’ont pas pensé à ces évacuations, pourtant prévues, qui se font donc dans le chaos, via cet aéroport militaire qui est le seul endroit possible. Ce qui s’est passé hier était craint : une marée humaine sans que les personnes ne soient fouillées, c’est une cible idéale pour un attentat. C’était un risque énorme à prendre, que les Etats-Unis n’ont pas assez pris en compte. Sonia Ghezali

Le ressenti de la population afghane

Le retour des talibans pose aussi la question du rapport de la population afghane à cet événement. Car si en Occident, il est unanimement décrit par les médias comme une catastrophe, le ressenti des principaux intéressés peut s'avérer plus ambivalent, comme s'accordent à le souligner nos deux invités.

En 1996, les talibans arrivent après un chaos terrible, où les groupes moudjahidines s’entretuent, violent les femmes, etc. S’ils n'avaient pas accueilli Al-Qaïda, ils n’auraient pas perdu le pouvoir. La population était prête à rouler avec eux, tant elle était épuisée par les Moudjahidines. [...] En 1996, une femme m'avait dit avec désespoir : « Est-ce qu'il vaut mieux être voilée, ou violée ? » Pascal Maître

Je discutais hier avec une jeune femme qui est parvenue à quitter l’Afghanistan. Elle a participé aux manifestations, défiait les talibans avec le drapeau, et disait qu’elle a été extrêmement choquée de voir, une fois les talibans dans Kaboul, des gens qu’elle connaissait, se revendiquer talibans et commencer à travailler comme si de rien n’était. Sonia Ghezali

Il faut comprendre que c’est un peuple qui vit dans la guerre depuis quarante ans, et que les gens sont éreintés. Certaines femmes disent : « On en a marre que nos fils soient utilisés comme de la chair à canon, on veut juste que ce soit la paix ». Sonia Ghezali

Chroniques
8H00
13 min
Journal de 8 h
Attentats de Kaboul : bilan provisoire de 72 morts, dont 28 talibans et 13 soldats américains
Intervenants
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......