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Angela Merkel au Bundestag lors d'un discours sur le Brexit (17 octobre 2018)

Après Merkel, l'avenir du modèle allemand. Avec Alain Minc et Hélène Miard-Delacroix

46 min
À retrouver dans l'émission

Le bilan et l’héritage d’Angela Merkel, sur le départ après seize ans au pouvoir, divisent en Allemagne comme en Europe. Dans le même temps, en pleine élection, chacun se demande : où en est le modèle allemand ?

Angela Merkel au Bundestag lors d'un discours sur le Brexit (17 octobre 2018)
Angela Merkel au Bundestag lors d'un discours sur le Brexit (17 octobre 2018) Crédits : TOBIAS SCHWARZ - AFP

Angela Merkel quitte la chancellerie allemande après seize ans. Les élections fédérales ce 26 septembre, qui doivent renouveler le Bundestag, ont donc un goût particulier. Celui d’une page qui se tourne.

Dans le monde entier, on établit le bilan de la femme la plus puissante d’Europe et on se demande d’un même mouvement : quel avenir pour le modèle allemand ? 

Les élections de ce 26 septembre pourraient changer la donne politique en Allemagne. Les sociaux-démocrates, l’actuel ministre des Finances et candidat Olaf Scholz en tête, entendent sérieusement gouverner et proposent des ruptures, comme l’établissement d’un nouvel impôt sur la fortune. 

C’est aussi à une échelle européenne qu’on se demande de quoi sera fait le futur d’une des principales économies de l’union. Le plan de relance européen avait vu la chancelière allemande accepter l’émission d’une dette commune et des subventions directes aux pays en difficulté, mais Armin Laschet, candidat chrétien-démocrate aux élections, possible successeur d'Angela Merkel, s’est dit favorable à un retour au pacte de stabilité européen, qui impose des limites aux déficits publics.

Pour en parler, nous recevons Alain Minc, économiste et essayiste, qui publie Ma vie avec Marx (Gallimard, 2021), auteur également de Vive l'Allemagne ! (Grasset, 2013), et Hélène Miard-Delacroix, professeur en histoire et civilisation allemandes à Sorbonne Université.

Les résultats des élections

Quel commentaire peut-on faire sur le résultat de ces élections ?

Il ne faut jamais donner un parti pour mort trop tôt : le SPD (Parti social démocrate) est remonté. Dans l'esprit des gens, il reste un centre-droit et un centre-gauche. Ce qui est frappant, c'est la montée commune des FDP (les libéraux) et les Verts, qui sont premiers chez les moins de 25 ans et qui seront les faiseurs de chancelier. Hélène Miard-Delacroix

Ce serait, dans ce cas, une coalition tripartite ?

Cela semble incontournable. La reconstitution de la grande coalition, ce n'est qu'un pis-aller. Déjà, il y a quatre ans, c'est à la suite de l'échec de négociations entre la CDU, les Libéraux et les Verts qu'on s'était résolu à reformer la grande coalition, qui n'est pas rationnelle du point de vue du principe de l'alternance entre des grands partis marqués plutôt à droite ou plutôt à gauche de l'échiquier politique, même si en Allemagne, l'ensemble du jeu politique gravite autour du centre. Hélène Miard-Delacroix

Il y a une différence entre la CDU et le SPD qui est plus grande que celle qu'il y a entre leurs candidats. Le SPD est plus à gauche que Scholz, mais c'est cela qui lui a donné sa chance. La balance panchera en fonction de la position du FPD. Alain Minc

Le "modèle" allemand

Est-ce que cette coalition est une bonne chose pour l'Allemagne, qui permettrait de célébrer à nouveau les vertus du "modèle allemand" ?

C'est assez impressionnant quand on compare avec notre situation, notre hystérie actuelle, une extrême gauche qui n'est plus si extrême (die Linke), et qui fait 5%, une extrême droite à 10%. Donc en recul, de ce point de vue, la maturité allemande me semble supérieure à la nôtre. Nous sommes, nous, dans une situation particulière : sur le plan économique, nous avons intérêt à une collaboration SPD/Verts, car leur vision macroéconomique est plus proche que la nôtre et leur pression sur la BCE serait moins forte ; sur le plan stratégique, nous avons plutôt à une coalition CDU/Verts car le SPD, sur les sujets militaires et stratégiques, est un peu en retrait sur la manière dont nous les formulons. Alain Minc

Sur la question européenne, il serait plus facile de négocier avec un chancelier social-démocrate, même si comme toujours, là aussi, il faut bien comprendre ce que veut dire une coalition à trois : cela peut durer des années, et sur des sujets précis. Olaf Scholz est plus à droite que la majorité de son parti, et l'aile gauche du SPD demande une large politique de redistribution et d'investissement public. Hélène Miard-Delacroix

Le tableau politique français

Le tableau politique de la prochaine élection française se dessine avec une probable candidature d'Emmanuel Macron, une incertitude sur la primaire écologiste, peut-être une candidature d'Eric Zemmour. Quel est votre point de vue sur ce tableau ?

Pour moi, il y a une seule question, et c'est un mystère : l'écart entre la popularité d'Emmanuel Macron, qui est élevée, et les intentions de vote en sa faveur, qui le sont moins. Cet écart vient de la complexité de sa relation à l'opinion. Les Français reconnaissent qu'il a bien géré la crise, ce qui me semble évident, et en même temps, une partie d'entre eux ont du mal à se reconnaître dans l'OVNI politique qu'il a été et qu'il continue à être. Alain Minc

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Bibliographie

Intervenants
  • Essayiste, conseiller en entreprise, ancien président du conseil de surveillance du Monde
  • Professeure d'histoire et de civilisation de l'Allemagne contemporaine à Sorbonne Université
L'équipe
Production
Production déléguée
Avec la collaboration de
Réalisation
Stagiaire
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