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Jeune femme restant devant l’étagère vide dans un supermarché.

Pénuries et surconsommation : la relance économique en péril. Avec Mathilde Lemoine

44 min
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L’économie mondiale semble prise en étau entre surconsommation de biens et pénuries d’énergie. Où se trouve l’Europe dans ce nouveau système économique mondial ? Nous en parlons avec Mathilde Lemoine.

Jeune femme restant devant l’étagère vide dans un supermarché.
Jeune femme restant devant l’étagère vide dans un supermarché. Crédits : Maria Pavlova - Getty

Alors que la Chine impose des limites énergétiques à ses usines, limitant ainsi sa production, la consommation mondiale surchauffe en réaction à la pandémie. Une surconsommation de biens pour oublier le confinement, mais aussi une surconsommation de produits, comme des composants électroniques, pour relancer l’économie. Qu’ils s’agissent de biens de consommation ou de production, les exportations ne suivent pas, bloquant plus particulièrement la relance européenne et mettant l’Union face à d’importants risques d’inflations. 

Comment enrayer ces phénomènes économiques mondiaux ? Où l’Union européenne se place-t-elle dans cette course à l’énergie et à la transition écologique ? Comment protéger les consommateurs des risques d’inflation qui pèsent sur leur pouvoir d’achat ? 

Nous en parlons ce matin en compagnie de Mathilde Lemoine, cheffe économiste du groupe Edmond de Rothschild et professeure à Sciences Po Paris.

Une situation économique imprévue

La situation économique prend tout le monde de court. Par exemple, le chômage est revenu en France à son niveau d'avant-crise. Comment expliquer cela ? 

On peut résumer la situation en deux mots : hétérogénéité, et surchauffe. Avec le Covid, on a vu un choc de l'offre, un choc de demande, et tout cela est très différent selon les pays et les continents.

S'agissant du chômage, on est dans une situation particulière en France et en Europe grâce aux dispositifs de chômage partiel qui font que les créations d'emploi s'ajoutent à une situation déjà moins dégradée que dans d'autres pays. On a aussi le phénomène de redémarrage des activités de service, même si le variant Delta a ralenti les choses.

Quand on voit que le rebond est même supérieur à la période d'avant-crise, il y a tout de même de quoi être surpris, en tout cas pour les néophytes.

Effectivement, c'est le résultat d'une conjonction de facteurs, en particulier des plans de relance, axés sur le revenu des ménages, si bien qu'on a aujourd'hui une surconsommation et une très forte demande. C'est un peu moins frappant en France qu'aux Etats-Unis, où les ventes au détail sont supérieures de 22% par rapport à leur niveau d'avant-crise. Par ailleurs, cette surdemande s'oriente encore trop vers les biens par rapport à la moyenne. Contrairement à ce qu'on peut penser, la consommation de services n'est pas encore vraiment relancée.

L'influence des politiques économiques

Quelle incidence les politiques gouvernementales peuvent-elles avoir sur l'économie, en particulier en France ? 

Les politiques ont une forte influence sur l'économie, et c'est heureux. Ce que montrent les chiffres sur l'emploi, c'est que les mesures prises en faveur des jeunes ont eu un impact face à leur difficulté d'entrer sur le marché du travail sans diplôme. Après, ce n'est pas parce que les jeunes ont bénéficié d'un tel dispositif que les étudiants, eux, ne sont pas en situation difficile.

Un droit à l'optimisme ?

Est-ce qu'après une période où l'on voyait plutôt les choses en noir, on peut à présent être optimistes ?

Le pire n'est jamais sûr... Comme je le disais, je crois en l'efficacité des politiques publiques. Tous les récents prix Nobel ont été donnés à des économistes qui sont de plus en plus capables d'évaluer l'impact de ces politiques. On a de plus en plus d'outils pour le faire. Sur l'emploi en France, il semble que l'alpha et l'oméga de la politique française n'est plus une certaine paupérisation du travail, mais il me semble que le tournant est là. Quand on voit ce qui se passe dans les pays du Nord de l'Europe, même aux Etats-Unis, on voit que l'avenir est à l'accompagnement des forces de travail pour reprendre la maîtrise sur une forme de flexibilité.

Mais tout cela un coût, et si l'on regarde le déficit des dépenses publiques, il semble qu'il est autour de 5% si l'on neutralise la période de la pandémie. Que peut-on en dire ?

Cela veut vraiment dire que des dépenses pérennes ont été engagées. Cela signifie aussi que des baisses d'impôts structurelles ont engendré une baisse du niveau des recettes fiscales. Après 2009, on l'a vu : le niveau des dépenses publiques ne baisse pas, c'est éventuellement leur croissance qui ralentit. En revanche, on a eu une chute des recettes fiscales. Cela veut dire qu'on a un écart entre dépenses et recettes qui s'accroît, et qui s'est encore accru pendant ce quinquennat.

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