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Catherine Cusset à gauche, et Salomé Kiner à droite

Deux définitions du bonheur par Catherine Cusset et Salomé Kiner

44 min
À retrouver dans l'émission

Catherine Cusset, auteure reconnue, et Salomé Kiner, primo-romancière, racontent la difficile voie vers le bonheur pour les femmes, dans des romans très différemment réalistes.

Catherine Cusset à gauche, et Salomé Kiner à droite
Catherine Cusset à gauche, et Salomé Kiner à droite Crédits : Gallimard / Marie Taillefer

Dans deux romans très différents, La Définition du bonheur (Gallimard, 2021), et Grande Couronne (Bourgois, 2021), Catherine Cusset et Salomé Kiner imaginent des histoires pour saisir une question : comment être heureuse ? 

Chez Catherine Cusset, la langue est sage, calme, le style classique. Chez Salomé Kiner, le vocabulaire est cru, le rythme nerveux. Catherine Cusset accompagne ses héroïnes sur le temps long d’une vie. Salomé Kiner préfère se concentrer sur une période courte : la préparation, par sa narratrice, du brevet des collèges.

Catherine Cusset se concentre beaucoup sur les sentiments, avec une empathie volontaire, Salomé Kiner parie sur une sociologie critique acidulée. Malgré les écarts, les ressemblances sont là. La première ? Le poids des hommes, des hommes décevants et semblables qui pèsent sur les destinées des héroïnes, des narratrices, et même des personnages féminins secondaires. 

Bonheurs et malheurs

Catherine Cusset, dans votre livre, s’agit de l’histoire de deux femmes, que l’on suit de leur adolescence jusqu’à la cinquantaine, deux femmes assez différentes l’une et l’autre, même si elles ont à peu près le même âge. Il leur arrive un certain nombre de malheurs et de bonheurs, et en vérité, de malheurs plus que de bonheurs. Pourquoi ne pas avoir appelé ce livre La Définition du malheur?

Le titre, chez moi, c’est souvent une antiphrase : ce n’est pas un programme, mais un roman. Toute vie est pleine de malheurs et de bonheurs, mais on est dans une quête du bonheur avant tout, et je tente de ressaisir tous les événements d’une vie autour de cette recherche. Chez Clarisse, le bonheur s’expérimente dans des moments de grande intensité, de bonheur dans l’amour. Quant à Eve, son bonheur est plus dans la construction, la durée, sa relation avec son mari. Ces deux femmes se regardent l’une l’autre, et peut-être qu’elles envient chacune le bonheur de l’autre. Catherine Cusset

Ce sont deux manières d’envisager le bonheur. Clarisse est dans une histoire ravagée, compliquée. Eve, elle, est dans une stabilité familiale qu’elle n’ose pas déranger parce qu’elle considère que son bonheur s’y trouve.

Au cœur du livre, il y a l’abandon : Clarisse a été abandonnée par son père, trahie par son petit ami, puis par son mari… elle est sans cesse abandonnée, dont en elle il y a cette faille, la structure de l’abandon. Elle manque de confiance en elle, elle ne va jamais au bout de ses rêves. Quant à Eve, elle est dans la construction et mène au bout ses projets, croit en elle, mais petit-à-petit, cela devient une souffrance chez Eve car elle s’aperçoit qu’elle a de plus en plus de mal à s’abandonner. Ce qu’elle va tellement envier à Clarisse, c’est sa capacité à jouir du moment présent et de sa beauté. Catherine Cusset

Expériences de la maternité

Et quand Eve veut tromper son mari, elle l'envisage de façon très timide et ne parvient pas à le faire, car son enfant tombe malade.

La maternité, c'est quelque chose qui lie Clarisse et Eve, car elles sont toutes les deux mères. C'est très important, leur rapport aux enfants, et je pense aujourd'hui, avec la rentrée, aux mères célibataires qui s'occupent de leur enfant. Ces deux femmes sont mères, mais de façon différente : Eve retombe toujours sur ses pieds, et Clarisse est plus déstructurée. Catherine Cusset

Portrait d'un âge-charnière

Salomé Kiner, c’est votre premier, chez Christian Bourgois. Il s’agit aussi d’une femme, d’une jeune adolescente, son surnom, c’est « Tennessee ». C’est une "éducation sentimentale" assez trash : cette jeune fille rentre dans un réseau de prostitution, issue d’une classe moyenne assez déboussolée. La langue en est assez particulier. Pourquoi ce portrait ?

J’avais cette voix qui me trottait en tête, et j’avais envie de retrouver cet état adolescent où tant de choses se jouent comme c’est un croisement entre l’enfance et la confrontation avec les réalités d’adultes, les premières expériences sexuelles ou professionnelles. Je voulais renouer avec cet état presque sauvage de la vie, dans cette zone-charnière qui devient vite une zone de friction. Salomé Kiner

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Bibliographie

Couverture de "Grande couronne" de Salomé Kiner.

Grande couronneChristian Bourgois, 2021

Intervenants
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